L'Éden du voyageur (PV. Seizu Amako & Kaguya Nozomi)

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Ikeda Jun'ichirō
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L'ÉDEN DU VOYAGEUR (PV. Seizu Amako)

OST | Whispers of Oxenfurt :
 

Épuisé. Éreinté. Fatigué. Comment se sentait-il, déjà ? Ah oui, c'est vrai. Abattu. Anéanti. Exténué. Son séjour dans les marais avait laissé un goût amer dans la gorge de Jun. Ce n'était pas une mauvaise expérience, non – il avait appris de nouvelles choses sur le monde, sa faune, ses shinobis, et lui-même. Hélas, il ne pouvait pas y survivre une nuit de plus. Par chance – qu'elle eut été bonne ou mauvaise – Nozomi lui avait désigné la demeure du clan Seizu avant de rentrer chez elle.

Mais la réputation de ces bons samaritains serait-elle aussi fiable que l'existence du légendaire Tahm ?

HRP : Bon, j'ai écrasé mon premier message en postant le second, donc j'ai dû retaper une introduction avec une boule de seum à la place de la pomme d'Adam. Résultat : le voici. Il ne s'est rien passé de plus, si ce n'est que Jun arrive en cheval.
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Seizu Amako
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Amako était perdue. Ses yeux étaient posés sur un vide indécis, vaguement consciente du monde qui l'entourait. Assisse en bordure de la maison, elle entendait le bruit du shishi-odoshi du jardin frapper un rythme régulier. De temps à autre s'y mêlait le carillon d'été qui venait d'être accroché. Le temps était encore frisquet, mais enroulé de son kimono, elle ne sentait pas vraiment le vent frisquet. Ses parents étaient sortis. Sa mère organisait le clan pour les jours à venir, prévoyant des rondes et d'autres détails tandis que son père rencontrait un espion de Kumo. Elle fut donc surprise lorsqu'une servante vint la trouver pour la prévenir qu'un homme demandait asile. Etant la maîtresse de maison en ce moment précis, elle hocha la tête et demanda à ce qu'on le fasse entrer.

Du haut de ses dix ans, Amako récita mentalement les principes fondamentaux qu'on lui avait appris. Elle alla s'installer dans une pièce qui se voulait accueillante et s'assit sur ses genoux. Le thé serait bientôt servi. L'homme entra. Elle inclina sa tête.

« Bienvenue à vous, étranger. Au nom du clan Seizu, je vous accueille dans notre demeure. Elle hésita. C'était quoi déjà la suite ? Nous ne refusons jamais l'abri à ceux qui en ont besoin. Une servante versa du thé. Il aurait peut être besoin d'un brin de toilette. Bien que je ne sois pas le chef du clan, n'ayez aucune crainte quant à notre parole. Franchement, qui croirait une enfant ? Elle commença à se relever. Peut être voudrez-vous vous débarbouil- Elle marcha sur un pan de son kimono et se cassa la gueule, la tête la première. Uuuuh... »

Amako serra les dents. Son genou était tombé pile sur le coin de la table. Ça faisait mal. Aucune des servantes dans la salle n'esquissa le moindre geste vers elle, comme si ce n'était simplement pas arrivé. Oh la honte. Oh elle venait d'humilier son clan pour les cinquantes prochaines années. Gênée, plus rouge que rouge, elle se redressa et adressa un regard très embarrassé à l'étranger.

« … Hm. Je me nomme Amako Seizu. Venez, je vais vous trouver une chambre. »

Ne pas en parler.


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Ikeda Jun'ichirō
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OST | Whispers of Oxenfurt :
 

Comment demander l'aumône dans une bâtiment aussi prestigieux pouvait être aussi facile ? Pour la première fois depuis bien des cycles, Jun'ichirō ravala toutes ses pensées fulgurantes pour garder profil bas. Il se sentait... gêné ? Non – petit. L'antichambre était immense. La salle de réception l'était encore plus. Les serfs courbaient l'échine et la maîtresse de maison récitait son protocole, et tout cela le pétrifiait sur place. Il n'était pas à sa place. Jamais je ne le serais, s'était-il dit en contemplant la décoration murales, d'un soucis du détail inégalable. Il avait suffi de jeter un œil au jardin, luxuriant, pour se rendre compte de l'importance de l'héritage Seizu. Et Jun, un éleveur de chevaux né dans le désert, foulait ce royaume du pied.

