La pédagogie n'a jamais été mon fort [Ayame]

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▬ Si vous voulez mon avis, je ne pense pas être la personne la plus apte à réaliser ce genre de mission. Si j’étais vous, je confierais cette tâche à quelqu’un d’autre. Quelqu’un de plus …
Conciliant ? Patient ? Sympathique ? Sur le moment, les mots me manquent. Pourtant nombreux sont les adjectifs qui peuvent me définir et justifier mon inaptitude à réaliser cette tâche. Ceux qui me connaissent depuis longtemps savent que je ne suis pas quelqu’un de pédagogue, Nobuo peut en témoigner. Malgré mes avertissements, l’homme n’est pas enclin à me dispenser de cette mission et affirme non sans une certaine nonchalance :
▬ Sauf que je ne veux pas votre avis.
▬ Soit.
Voilà qui met un terme à notre conversation. « Ce fut bref mais intense » comme dirait l’autre. Je vais donc faire ce que je sais faire de mieux ; à savoir prendre sur moi et accomplir ce pour quoi je suis payé.

Je me dirige vers le terrain numéro huit afin de rencontrer les jeunes pousses du villages, ceux-là même que je dois entraîner aujourd’hui. Neuf adolescents de onze à quinze ans me font face et attendent avec une appréhension palpable mes instructions. Kiri n’est pour le moment pas doté d’académie, de programme ou d’instituteur fixe. Je suis par conséquent libre de dispenser la leçon que je souhaite, et ce de la façon qui me semble la plus pertinente. Aux dernières nouvelles la méthode d’entraînement la plus efficace est encore de se battre, de pratiquer bêtement encore et encore les mêmes mouvements. C’est pourquoi, en toute originalité, je suggère aux enfants de se cogner l’un et l’autre ; le tout dans la plus grande sympathie bien évidemment.
▬ Bon allez. Battez-vous.
Des groupes de deux ou trois se forment. Les enfants exécutent mes ordres et échangent quelques coups. N’importe qui peut sentir à ma voix que ce travail ne m’emballe pas. Je reste planté là, sans grande conviction à les observer et à m’assurer que personne ne se blesse.

Tournant machinalement la tête de droite à gauche, j’observe les compétences de ce qui sera très bientôt « le futur de Kiri ». Parmi les neuf shinobis que l’on m’a affecté, je compte six garçons et trois filles, deux Hiyari, une Kaguya et deux membres du clan Hayase. Il est comique de noter à quel point cet échantillon de shinobi me faisant face est représentatif du village dans son entièreté. Je fronce les sourcils et crois voir un visage qui m’est familier. Cette coupe, cette pâleur, ces yeux ; On dirait la fille de Fujin. Le nom de la kunoichi m’échappe et cela fait quelques mois voire années que je ne l’ai plus revu mais je suis presque certain de mon fait.
Lorsque tout ceci sera terminé, j’irai aborder la demoiselle afin d’en avoir le coeur net.
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Tsuki no Ayame
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Le combat n'a jamais été mon fort
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Ayame


 

 



 

 

Stand in the ashes of a trillion dead souls and ask the ghosts if honor matters.
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Gamine. Déjà moyennement mature à cause de son âge, ses lèvres résolument tirées vers le bas en une moue partagée entre la frustration et l’appréhension lui retiraient une dizaine d’années. Ça, et les « J’ai pas envie. » « Je ne t’ai pas demandé ton avis. » « ET BAH MON AVIS C’EST QUE J’AI PAS ENVIE ».
Petits poings serrés, et soupir de son aîné. Son kimono avait été raccourcit, et un pantacourt se cachait en dessous pour ‘plus de mobilité’. Derrière son obi aux motifs de pétales de coquelicots, qui contrastait si bien avec la blancheur cassée du restant du tissu, était maintenant placé de force une pochette au tissu abîmé noir, là, contre son dos. A chaque fois que la jeune fille se trémoussait de colère, seuls d’ironiques cliquetis métalliques lui répondaient. Malgré son agitation, Fujin tentait tant bien que mal de lui glisser des senbons entre les plis des différentes couches de son kimono, comme on habillerait un enfant de trois ou quatre ans. Ayame aimait bien lancer ses petites aiguilles, et c’était bien la première fois que l’homme devait la forcer à les prendre sur elle, mais c’était principalement les kunaïs attachés dans son dos qui avaient eu raison du peu de sagesse que la jeune kunoichi avait. En quelque sorte, elle ne se rendait compte que maintenant de ce qui l’attendait. Ce qui n’avait été qu’un jeu de précision avec les senbons devenait soudainement plus réel lorsque des lames se voyaient concernées.

