Amitié singulière | Ft. Nahoji

    avatar
    Shinkū Hiro
    Shinobi Errant

    Messages : 28
    Expérience : 70

    Amitié singulière | Ft. Nahoji

    Message par Shinkū Hiro le Ven 7 Sep 2018 - 22:50

    Mon chakra se concentre au bout de mes phalanges qui sont recouvertes d’une lueur verte scintillante, se mouvant comme le feraient les flammes d’un feu de joie. Le poison semble avoir envahi son système circulatoire, puis de s’être infiltré dans les vaisseaux lymphatiques. Néanmoins, la plaie béante au niveau de son torse ne laisse aucun doute, ses maux trouvent leur origine dans le muscle pectoral touché par une lame imprégnée d’un redoutable venin. Impossible de déterminer la gravité de son état par une simple étude visuelle. Un échantillon de ses fluides corporels pourrait m’apporter davantage d’informations, mais ils ne laisseront jamais prélever une partie de corps humain en ces lieux. Foutu code d’honneur qui me remet encore une fois dans de beaux draps, à regretter d’avoir ne serait-ce qu’une seule fois mis les pieds dans ce maudit pays. Si ces ignorants avaient su me renseigner sur la nature du poison, j’aurais pu concevoir l’antidote spécifique de la toxine. Mais non, il fallut que l’on m’accuse de perfidie pour avoir seulement tenté de voler les pupilles de l’Hyûga. Comme si porter atteinte à son corps par le poison me permettrait de détenir ses yeux. Ces simples d’esprit ne peuvent savoir qu’un corps vivant et frais est préférable pour prélever un organe non vital.

    J’appose le sceau contre sa peau suante. Son corps est chaud, fébrile. Il combat la substance étrangère qui lui cause du tort. Son système immunitaire est en éveille, actif, bouillant. Chercher l’antigène, le trouver, le complexer, mais ne pas pouvoir l’annihiler. Tant de cellules, tant de molécules mises à contribution pour au final aboutir à une fatalité inéluctable : la maladie. Des ressources épuisables, renouvelables qu’une fois le corps ayant retrouvé sa superbre. Mais la retrouvera-t-il ? Je n’ai pas le choix. S’il meurt, ma tête tombera devant un publique de criminels n’attendant que mon corps inerte pour des rites cannibales, se résolvant par une danse tribale sur mes os nus encore chauds, dépourvus de chairs. Autant que mon dernier souffle soit rendu devant une bête féroce, que pour un crime que je n’ai pas commis.
    解毒剤 | Gedokuzai !
    La marque gagne l’intégralité de sa peau tandis que je sens les armes autour de moi agrippées férocement. Qu’ils se calment, je n’ai rien fait qui aggraverait davantage son état déjà critique. J’approche mon oreille de son sternum, son cœur bat toujours, c’est bon signe. Sa poitrine se soulève également, plus régulière que précédemment : son souffle reprend son rythme normal. Prudent, je ne souhaite pas crier victoire trop vite. Par précaution, je prends également son pouls en intercalant mon index et mon majeur sur son artère carotidienne. La palpation me renvoie des pulsations d’une fréquence qui ne ment pas. Je ne sais pas si la douleur persiste. Toutefois, il est tiré d’affaire. Je soupire, la pression retombe. Soudainement, le patient aux yeux blancs se réveille et attrape furtivement mon poignée encore au niveau de son cou. Mes pupilles en face des siennes, seul l’instinct de survie m’empêche de lui arracher les yeux et de m’emparer de ses Byakugans. En effet, au moindre geste brusque, ses compagnons m’entourant dégaineront leurs armes pour me le faire regretter. Je récupère ma main droite en balayant sèchement la sienne.
    Tu peux remercier tes amis de m’avoir demandé. Sans moi, tu ne serais probablement plus de ce monde. Je considère que nous sommes quitte. Pour finir, je te serais gré de bien vouloir leur confirmer que je ne suis pas impliqué dans cette affaire d’empoisonnement, cette fois-ci.
    J’agite les bras pour me frayer un chemin parmi la troupe criminelle. À la sortie de la cabane de fortune, celui qui m’envoya tout droit dans cette situation épineuse m’attendait.
    C’est fait, mais la prochaine fois pense à un autre Iryōnin. Ça pourrait t’éviter de retrouver ma tête sur un pique de bois, Nahoji.
    avatar
    Kaidō Nahoji
    Shinobi Errant