Je... merci pour votre accueil, mademoiselle.

Il se plia à quarante-cinq degrés, les paumes contre les cuisses, les yeux rivés sur le sol immaculé. Il jeta un œil à l'état de ses bottes et grimaça de malaise. Sale. Immonde. Répugnant. Le cavalier se redressa pour ne pas fuir le regard de son hôte, mais il fuit aussitôt la réalité au profit de son berceau de songes.

Il avait dû mourir dans les marais. Que ce fut la veille, ou tantôt sous les crocs acérés du Tahm. On ne pouvait pas passer en si peu de temps du pire au meilleur... ou alors le destin s'agençait d'une ironie admirable.

Soudain l'héritière s'écroula au sol, disgracieuse.

Hein ? Jun'ichirō papillonna des cils, circonspect. Que vient-il de se passer ? s'étonna Jun en jonglant sur la détresse de chaque serviteur. La fille se releva comme elle le put, les joues rouges à en exploser ; le cavalier leva la main, avança d'un pas, entrouvrit les lèvres, mais hésita à offrir davantage son aide.

Le pouvait-il vraiment ?

L'héritière noya le poisson en se présentant. Amako Seizu. Ainsi il connaissait l'identité de la générosité incarnée. Et comme il aimait souvent le clamer, il lui rendrait la pareille dans un futur plus ou moins proche, quel que soit le prix de sa dette.

Je me nomme Jun'ichirō, du clan Ikeda. Un humble peuple de nomades du désert, éleveurs de chevaux. Je...

Le jeune homme se sentait trop mal. Il devait réagir. Se libérer de ce carcan castrateur. Redevenir lui-même.

Vous allez bien ?

Le tact de Jun rata le coche, mais au moins il avait mordu la ligne de son rôle de mendiant.

S'il-vous-plait, laissez-moi vous aider. Je déteste être redevable. Ça n'est pas ma nature, mon crédo. Veuillez m'excuser si je vous parais trop barbare. Un service pour un service – il n'y a pas meilleur échange pour le bien de Yuukan.

Il pressa le pas pour rejoindre la hauteur de la jeune fille – mais prit garde à lui laisser tout de même une distance d'intimité.

J'ai aidé une fille du village à chasser des alligators en échange d'un peu d'eau, et elle m'a renvoyé vers vous. Je sais que ça peut paraître dérisoire, mais voyez cela comme un gage de ma bonne volonté. Ce n'est pas de l’esbroufe. Je ne veux pas vous arnaquer – ni souiller la pureté de votre générosité. La fille peut vous le confirmer. Une certaine Nozomi.

La kunoichi maitresse des os ne pouvait être une illustre inconnue. Elle devait avoir sa réputation. Une bonne, espéra Jun.
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Seizu Amako
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Vous allez bien ?
La question manqua d'étouffer Amako. Quelle honte. Pitié. Elle aurait dû mourir sur place. Elle hocha timidement la tête, comme une enfant. Elle était une enfant, après tout. Dans tous les cas, l'homme s'avéra être un nomade. Comme eux longtemps auparavant. Un service pour un service, disait-il. Elle comprenait bien, mais que pouvait-il faire ? Elle se mit à réfléchir. Que ferait son père ? Ça n'était pas dans le protocole. Elle sursauta à l'entente du nom de son amie.

