Droit de vie ou de mort — Ots. Hata

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    Kaidō Nahoji
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    Droit de vie ou de mort — Ots. Hata

    Message par Kaidō Nahoji le Jeu 20 Sep 2018 - 20:50


    Kyōkoku no Kuni · le Pays des Canyons ;

    Introduction ;
    Hōshō venait d'ébranler une seconde fois les fondations d'une société. Tandis que la première démonstration visait à déstabiliser Kazangakure no Satō, la seconde affaiblissait Takigakure no Satō. Pourtant, l'Histoire a prouvé que le village caché de la Cascade tissait des liens avec l'organisation errante. Malheureusement, les initiatives de Kaidō Nahoji à l'encontre de Fūgū-san — riche dignitaire du pays— annonçaient la nouvelle politique adoptée par la collectivité. Depuis sept jours déjà, n'importe qui colportait les effroyables nouvelles : un ploutocrate a perdu deux tiers de sa fortune. Apparemment, les richesses dérobées ont été redistribuées aux plus pauvres. Néanmoins, d'autres versions relayées par les plus hautes instances de la superpuissance mondiale affirmaient la neutralisation du voleur. Soi-disant, ce dernier serait décédé suite à une embuscade de six militaires Takijin... Qui détenait donc la vérité ?

    Cela faisait une semaine que j'espérais atteindre la frontière puisque l'idée de crever à Kyōkoku no Kuni me répugnait au plus haut point. En exauçant les dernières volontés de Mère, un poids colossal venait de s'ôter de mes épaules. Cependant, on m'avait confié la lourde tâche d'accomplir d'autres desideratum. Par exemple, l'opération Dawnbreaker qui consistait à mettre à sac le Château de Cristal à Yama no Kuni en faisait partie. De la même manière que les atrocités que je m'apprêtais à faire : je réalisais les vœux de mes camarades morts au combat. D'après une source fiable, il existerait une femme experte en posologie. Enfin... elle dérivait son savoir pour rejoindre les arcanes du « dark medecine ». En conclusion, elle excellait dans l'empoisonnement. Ce quidam agirait à la frontière du Pays des Canyons et du Pays des Marécages. Étant donné que rien n'est hasardeux en ce monde, son terrain de chasse se situait sur ma route et cela représentait l'occasion parfaite pour accomplir mon objectif annexe. Pour ce faire, je devais usurper l'identité d'un originaire de Numa no Kuni. D'après les informations collectées par le défunt commanditaire, ma cible achèterait régulièrement des toxines. L'informateur qui a enquêté a également relevé quelques habitudes chez elle. De quoi m'aider à la retrouver rapidement si je désirais l'éliminer afin d'éviter les mauvaises surprises. D'un point de vue éthique, j'ai précisé que je ne franchirais pas le Rubicon.

    Dans l'ombre des superpuissances, de petits bourgs grandissaient paisiblement. Quoi qu'il arrivait, de nombreux facteurs retardaient continuellement leur évolution. La règle s'appliquait en particulier pour le village de Tsumago, réputé pour être un endroit totalement inanimé — la proximité avec Senjōgahara n'arrangeait pas la situation. Au lieu d'être une bourgade florissante, Tsumago sombrait dans l'illégalité et le crime à l'instar du Pays des Spectres jusqu'au jour où un marché noir naquit. C'est ici que tout commença.


    Une semaine après le Cambriolage ;
    Frontière limitrophe de Kyōkoku no Kuni avec Numa no Kuni;

    Ma silhouette se mêlait au crépuscule afin de remonter en toute tranquillité l'artère du village. À cette heure tardive, les premiers commerçants défiaient orgueilleusement la loi : ils montraient fièrement leur crainte inexistante. C'est donc dans un rituel vraisemblablement normal que chaque marchand allumèrent une bougie soigneusement disposée devant leurs stands. Cela signifiait que le marché noir venait officiellement d'ouvrir. En réalité, j'abordais ma mission d'une mauvaise manière. Au fond de moi, mon expérience m'indiquait que je trouverais en ces lieux l'experte en poison. Non pas dans le rôle de vendeuse ambulante, mais avec le statut d'acheteuse. Certes son talent n'était plus à prouver, néanmoins, je doutais très sérieusement qu'elle prenait la peine de récolter les matières premières en pleine nature. Quoi de plus facile que les acheter directement ? De plus, l'originaire de Numa no Kuni risquait de débarquer. Je ne pouvais donc pas usurper son identité... En réalité, je commençais à devenir fou. Même si l'expression de mon faciès restait figée, je disjonctais... Comment j'allais l'approcher alors qu'aucune information fuitait sur son apparence ? Comment établir un plan sans même avoir connaissance du lieu de transaction ? « Salut, voilà ton poison ! », « Merci, voici l'argent ! ». Non, non et non. Un simple contact physique permettait à quiconque de faire l'échange. Ce qui pouvait s'apparenter à un coup d'épaule involontaire entre deux personnes pouvait être un tour de passe-passe pour troquer. C'est bien comme ça que font les professionnels n'est-ce pas ?