    Messages : 32
    Expérience : 90

    Re: Amitié singulière | Ft. Nahoji

    Message par Kaidō Nahoji le Sam 8 Sep 2018 - 20:22

    Ma silhouette s'adossa lourdement contre une façade délabrée. Cela faisait déjà une dizaine de minutes que je patientais à l'extérieur de la maisonnette. De temps à autre, j'essayais de percevoir quelques indices à travers la porte entrouverte. Malheureusement pour moi, rien ne m'indiquait encore la situation actuelle du médecin dépêché sur place. Vivant ? Mort ? Les criminels de la Banque pouvaient être les auteurs des pires atrocités lorsqu'on les défiait. À titre d'exemple, Shinkū-san a failli payer de sa propre vie sa tentative d'assassinat perpétrée envers un Hyūga. C'était ce genre de provocation que les gars d'ici détestaient. Tout comme : une seule parole allant à l'encontre du Code d'Honneur représentait déjà une parfaite raison pour vous étriper sur place. Dès qu'un quidam arpentait les terres des Voleurs, ce dernier devait impérativement se tenir à carreau sous peine d'être sauvagement tué. Aux yeux des criminels, chaque crime est capital.

    Un militaire familier ressortit de l'édifice.
      Il faut respecter le Code d'Honneur et tout se passe bien. Répondis-je en haussant les épaules. Malheureusement pour nous deux, vous êtes le seul Iryōnin que je connais. Je risque de vous embêter à chacun de mes problèmes Shinkū-san. Ces soins sont gratuits car d'un côté vous rectifiez votre tentative d'antan, mais j'ai parfaitement conscience que les services d'un médecin de cette trempe sont payants. Continuais-je avec le sourire aux lèvres.

    D'un coup d'œil, j'invitai mon interlocuteur à quitter les lieux. Malgré l'omertà présente, on ne devait pas prendre le risque de voir fuiter ce genre d'information. Sans compter la possible mal interprétation de nos paroles dans cet endroit de cinglé... Ni une ni deux, j'ouvris la marche pour rejoindre le Pavillon d'Or de Daishō, un endroit incontestablement plus calme.
      Vous devez connaître ma situation : entre repos et opération coup de poing, j'enchaîne quotidiennement les affrontements. Chaque jour, je croise de nouveaux shinobis aux arcanes de plus en plus étonnants. Une seule erreur et vous vous retrouvez entre les portes de la Mort. C'est ce qui m'oblige aujourd'hui à rechercher des profils de votre genre... pour Hōshō.

    Comme je le sous-entendais, l'organisation ne comptait pas d'Iryōnin dans ses rangs. J'espérais sincèrement qu'il accepte la proposition.
      Dîtes-moi honnêtement ce que vous désirez et vous l'obtiendrez. Concluais-je.
    avatar
    Shinkū Hiro
    Shinobi Errant