« Nozomi ? … Des alligators ? Oh quelle idiote. Je suis désolée du tracas qu'elle a pu vous causer, Nozomi n'est pas très... Disons qu'elle ne se soucie pas beaucoup de ce qui peut arriver aux autres. »

C'était peu dire. Les faibles n'avaient aucune valeur aux yeux de l'héritière Kaguya. Ils n'étaient que des boulets que les forts trouvaient sur leur chemin. Elle soupira en faisant coulisser une porte de papier, invitant son invité du jour à entrer.

« Ne vous tracasser pour votre dette. Elle hésita à nouveau.  Je.. Je ne suis pas vraiment en mesure de vous proposer une quelconque tâche, ça ne fait pas parti du protocole que j'ai appris. Disons que vous en discuterez avec mes parents, d'accord ? »

Les servantes s'affairaient déjà à sortir des affaires dans tous les sens. Mais Amako se montra autoritaire.

« Laissez nous. »

Et ils furent seuls.

« Nous nous sentons le devoir d'accueillir quiconque en a le besoin. Il y a longtemps, nous avons été dans une situation similaire à la vôtre. Mais personne n'a voulu nous tendre la main. »

Epoque qu'elle n'avait jamais connu. Le clan Seizu était divisé en plusieurs branches. La famille principale prenait toutes les décisions pour le clan. Les branches secondaires et tertiaires étaient souvent formées au combat et permettaient au clan de prendre des initiatives quand cela était nécessaires. Les pans les plus éloignés de la famille principale effectuaient les tâches quotidiennes, bénéficiant de la protection du reste du clan. C'était une unité, un principe de groupe indissociable. Elle ignorait comment les choses se déroulaient dans les autres clans, mais pour Amako, il était inenvisageable de laisser tomber son clan, de la plus jeune des servantes au plus grand combattant. En tant que future héritière, elle devrait protéger ce tout et en préserver la culture autant que possible. Tâche difficile. Elle soupira.

« Puisque vous êtes nomade, vous n'avez qu'à me raconter vos histoires ! Je suis sûre que vous avez vu du pays. Ses yeux d'enfants pétillèrent. A quoi ressemble le reste de ce monde ? Est-ce que les gens se comportent comme nous ? Ça fait quoi d'être dans un endroit où on ne connaît personne ?  Vous avez vraiment tué des alligators ? Je veux dire... Ne vous vexez pas hein, mais vous n'avez pas vraiment la tête de l'emploi. Puis, connaissant Nozomi... ça a dû être un sacré après-midi. »

En un instant, la sage héritière avait déversé sa curiosité d'enfant sur l'inconnu. Elle en avait oublié son protocole, sa précieuse formalité et les autres principes. La simple mention de sa meilleure amie avait suffi à la détendre et à se familiariser.


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Ikeda Jun'ichirō
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Le monde est trop petit, souligna Jun en voyant découvrant le lien de nature incertaine entre cette héritière d'un clan aisé et la fille monstrueuse aux avant-bras fracturés. Un village l'est encore plus. Certes tout le monde devait se connaître, par ici, mais à quel point ? Deux filles du même âge. À cinq cent mètres l'une de l'autre. Finalement, Jun'ichirō eut raison d'aider l'une de la main droite et recevoir de l'autre de la main gauche.

Comment cela, je n'ai pas la tête de l'emploi ?

Il bomba son torse déjà musclé, mit en valeur ses larges épaules en logeant ses mains sur sa taille. L'éleveur de chevaux était lui aussi une belle bête ; un enfant bien naturellement bien constitué n'ayant eu aucun répit durant sa croissance. La recette miracle pour faire de l'amour sincère entre deux personnes un explorateur inconscient. Il relâcha sa posture et avec elle un petit rire, s'effaçant ainsi dans l'ambiance qu'avait installée la fille.

Je ne suis pas le conteur du groupe, tu sais. Muteki est bien plus doué que moi. Un vrai moulin à paroles.

Devant l'incompréhension de l'héritière, Jun s'obligea à s'étendre en précisions.