Visage rouge avant même le début de l’entrainement. Fujin aurait bien trainé la gosse si seulement la fierté du petit être ne lui avait fait changer d’avis. Quitte à ne pas avoir le choix « Je le déteste je le déteste je le déteste » autant ne pas le montrer. Ses gettas trainaient sur le sol boueux, et, le regard fixé au sol, ses cheveux masquant un visage résolument fermé et légèrement bouffit de frustration, elle arriva là où elle devait arriver : un quelconque terrain vague, un de plus parmi les autres du village. Au moins se disait-elle, il ne pleuvait pas. Un homme arriva, celui dont lui avait parlé Fujin, la raison pour laquelle il l’avait obligée à venir se battre – un homme détestable donc – et elle ainsi que les autres aspirants de son âge formèrent une ligne en silence. Il laisse un silence s’installer, mais pour Ayame, ce fut plutôt de l’appréhension. Elle leva son visage pour observer l’inconnu, avant de toiser les autres de son âge. Elle ne s’était jamais battue.
Elle ne s’était jamais battue.
« Bon allez. Battez-vous. » Aussi énergique et motivé qu’elle. Crispée, elle regarda ses pairs former des petits groupes tandis que lui restait immobile. Une autre de son âge se planta entre elle et l’homme, et s’inclina légèrement.
Ayame en fit de même.

A chacun de ses mouvements, elle pouvait entendre Fujin gronder. Sa mère peut-être, elle, aurait-elle rit. Maladroite avec des kunaï trop lourds, ses senbons eux, étaient tout simplement inutiles en plein milieu d’une dizaine de personnes au combat rapproché. Certains sortaient leurs propres os de leur peau tandis qu’elle, sous le coup de la surprise, expirait une bouffée de vapeur au mieux. Les seuls entrainements que la belle avait eu étaient des mises en situations floues, où son avantage était de justement éviter le corps à corps. D’éviter qu’une lame ne déchire son kimono comme ce fut le cas. Que le sang tâche le nacre irisé de ses broderies.
Et qu’elle ai peur aussi, peur jusque dans ses tripes, peur à en avoir la vision brouillée par des larmes qu’elle tentait de réfréner.
Vulnérable et visible, les sceaux s’alignèrent afin de créer un Nuppeppo qui plongea une partie du terrain dans une vapeur rassurante et protectrice. Rarement visible dans la densité opaque, Ayame repris son souffle. Evita avec aisance ceux qui s’y aventuraient par erreur. Observa en silence deux adversaires se battre, sans être capable de ne pas ressentir de l’angoisse pour celui en difficulté. Elle n’avait pas envie de faire ça, et elle le lui avait dit. Elle n’était pas faite pour ça, pas comme lui.

Le choc des lames entre elles s’arrêta progressivement, et la kunoichi sortit de la zone embrumée. Sous le soleil couvert de Kiri, Ayame vit son piteux état. Se réajusta comme elle le pouvait. Un rapide regard à ses côtés lui prouva qu’elle n’était pas la seule, et en quelque sorte, cela la rassura. La jeune fille n’avait qu’une envie : rentrer auprès des fleurs avec une tasse de thé, et le calme du jardin. Après le quelconque discours ou critique ou monologue de l’homme, tout ça sera enfin fini.

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Je dissimule mon ennui du mieux que je le peux et observe les genins. Jusqu’à présent, aucun de ces enfants ne se démarquent du lot. Ils utilisent tous des jutsu classiques, relatifs à leur appartenance clanique. Les Hiyori créent de la glace, les Kaguya utilisent leurs os et les Hayase se changent en liquide … Jusque là, rien de bien surprenant en somme. D’autant que la maîtrise de leur pouvoir héréditaire est imparfaite, pour ne pas dire bancale.

Il ne me faut pas plus de deux minutes pour repérer les éléments forts, ceux qui surclassent leur vis à vis et sont promis à un grand avenir. L’équilibre de chaque groupe étant imparfait, plusieurs genins prennent l’ascendant sur leur petit camarade. Les premières écorchures ou blessures pointent le bout de leur nez. Je n’interviens pas pour le moment dans l’espoir d’assister à une réaction d’orgueil de la part d’un de ces genin en difficulté. C’est souvent lorsque l’opposant est supposément « trop fort pour eux » ou que la situation est sur le point de dégénérer que le potentiel de certains se révèlent. J’attends patiemment cet instant et observe chaque binôme quand, soudain, la brume gagne le terrain. L’apparition de ce voile opaque n’a rien de naturel à mon sens. Je plisse les yeux, tente de discerner des formes à travers l’étendue vaporeuse, le tout sans grand succès. Mes pupilles dorées n’ont jamais été exceptionnellement performantes. Je me lève et pénètre dans la brume de sorte à voir quelle est la cause de ce phénomène météorologique. J’ai ceci-dit ma petite idée sur la question. Le brouillard n’a pas l’air de déranger certains shinobis qui poursuivent leur sombre besogne. Alors qu’aucun genin ne s’est réellement « arrêté », je vois une ombre se carapater. Le fracas des lames s’estompent peu à peu, de même que la brume. Je me retrouve au milieu des genins. Certains ont été amochés, d’autres sont en parfaite condition.
▬ On change les groupes. Toi, tu vas là. Toi, là-bas. Toi avec la Hayase. Et toi, tu changes avec lui.
Mes mots sont accompagnés de geste. Je pointe tour à tour les différents shinobis. Bien que les groupes aient été fait à la va-vite, il y a bel et bien une logique dans ma façon de les réaliser. Globalement, on pourra noter que les plus forts combattent entre eux. Tous les ninjas ont été affublés d’un groupe. Tous sauf un, une kunoichi que je pointe du doigt :
▬ Toi tu viens avec moi.