    Messages : 28
    Expérience : 70

    Re: Amitié singulière | Ft. Nahoji

    Message par Shinkū Hiro le Sam 8 Sep 2018 - 22:24

    Le Code d’Honneur. Voilà bien de fioritures dans un pays peuplé de criminels. Les malfrats de nos jours auraient donc un code, des règles, des lois. Balivernes qu’un enfant à peine sur pattes ne goberait. Parce que préférer la vie à la mort ne pourrait être l’édit suprême parmi les meurtriers, que pourraient-ils donc suivre aveuglement si ce n’est les commandements de loyaux et aveugles bourreaux. La boucherie est un art de vivre sur ces terres abreuvées abondamment de sang, creusées de piques funéraires et habitées d’ectoplasmes frappeurs et tout-puissants. La faucheuse est maîtresse sur ce sol fumant et putride tandis que les anges évitent de voler au-dessus de cette zone de quarantaine, la craignant comme les macabres bermudes. L’honneur avait-il ajouté. Je me force de ne pas extérioriser l’ironie de leurs ordonnances par des rires aux éclats à en exposer la glotte. La vertu se perd dès lors que les fluides écarlates d’une victime innocente touchent nos mains. Que ces ignobles Romains se soulagent dans leurs Sabines vilement arrachées et laissées pour mortes une fois leur folie assouvie, sombrant alors dans le péché. Yūkai ne pourra jamais se vanter auprès de moi de tenir d’une main féroce ses esprits malfaiteurs, par la modique croyance en une juste tablette de marbre gravée d’arrêtés.
    Je puis douter de leurs hypocrites lois.
    Iryōnin, un titre qui m’offre la vie en cas de guerre, mais qui m’offre la mort ici. Une plaie d’avoir choisi le chemin naturel de sa propre famille, au point de n’être vu que comme tel plutôt que comme ninja à part entière. Soulager ses pairs devient une souffrance personnelle quand on y est forcé. Obéir ou mourir, c’est le sort que me réservait le destin quelques minutes plus tôt. Mes intérêts ne sont pas pécuniers, les grades de noblesse se montrent suffisamment lucratifs pour ne pas demander l’or en échange de la vie. La morale, à elle seule, est mon essence, mon moteur, celle qui me pousse à agir plutôt que de regarder le malheureux périr de sa bêtise.
    Sache que tu peux cesser toute bienséance avec moi. Je te dois mes souffles. Si mes chairs abritent encore une âme aujourd'hui, nul doute que c’est ta grâce que je récompense. De tout le Yūkan, aucun homme même brave n’aurait mis en péril sa propre vie pour celle d’un noble avide de vérités ; et je t’avoue ne pas connaître tes motivations. Une personne plus commune qualifierait ça d’acte amical. Mais je ne suis pas commun.
    Nahoji décide de quitter les lieux. Surprenant. Serait-il mal à l’aise d’être à proximité de tant de criminels ou bien l’endroit n’est pas des plus propices pour mener une conversation d’honnêtes hommes ? Je vois dans ses prunelles que le ton n’est plus le même. Non pas qu’il soit grave, mais la légèreté de nos derniers propos est balayée par les lourdes réalités du continent.
    Il est effrayant de constater que les rumeurs qui se propagent sont rarement fallacieuses. Les vents courent, Nahoji. Ils courent vite. Si le nom de Hōshō t’es si familier, ta filiation n’a plus aucun secret pour ceux qui l’apprenne. Jamais je n’aurais imaginé que les alliés d’antan de la Cascade referaient surface si tôt. La citadelle Shinkū ne connaît que peu de vos intentions véritables, votre discrétion est une qualité que tu t’apprêtes à effriter. Es-tu certain que je suis la bonne personne envers qui t’adresser ?
    Je pense comprendre les lignes cachées de ses paroles audibles. M’enrôler parmi les siens. La forteresse n’a jamais réussi à recueillir des informations tangibles sur eux. Accepter reviendrait à se jeter imprudemment dans l’inconnu. Néanmoins, si ma mort l’importait, je ne serais déjà plus de ce monde. De plus, me dévoiler impunément qu’Hōshō est sienne revient à m’offrir sur un plateau ses secrets les plus intimes. À quoi peut bien penser ce satané Kaidō … À moins que mon excès de prudence me rende maladivement paranoïaque. Lui dévoiler mes aspirations est toutefois la moindre des choses ; les mots adressés à mon sauveur doivent colporter une délicate sincérité.
    Je désire tout ce que ce monde a à m’offrir. Je percerai tous les secrets, tous les mystères, toutes les légendes qu’il recèle. Aussi enfouis soient-ils. J’étudierai avec passion les mythes, les jutsus, les trésors. Je décoderai les mécanismes de chaque pupilles, de chaque pouvoir, de chaque arcane que les shinobis gardent jalousement.
    avatar
    Kaidō Nahoji
    Shinobi Errant