Mon cheval. Le monstre de muscles qui devrait, à l'heure actuelle, être en train de loucher sur l'herbe de votre jardin. Je vais vous avouer un secret que je dévoile très facilement : je peux lui parler depuis tout petit. Depuis mes dix ans, même. Profitez bien de cet indice, car je n'en donnerais aucun autre sur mon âge, plaisanta-t-il d'un clin d’œil. Mais oui, je peux parler à ce bougre d'animal. Et à d'autres êtres vivants, parfois, aussi. Alors, parais-je toujours aussi inoffensif ?

Conscient qu'il venait de se lancer dans la narration d'une histoire, le jeune homme s'assit auprès de la table basse et amena son thé devant lui. De l'eau ! De l'eau chaude et infusée de thé noir, certes, mais cela restait de l'eau. La piètre qualité de ses précédents repas ayant émoussé son sens du goût, la seule odeur du breuvage lui fit l'effet d'une explosion de saveurs. Si la tasse n'avait pas été brûlante, il en aurait avalé le contenu sans attendre l'héritière.

Je n'aurais jamais crû qu'autant de choses pouvaient échapper aux hommes. Ce don est comme un second sens de lecture pour la vie elle-même. Au pays du Feu, je me suis surpris à passer des jours en forêt, juste après avoir découvert une affinité avec des cervidés. À quoi bon visiter un énième village à l'architecture banale quand, dans son terrain de chasse, des êtres purs m'apporteraient bien plus ? Je me rappelle m'être balader avec eux, de point d'eau en point d'eau ; nous avons fui le hurlement des loups et les charges fulgurantes de sangliers ; je les ai regardés jouer, boire, brouter, dormir – vivre. Une authentique leçon. Pour tout te dire, le cerf avait des notions étrangement développées en philosophie ; il avait conscience de sa place en ce monde sortant de guerre, ce monde shinobi, et avait depuis longtemps trouvé un but à son existence : élever sa progéniture. Une mentalité pacifique, à l'instar de leur société. On n'a jamais vu une biche guerrière écraser le carré d'herbe de sa voisine par orgueil, devoir, ennui, amusement ou représailles. Inutile de te dire que je suis sorti grandi de cette aventure.

Jun'ichirō porta finalement le thé à ses lèvres, soufflant un mince filet d'air frais dessus pour le refroidir.
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Seizu Amako
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Il parlait aux animaux. Bien qu'elle essaya de cacher sa surprise, il la lut visiblement sur son visage. Inoffensif ? Le mot était faible. Comparée à Nozomi qu'elle avait toujours connue, l'homme bien plus âgé manquait pourtant d'une donnée essentielle aux shinobi : l'expérience. Son histoire la fascina et un court instant elle s'imagina dans une clairière entourée de ces animaux. Ils étaient chassés, inoffensifs et pourtant ils vivaient comme un clan. Cette pensée l'intrigua autant qu'elle la déçue. Au fond d'elle même, Amako aimait-elle vraiment son clan ? C'était à cause de cela qu'elle devait être une guerrière, qu'elle devait se battre pour des raisons qu'elle ne comprenait pas. Elle aurait pu simplement continuer cette vie simple, d'accueil et de partage. Se battre ne l'avait jamais attirée.

« Mmh. Alors pourquoi vous battez-vous ? »

Ses yeux se tournèrent vers lui. Elle ne mettait même pas en doute le fait qu'il s'était bel et bien battu cet après-midi ; Nozomi ne l'aurait jamais laissé s'en sortir autrement. Elle bu une gorgée de thé.

« Pardon d'être aussi curieuse. Je ne devrais pas. C'est impoli. Enfin bref, si vous avez besoin de quelque chose, faites le moi savoir. »

La tradition. L'accueil, la bienveillance et le partage. Tant qu'on ne représentait aucune menace pour le clan.