Je pointe du doigt la petite blonde. Celle-là même qui a créée plus tôt cette brume qui a mis fin à l’entraînement. Plus tôt j’ai affirmé que certains, dans la difficulté, trouvaient le moyen de se transcender. C’est vrai mais pour cela encore faut-il qu’ils n’aient pas le choix et n’aient pas la possibilité de fuir. Dans le cas présent mon petit doit me dit que peu importe l’adversaire que je donnerais à l’enfant, cette dernière trouvera bien un moyen de détaler.
… À moins bien sûr que je ne sois l’adversaire en question.

Les autres adolescents se mettent au travail tandis que je demande :
▬ Tu préfères attaquer ou défendre ? Car si tu ne fais rien, c’est moi qui vais porter le premier coup. Je ne suis pas sûr que ce soit ce que tu veuilles, fille de Fujin.
Je suis même certain du contraire.
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Tsuki no Ayame
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Ses yeux se fermèrent, et Ayame expira lentement. Une innocente injure flotta un instant dans son esprit, avant qu’elle ne dépose de nouveau son regard sur la réalité. Ce n'était pas un monologue. Ce n'était pas ce qui était, dans son esprit, prévu. « On change les groupes. » Y avait-il seulement des groupes auparavant ? Presque négligemment, l’homme indique qui ira avec qui, et secrètement, la jeune fille espère juste qu’il aura pitié et la renverra elle et les autres essoufflés chez eux. ‘ C’est pas fait pour vous, merci d’avoir essayé.’ Bien sûr, sur le moment, ça serait presque humiliant, mais Ayame s’estimait suffisamment mature pour pouvoir encaisser ce genre de nouvelle le menton haut.
Et ce une demie heure après qu’elle ai tapé fort ses pieds sur le sol et hurlé pour ne pas sortir de chez elle, évidement.

Mais personne ne rentre chez personne, et les mauvais, les abîmés, les écorchés, finissent loin de ceux nés pour les tuer. Un moment, la kunoichi pensa qu’il allait en être de même, et après la pause de l’instructeur du jour, elle chercha du regard la personne qui devait lui être assignée. Tous se préparaient à débuter, et aucun n’était isolé, si ce n’est l’homme au visage vaguement familier. Elle se balança sur son pied gauche, puis son pied droit, une danse qu’elle nomma celle du malaise. « Toi tu viens avec moi. » Et oh, quel nom approprié. Détournant ses yeux de ses tabis à son interlocuteur, Ayame esquissa un sourire cassé face au doigt qui la désignait, et s’approcha. S’inclina poliment avant de sortir un kunaï de son dos.

Son sourire se tordit en une légère grimace en sentant les cloques sur la paume de sa main, et elle resserra plus fort son emprise sur le manche froid. Cette douleur était la seule chose dont elle était sûre, car cet entraînement face à son aîné était tout sauf ce qu’elle avait jamais pensé. Si un face à face avec ses égaux avait été une tâche dont elle n’est clairement pas sortie la tête haute, face à lui, elle n’avait aucune chance – et elle comprenait encore moins ce qu’elle était censée faire.
Attaquer ou défendre. Oui, voilà, c’était ce qu’elle devait faire. Et choisir. « Car si tu ne fais rien, c’est moi qui vais porter le premier coup. » A sa taille, le manche d’un katana. Un sabreur ? Un sabreur allait réellement lui porter le premier coup ? « Je ne suis pas sûr que ce soit ce que tu veuilles, fille de Fujin. » Elle pouvait entendre ses dents crisser, et sentir son visage se raidir lorsqu’elle le rentra instinctivement dans ses épaules. Avec ces simples mots, Ayame avait beaucoup trop de questions à poser – mais il était clair que cette option ne lui était pas proposée.
« Je suis pas sa fille. »

Comme elle le pouvait, un kunaï fonça dans la direction de son adversaire, suivit par une dizaine de senbon pour établir la distance nécessaire afin d’effectuer rapidement ses sceaux. De nouveau, une épaisse brume couvrit le terrain d’entrainement. Elle pouvait sentir la présence de ceux qui y étaient piégés, mais seule celle de l’homme importait. Celui aux traits finalement familiers. A la dégaine de ceux qui parfois parlaient jusque tard avec Fujin, de ces discussions où, même lorsqu’elle essayait au mieux, Ayame était incapable d’espionner sans se faire instantanément remarquer. Plus qu’une ombre projetée sur le papier de riz, il était cette fois-ci dans son énigme à elle. Gonflée d’une confidence alimentée uniquement par la mention du nom de son tuteur, la kunoichi créa un clone de vapeur qui s’élança avec le même visage fermé vers le sabreur.


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