    Messages : 32
    Expérience : 90

    Re: Amitié singulière | Ft. Nahoji

    Message par Kaidō Nahoji le Dim 9 Sep 2018 - 15:10

      Militaires de Kazangakure no Satō, fervents défenseurs de la Cascade, chasseurs de primes, mercenaires... Nombreux sont ceux capables d'associer un nom à la vue de mon visage. Certes, Hōshō semblait vainqueur du conflit suite à la réussite de Setsuwa, mais à l'instar des deux superpuissances, l'organisation tente, avant tout, de se remettre sur pied. Les pertes furent nombreuses à mes yeux. Bien trop même. De plus, c'était Mère qui s'occupait des recrutements. Elle disait que ma franchise en faisait fuir plus d'un. Contrairement à elle, je n'ai jamais eu le talent d'adoucir la réalité. Choisir les mots justes est une tâche bien difficile pour moi. Comment faisait-elle pour endormir si facilement son entourage ? Je me pose toujours la question.
        Disons qu'en te sauvant, j'espérais racheter mon passé. Malgré l'ironie suintant, il m'arrive de remettre en cause mes nombreuses actions létales. Vois-tu, Hōshō désire contrebalancer l'inégale répartition des richesses. Nous nous inquiétons aussi bien de la bonne intégration d'un Pays dans les échanges mondiaux que du bien-être des civils. Expliquais-je. Lorsque j'achève une vie, il y a une très grande probabilité qu'un garçon ou qu'une petite fille devienne orphelin. De surcroît, un des parents devient veuf. Est-ce que cela rejoint notre idée d'opulence et d'euphorie ?

      Ce que je dévoilais n'était aucunement pas confidentiel. D'ailleurs, je ne pus m'empêcher de sourire lors de sa remarque concernant notre discrétion. De même concernant son interrogation qui traitait la légitimité de notre discussion : un rictus niais persistait sur mes lèvres. Désormais à plusieurs mètres de la Place d'Honneur, au détour d'une ruelle longeant l'avenue principale, j'invitai mon interlocuteur à s'arrêter. Théoriquement, nous étions à l'abri des regards ainsi que des indiscrets.
        Aujourd'hui, l'urgence est telle que seules tes compétences en médecine justifient mon approche. En revanche, nous sommes loin d'être des opportunistes. Je préfère ne compter qu'une poignée d'hommes dans mes rangs et m'assurer que nous sommes tous sur la même longueur d'onde, qu'être aux commandes d'une armée dénuée de synergie où chacun ignore la philosophie d'Hōshō.

      Je changeais progressivement mon fusil d'épaule. C'est de cette façon que j'espérais tâtonner le terrain et en apprendre plus sur Hiro.
        Nous possédons des ambitions communes, Hiro. Avouais-je.
       
      Face à lui, j'assemblai hâtivement mes paumes afin de formuler quelques signes incantatoires. (皆) Kai, (列) Retsu, (在) Zai. Mes mains s'épousèrent dans le but de composer des Kuji In, une variété de symboles bien différents des Mudrās. Ensuite, j'écartai brusquement mes bras, totalement confiant en ma démonstration. Deux flux de chakra s'échappèrent momentanément de mes doigts : deux ouvertures spatio-temporelles, plutôt étroites, se formèrent.
        D'accord, je suis membre à part entière d'Hōshō. Mais est-ce que suivre cette cause qui me semble juste entrave mon ambition de maîtriser la capacité iconique actuellement victime de dégénérescence de mes ancêtres ? Absolument pas. Tu seras rarement dérangé durant ta quête. Accepte cela comme un léger détour, bien que déviation soit le mauvais terme employé puisqu'en suivant les directives données, tu rencontreras de nouveaux secrets. Tu iras même jusqu'à affronter de nouvelles individualités. Disais-je avec tranquillité. Nous sommes en pleine renaissance et par souci d'éthique, je ne peux pas solliciter les services d'une personne extérieure à l'organisation. Cela reviendrait à profiter de mercenaires.