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La fillette atteignit une corde sensible. Pourquoi avait-il abattu ces alligators alors que son crédo l'obligeait à faire couler sang le moins possible, qu'il soit humain ou animal ? Il tourna le problème cent fois dans son esprit, et autant de fois autour de sa langue, comme s'il se sentait soudainement coupable de ses meurtres. Son entrain s'effaça aussitôt. Le sourire gravé sur son faciès innocent ? Envolé également. Il déglutit, gratta l'arrière de sa tête, gêné, et sa mura alors dans son silence.

Jusqu'à ce que son hôte changea le sujet de la conversation.

Jun'ichirō releva la tête, croisa le regard de la fille. Il lui fallait emprunter cette porte de sortie toute juste ouverte, sous peine de broyer du noir pendant des heures et des heures. Il prit alors une brève inspiration, se força d'abord à sourire mais, son naturel reprenant le dessus, retrouva une joie sincère en peu de temps.

Certes, le cavalier avait mis fin à la vie de tant d'êtres vivants – mais ceux-ci ne voulaient-ils pas en faire autant ?

J'aimerais pouvoir me laver, si ce n'est pas trop demandé. Je nettoierai moi-même ma tenue, ne vous en faites pas.

Il finit son breuvage et se releva, puis s'inclina comme il avait vu tant de gens faire pour remercier l’héritière Seizu.

Y a-t-il un maréchal-ferrant au village ? Mon ami aurait bien besoin de l'aide d'un professionnel. J'ai quelques notions de forge mais, sans enclume ni l'outillage adapté, il m'est impossible d'entretenir ses fers.

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Seizu Amako
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Elle observa son invité comme s'il venait de dire une grossièreté.

« Ne dites pas de bêtises. Que deviendrait notre honneur si l'on apprenait qu'on laisse nos invités laver eux-mêmes leurs vêtements ? »

C'était une évidence telle que la fillette ne comprenait pas comment l'homme pouvait l'envisager. Elle se redressa pour lui montrer la salle d'eau, tout en continuant ses explications.

« Laissez vos vêtements dans le panier, on vous en fournira en attendant que les vôtre soit propre. Quant à votre autre requête... »

L'héritière du clan Seizu sentit ses joues rougirent.

« … C'est quoi un maréchal ferrant ? »

L'enfant n'avait jamais entendu parler de cette chose. Sans doute parce qu'elle n'avait jamais eu besoin de s'adresser à un quelconque artisan en dehors de son clan. Ses petites menottes se tortillèrent tandis qu'elle jetait un regard courroucé à l'homme.

« … oui ben ça va quoi, je suis qu'une enfant, ok ? »

Elle soupira en s'inclinant devant l'homme, alors qu'une servante venait lui murmurer à l'oreille. Elle se redressa de tout son long, hochant la tête.

« Quand vous aurez fini, mon père est rentré. Si vous désirez vous acquittez d'une quelconque dette, c'est avec lui qu'il faudra en discuter. Je serais dans le jardin. »

Et elle s’éclipsa aussi vite qu'elle put, désireuse de laisser l'homme se perdre dans le labyrinthe qu'était leur maison. Elle pourrait peut être même le faire tourner en bourrique. Bonne idée, ça.


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Ikeda Jun'ichirō
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OST | Whispers of Oxenfurt :
 

À l'évidence, la réputation du clan Seizu était justifiée. D'abord ils accueillaient le voyageur, ensuite lui offraient à boire, puis lui réservaient une salle d'eau, et enfin lui lavaient ses vêtements ? Il y avait sans doute anguille sous roche – mais où ? Cependant... Jun'ichirō n'avait pas l'indécence, ni le luxe, ni l'envie de refuser une telle aide. Son optimisme lui souffla que des âmes charitables pouvaient bel et bien exister, quelque part dans le monde. Et il s'avéra que tout un clan avait élu domicile à Funabashi. Il remercia aussitôt leur héritière pour sa bonté, toutefois sans zèle pour ne pas la gêner.

Hélas, il avait déjà commis une erreur quelques secondes plus tôt en parlant... de maréchal-ferrant ?