    Je m'arrêtais au milieu de la foule. Mes pupilles dévisagèrent à tour de rôle chaque entité présente dans mon champ visuel. L'ample kimono noirâtre que je revêtais permettait de dissimuler mes mains ; ma dextre se referma nerveusement sur le manche d'une arme de jet plus communément appelée kunai. Y avait-il des militaires dans le lot ? Ma concentration ne cessait pas de m'abandonner, j'étais incapable de ressentir une simple once d'énergie spirituelle. Je perdais mes capacités de senseur. Cependant, je braquai soudainement le sol du regard. Une idée m'assaillit tel un couteau qui pénétra ma chair en un claquement de doigts. Senjōgahara. Qui dit marais, dit de l'eau en quantité gargantuesque... Et si j'inondais tout ce merdier en prenant soin de ne laisser aucun survivant ? Une douleur thoracique apparut brusquement. D'un réflexe humain, j'agrippai fermement une partie de ma poitrine tout en déposant un genou à terre. Quelques toussotements suivirent, une petite quantité de sang en profita pour s'échapper de ma cavité buccale.
      Eh bien... Murmurais-je difficilement. ... je suis dans la... merde.


    Je n'étais pas médecin et je l'avais oublié. C'est pour cette raison que mes blessures provoquées par le Jōnin de Takigakure no Satō se rouvrirent inopinément.
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    Re: Droit de vie ou de mort — Ots. Hata

    Message par Otsuge Hata le Sam 22 Sep 2018 - 12:03

    Les ongles vernis de l’empoisonneuse tapotaient lentement le cristal de sa coupe. Elle s’impatientait devant le visage suspicieux de son client. Ce shinobi, originaire de Numa no Kuni, avait fait appel à elle pour obtenir une fiole contaminée. Une petite quantité de poison, pour sûr, mais qui suffirait à détruire de l’intérieur celui qui la boirait. Elle lui avait concocté une version à haute densité de son liquide le plus toxique, qu’elle seule était en mesure d’identifier. L’homme pourrait ainsi supprimer sa cible sans que l’on ne puisse remonter jusqu’à lui, à condition bien sûr d’y mettre le prix.

    Elle recevait ses clients directement dans son domaine -qu’elle a en quelque sorte dérobé à ses précédents occupants-, mais les entrevues duraient rarement plus d’une dizaine de minutes. L’acheteur du jour semblait plus difficile et craignait d’avoir affaire à une usurpatrice. Le fait que la Veuve noire le dévisageait férocement n’arrangeait en rien la situation. Elle pouvait sentir aux battements de son cœur et à la sueur qui perlait sur son front que c’était la première fois qu’il se lançait dans une telle entreprise. Elle se délectait de l'innocence des néophytes. Comme tout vendeur vertueux, la brune vérifiait toujours les antécédents de ses acheteurs et ne procurait jamais de trop grandes quantités à la fois. Elle devait d’abord s’assurer que l’arme qu’elle leur mettait entre les mains ne serviraient pas à commettre d’injustices trop ignobles.

    - Comment être sûr que ça fonctionnera ? lui demanda l’homme. C’est un vrai poison ?
    - Goûtez-le, vous verrez.


    Elle ricana doucement.

    - Si vous n’en voulez plus, vous pouvez toujours partir. Ca servira à d’autres.

    Le combattant originaire des marécages ne fit pas plus de cérémonie. La présence oppressante de son interlocutrice avait suffit à étouffer ses craintes. Elle porta sa coupe à ses lèvres, tandis que l’individu repartait sans rien dire. Elle n’avait pas besoin de vérifier que le compte y était, du moins pas tout de suite. Il était fait avéré que ceux ayant essayé de l’avoir auparavant ont bien mal finis, ce qui suffisait généralement pour dissuader les suivants.

    La soirée allait maintenant commencer. La belle descendit dans le village pour se rendre au marché noir. Comme toujours, elle partait sans avoir besoin de rien, et rentrerait avec des produits en tous genre. Particulièrement des plantes, avec lesquelles elle testerait de nouveaux poisons. Même si ses liquides mortels se suffisaient à eux-mêmes, elle aimait se tenir informée de ce qu’il se passait dans le milieu de l’empoisonnement. Cela peut étonner, mais les phénomènes de modes existent même dans son monde, privilégiant tantôt la suffocation, tantôt les substances gazeuses ou les sérums de vérité. Pouvant réaliser tout cela d’elle-même, elle était en quelque sorte devenue une vedette parmi ses pairs.

    Elle déambulait alors dans l’artère principale du charmant village. Les commerçants adaptaient leurs échoppes à la tombée de la nuit pour remplacer discrètement leur marchandise en vue des clients souterrains qui ne tarderaient pas à arriver. La Otsuge gardait toujours celles spécialisées dans le poison pour la fin. Dans la rue, rares étaient ceux qui la reconnaissaient. Si tout le monde connaissait son existence, et avait entendu parlé de la manière dont elle s’était ‘approprié’ sa nouvelle demeure, seuls les empoisonneurs confirmés savaient associer le bon nom au bon visage. Elle s’en moquait pas mal et ne désirait pas particulièrement se faire craindre. En vérité, il ne lui venait même pas à l’esprit que les autres puissent exercer un jugement négatif à son égard. Ne prêtant qu’une infime attention à autrui elle-même, elle pensait qu’il était naturel de ne pas se soucier de son environnement.