      Un claquement de doigts me suffit à dissiper les deux portails précédemment formés. Ce que je venais de lui montrer, un Kaidō de douze ans pouvait le faire. Je savais très bien qu'il m'englobait lors de ses dernières paroles. Après tout, les arcanes du clan Kaidō sont... passionnants, mystérieux, étonnants et pour terminer : uniques.

    avatar
    Shinkū Hiro
    Shinobi Errant

    Messages : 28
    Expérience : 70

    Re: Amitié singulière | Ft. Nahoji

    Message par Shinkū Hiro le Dim 9 Sep 2018 - 19:26

    Ses actions enfouies dans le temps ont sûrement déchiré son âme. Le temps seul garde en mémoire les actes abominables qui nécessitent de se racheter au regard des instances spirituelles. Défier la mort, pour permettre la vie. Voilà un altruisme salvateur bien que risqué lorsque l’on sait où nous sommes. Mes souffles sont donc le signe de son salut. Se refaire un honneur sur le dos d’autrui, est-ce dont cela, se faire pardonner ? Une mauvaise conduite oubliée en l’échange d’une âme sauvegardée. Voici un prix bien minable pour un vécu qui se vante d’être ténébreux. Et si finalement sa place est ici, le pays de Spectres, parmi ses frères criminels. Ses mains portent les cicatrices de la mort et la rudesse de son expérience. Son existence est donc rythmée par les cadavres inertes et les tâches de sang chaud qui entachent sa peau pâle. Et pourquoi ? L’or. Ce maudit métal est au cœur des vices humains, la gangrène de notre civilisation.
    Les inégalités existent, seul un fou pourrait alléguer le contraire. Toutefois, n’ont-elles pas précédé les Hommes ? Penses-tu réellement avoir les épaules nécessaires pour bousculer cette balance déséquilibrée au profit des plus faibles ? Il ne t’aura peut-être pas échappé que la cuillère d’or insérée dans ma bouche à ma naissance ne m’a jamais été retirée. Ces problématiques ne peuvent pas me toucher autant qu’un homme ayant vécu la faim, la soif, la torpeur. Vos œuvres sont salutaires, mais je doute de leur aboutissement. Vous ne pouvez vous porter garant des échanges et des flux économiques et humains de tous les pays que compte le Yūkan. Les pensées pragmatiques d’un pauvre scientifique sont peut-être une entrave au sens commun.
    Cependant, derrière tout bourreau se cache une once d’humanité. Moi-même, je ne vois d’un adversaire que le mal dont il est l’auteur et non mon semblable. Sa filiation, sa descendance, son ascendance, tout ça n’est que fioriture dès lors que nous confrontons nos poings. Mais c’est une lourde erreur que d’oublier les êtres qui pleureront une perte qu’ils ne pourront jamais enterrer ni même célébrer. Hōshō serait donc réellement au service de la veuve et l’orphelin. Des projets bien louables lorsque l’on connaît son histoire. Son implication dans la mort de la première ombre du Volcan est loin d’être anecdotique. Meurtre que Kazan lui rendit assurément. Le cercle vicieux de la haine veut que la rancœur se nourrisse d’elle-même, carnassière. Nul doute que le Kaidō se lèvera si l’armée incandescente tente de se venger de sa perte, à moins que cela soit déjà chose faite.
    Aujourd’hui, vos intentions paraissent pures à tout homme qui croise vos paroles. Mais n’omettez pas le fait que le Volcan est un ennemi des vôtres. Comment croire que vous ne tenteriez rien contre eux sous les bannières de Hōshō ? En tant qu’allié historique de la Cascade, ne croyez pas que je nourris un quelconque dégoût envers leur patrie. Je ne sais dans votre discours quelles sont nos ambitions sœurs. Sachez que je ne suis pas aussi sensible que vous envers les personnes en marge de la haute société.
    Ses doigts dansent les uns avec les autres et son énergie interne se meut. Je ne le sens pas avec la finesse d’un senseur, mais les variations des flots de chakra ne peuvent tromper un ninja. Trois mudras, finement dessinés par ses phalanges. Fūinjutsu, non du Ninjutsu. Les signes incantatoires ne mentent pas. Un arcane inconnu. Mes yeux s’ébahis devant cette mystérieuse technique, j’avale ma salive par stupéfaction. Une goutte de sueur froide prend naissance sur ma tempe, dessine les contours de mon visage avant de s’évaporer sur mon torse. Fortune soit louée d’être tombé devant tant de curiosité. Les portails, une puissance venue d’une autre époque. Qu’il peut-être déroutant de se trouver nez à nez avec l’un de ceux qui défient toutes les lois naturelles de l’espace et du temps. Être à deux endroit à la fois sans le biais d’un vulgaire clone d’ombre. Inverser la polarité et contrôler la gravité pour jouer avec ces forces et en user comme bon lui semble. Comment le sang peut-il à lui seul expliquer la perpétuation de cette merveille ? Nahoji est intelligent. Il sait comment m’attirer dans les pattes de Hōshō pour tirer profit d’une coopération étroite dans laquelle un guérisseur est la pièce centrale. Malgré la réalité qui tente de me ramener à elle, mes prunelles ne peuvent se résoudre à quitter ces failles. Mon ouïe n’a que faire de ses paroles bien qu’elle se réveille une fois ses créations dissipées d’un claquement de doigts.
    Penses-tu sincèrement que les agissements de Hōshō sont compatibles avec ma soif de vérité ? Je serais capable de tuer l’un des tiens s’il me prenait l’envie de lui dérober ses pupilles. Je pourrais te poignarder pour récupérer une goutte de ton sang. Je n’oublie toutefois pas ma dette éternelle. Sache également que je suis un ninja errant, ayant quitté sa citadelle dorée et son pays natal pour me libérer de mes obligations de noble dirigeant. En cela, je ne pourrais me résoudre à recevoir des ordres même si ma tête en était menacée. Au courant de tout cela, je te somme de revoir ta proposition qui sera maintenant faite en connaissance de cause.
    L’alerter de ne pas me faire une confiance aveugle est la moindre honnêteté que je puisse offrir à mon ange gardien.
    avatar
    Kaidō Nahoji
    Shinobi Errant