    Il y en eut tout de même un qui attira son attention. Un homme, vêtu d’un long kimono sombre, venait de se laisser tomber sur les genoux au milieu de la foule. Il agrippait solidement sa poitrine, comme si son cœur menaçait de s’échapper. Il était évident qu’il souffrait, et si d’ordinaire elle ne s’en serait pas mêlée, quelque chose chez lui l’intriguait. Elle le rejoint lentement, en faisant claquer ses talons sur le sol pour signaler sa présence. Elle n’était pas médecin, mais elle pourrait soulager sa douleur temporairement. Tout ce qu’il lui fallait, c’était un baiser. Un seul baiser et il ne voudrait plus la quitter. Alors que son visage se rapprochait de celui du jeune homme, ses lèvres se recouvrirent d’un rouge puissant, signe que Cassia avait été sécrété en importante quantité.  

    Elle releva délicatement son menton avec sa main droite, et plongea son regard dans le sien.

    - Voudriez-vous que je supprime votre douleur ? lui susurra-t-elle dans l'oreille.

    En acceptant cette invitation, il deviendrait complètement dépendant.


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    Kaidō Nahoji
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    Re: Droit de vie ou de mort — Ots. Hata

    Message par Kaidō Nahoji le Lun 24 Sep 2018 - 21:45

    Parmi la foule ambulante, une femme s'accapara du rôle de justicière et se dirigea sereinement vers ma position. À peine sa silhouette s'invita dans mon champ visuel que je braquai nerveusement mon regard en sa direction. À la vue de son faciès, un certain réconfort inconnu jusqu'à ce jour réchauffa mon corps. À contrario, mon tonus musculaire m'abandonnait progressivement; ma dextre relâcha son emprise sur l'arme que je tenais précédemment. À cet instant t, je découvris une nouvelle réaction vraisemblablement causée par mon cœur ainsi que mon cerveau : la stupéfaction me frappa de plein fouet. Un sourire niais se grava sur mon visage suite à l'invitation de la kunoichi que j'acceptai sans même hésiter. Voilà que je flirtais avec la Mort. Je ne connaissais absolument pas cette inconnue, néanmoins, je me jetais dans la gueule du loup à bras ouverts. Désormais sur le fil du rasoir, j'avais en quelque sorte franchi le point de non-retour que je désirais, initialement, ne pas dépasser.
      Volontiers. Répondis-je.

    Alors que je déposai brusquement mes lèvres sur les siennes plutôt rougeoyantes, un énième mécanisme de mon organisme se déclencha à mon insu. Tandis qu'une bonne majorité de militaire aurait poignardé la manipulatrice — nombreuses sont les femmes qui emploient des genjutsu ou autres conneries pour accomplir leur dessein — pour ma part, je m'ouvrai complètement à cette nouvelle sensation. Mon rythme cardiaque se stabilisait à une fréquence idéale, les douleurs liées à mes blessures me dirent au revoir, une partie de mon corps rejoignit les bras de Morphée... À vrai dire, ce que me proposait la pseudo-justicière ne me convenait déjà plus; j'avais non seulement besoin d'atténuer mes souffrances, mais je ressentais également l'envie de recevoir encore et encore l'étrange élément qui me plongeait dans cet état. Désormais victime d'une soif inétanchable, j'accentuais considérablement mon baiser dans le but de drainer l'énergie spirituelle qui ne demandait qu'à trouver un hôte.
      Drôle de chakra curatif pour une iryōnin, c'est... exotique. Murmurais-je tendrement.

    Après plusieurs minutes d'échange sensuel et effréné, j'adressai ce même sourire niais à ma justicière. Plus les secondes passèrent, mieux je me sentais. Mes battements cardiaques ne cessaient pas de diminuer et, puisque ma « pompe vitale » s'atténuait, mon sang menait tranquillement sa petite vie, tout en douceur... À vrai dire, j'avais perdu le contrôle de mon corps depuis belle lurette. L'effet  m'affecta à tel point que mes genoux ne me suffirent plus pour rester debout : mon flanc gauche heurta violemment le sol. Même dans cette situation déplorable, je focalisai mon regard sur le faciès ensorceleur de ma sauveteuse.
      Dîtes-moi...

    J'agrippai délicatement — surtout difficilement — la dextre de mon interlocutrice.
      ... puis-je conn...aître votre... pré...nom ?

    Surpris, je galérais à enchaîner une poignée de mots. Ce que je ne savais pas, c'était que ma sécrétion d'endorphine a été multipliée par dix. De plus, des substances anesthésiantes interrompaient ma conduction nerveuse dès la seconde où nos lèvres se sont épousées. Le contact prolongé a irrévocablement affecté mon corps au point d'être à deux doigts de perdre connaissance. Ainsi, je me suis lancé dans une féroce lutte : celle de rester tout simplement éveillé. Malgré ma détermination inébranlable, mes paupières se rabattirent sur mes yeux; bonne nuit.

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