    Messages : 32
    Expérience : 90

    Re: Amitié singulière | Ft. Nahoji

    Message par Kaidō Nahoji le Mer 12 Sep 2018 - 22:30

    Mes pupilles se focalisèrent sur le faciès d'Hiro. Tandis que j'exerçai un mouvement positif de la tête, un léger rictus se dessina sur mes lèvres.
      Aussi que loin que l'on puisse remonter dans l'Histoire, on retrouve des traces d'uniformité. Il est vrai que le monde regorge et regorgera d'inégalités, je te rejoins également sur l'idée que l'accès aux ressources est et sera disproportionnée. Bien que l'apparition du Chakra soit une preuve flagrante de disparité, je suis de ceux qui pensent qu'apprendre aux civils, comment solliciter l'énergie spirituelle présente dans leur organisme, permet d'aller à l'encontre des lois de la nature. Certes nous ne faisons qu'osciller l'injuste Balance... Hōshō ne nous dirigerait pas vers une nouvelle guerre... ? Questionnais-je inopinément.

    Bien qu'inoffensifs pour l'instant, les « non-bénéficiaires du Chakra » ou autrement dit les villageois, ne peuvent pas se défendre puisqu'ils ne maîtrisent pas l'essence spirituelle de façon naturelle. À l'instar de chaque être vivant, l'organisme de ces derniers regorgent aussi de cette ressource indispensable. Malgré l'absence de savoir-faire chez eux, ils goûtent à la même amertume qu'un militaire peut parfaitement savourer face à la réalité de la guerre. En conclusion, un civil baigne dans les mêmes émotions qu'un shinobi, mais contrairement au ninja, ce simple humain ne possède pas les mêmes arguments de survie. Que se passerait-il si l'on confiait tout simplement de quoi se défendre à une personne vindicative ? Un soulèvement spectaculaire où chacun libérerait la pression accumulée : une libre expression de violence.

    Comme le soulignait précédemment Hiro, la discrétion représentait un atout majeur pour l'organisation. Dans une certaine mesure, l'Iryōnin avait raison. Cependant, Celui qui libère l'Oiseau de sa cage, a continuellement deux temps d'avance. En réalité, Hōshō n'a point souffert de la perte de Kaidō Setsuwa, son décès n'a fait que renforcer l'idée des véritables initiés : le gouffre de puissance entre les shinobis et civils est immense. Il fallait y remédier au plus vite. Alors, que concoctait Hōshō dans l'ombre ? Elle se préparait à lancer l'Opération Shutsuran (litt. Élève dépassant le maître).
      Contrairement aux idées reçues, le Volcan n'est pas notre seul ennemi. En réalité, nous sommes hostiles à tous les participants du Siège ainsi qu'à tous les acteurs des Terres Sanglantes qu'ils soient agresseurs ou agressés... Avouais-je sèchement. La liste ne s'arrête pas aux membres de plusieurs clans. Elle englobe d'une façon plus générale quiconque a osé bafouer un civil. Malheureusement, tu risques de très vite figurer dans ce cahier noir : s'en prendre à un Seito — nos civils apprentis — est, de notre point de vue, un crime capital. Ce jour-là, je ne serai pas présent pour t'extirper des griffes de la Mort... Expliquais-je calmement.

    Les intentions de mon interlocuteur semblaient claires et précises. Il visait principalement les héritiers de capacités rarissimes, mais même un villageois pouvait abriter en lui des arcanes inimaginables. Rien ne me certifiait qu'Hiro ne toucherait pas à un seul de ses cheveux. Je rendais tout simplement la pareille : il pouvait me planter une dague dans le dos pour en savoir plus sur mon ninjutsu spatio-temporel comme je le conduirais aux Portes de la Mort s'il bravait l'interdit.
      Comme tu dois le comprendre, mon offre n'est plus valable. Je t'accorde que compter dans ses rangs un médecin est primordial, en revanche, mon altruisme est tel que je suis prêt à consacrer ma vie. Au final, toi et moi pouvons sauver des êtres... d'une façon bien différente. De la même manière que Mère qui a concédé son âme pour alimenter le cercle de la haine. Setsuwa luttait pour les civils et cet événement tragique alimenta leur haine. Qu'advient l'amertume qui s'acidifie ? Le point de non-retour approche ; les tensions deviennent une poudrière. Que se passera-t-il à ma mort ? Demandais-je, rêveur. Probablement rien, mais j'espère que cette petite étincelle enflamme le combustible.

    La conversation ne menait plus à rien. Enfin, puisque mes espérances tombèrent à l'eau, je n'avais plus rien à faire ici. Je composai immédiatement des Kuji In ; (皆) Kai, (列) Retsu, (在) Zai. Concrètement, je réitérai le même processus que ma précédente démonstration. Cependant, je me servirai des portails pour voyager. Je pouvais parfaitement partir en marchant comme une personne normale, mais ce second échantillon de ninjutsu spatio-temporel était à la fois une façon de remerciement et d'avertissement : gare aux arcanes du clan Kaidō et merci pour l'entrevue enrichissante.




    Contenu sponsorisé

    Re: Amitié singulière | Ft. Nahoji

    Message par Contenu sponsorisé


      La date/heure actuelle est Dim 18 Nov 2018 - 18:02