C'est un artisan spécialisé en fer à cheval, résuma-t-il en peu de mots. Puis il développa sa réponse afin d'apprendre quelque chose à son hôte – car il devait lui rendre un service en retour. Muteki voyage en permanence, et sans ferrage, ses sabots auraient été usés jusqu'à la plante. Un nomade ne peut pas se permettre de négliger l'état de sa monture, vous comprenez. Même si ça a plus l'allure d'une séance de torture que d'une quelconque aide pour l'animal.

Jun'ichirō ne sut si la fille avait apprécié l'explication, mais la combinaison de sa moue et de son départ fugace le dissuadèrent d'aller le lui demander. Au moins, la servante se couchera moins bête, se dit-il pour se dédouaner, même si cette dernière devait sûrement connaître le rôle d'un maréchal-ferrant, contrairement à la Seizu.

Enfin, il était seul. Seul, avec la soubrette qui lui échangea un regard. Avant de partir. Le laissant... seul.

N'ayant pas grand chose d'autre à faire, il se dirigea vers la fameuse salle d'eau désignée par son hôte, dans une certaine direction, mais il dut ouvrir de nombreuses portes avant de l'atteindre. Et quand bien même il finit par tomber dessus, Jun réfléchit à deux fois avant d'être certain d'y être bel et bien arrivé. Le nomade avait prit l'habitude de se laver dans les ruisseaux, ou depuis un humble seau tiré du puits ; si bien que le confort mis à disposition le décontenança.

Il promena son regard autour de lui, perplexe. Puis il commença à se déshabiller doucement, déposant chaque habit au panier près de la porte. Il y abandonna tout : sa ceinture écaillée, sa tunique rapiécée, ses bottes couvertes de boue, ses braies trempées, sa chemise souillée de sueur. Nu, ses muscles respirèrent enfin. Il s'intéressa alors au bassin tiède installé au centre de la pièce, intrigué. Suis-je censé y rentrer ? Dans le coin de la salle, un poêle réchauffait un seau d'eau brûlante au cas où la température du bain avait trop chuté. Inutile de dire que ce fut très laborieux pour Jun d'assimiler le tout.

* * *

Le nomade sortit enfin de la salle d'eau, la peau rutilante. Il avait emprunté un kimono et des sandales traditionnelles, et portait son panier en osier plein d'affaires sales pour le donner à... à qui, déjà ? Il promena ses yeux à gauche, à droite, et trouva enfin une servante du regard. Ni une, ni deux, il se rua vers elle pour lui poser une question très, très, très importante.

Excusez-moi ! Je ne sais pas à qui confier ceci... et il semblerait que le chef de clan soit arrivé ?
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Seizu Amako
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Ses yeux verdoyants étaient comme éteints. Elle visualisait, mais ne voyait pas. Devant elle, Seizu Ryuku la toisait d'un air impitoyable, propre à celui d'un chef de clan. L'enfant récitait tout ce qui s'était déroulé en accueillant l'inconnu, sans rien omettre. C'était son rapport, son devoir. C'était un exercice plus qu'autre chose, presque mécanique plus que réfléchi. L'homme ne laissa rien paraître en face d'elle, avant de finalement donner ses ordres.

« Très bien. J'ai encore des choses de prévu aujourd'hui, demande lui tout ce qu'il sait sur Kaminari no Kuni. Assure-toi que son cheval soit soigné comme il se doit. »

Aucun compliment, aucune attitude qui révélerait que son père l'était bel et bien. En présence du chef, elle n'était qu'un membre comme un autre. Elle se redressa, le dos droit, pour finalement effectuer un parfait demi-tour pour se retrouver à nouveau dans les couloirs. Elle devait aller chercher leur invité. Ses pas mesurés l'amenèrent à l'homme peu de temps après qu'une servante ne se soit emparée de son panier. Elle inclina la tête légèrement, avant d'aborder l'Ikeda d'une voix claire.

« Si vous n'avez pas d'objection, mon père a décidé de la faveur que vous lui accorderez. Il souhaite savoir tout ce que vous avez vu à Kaminari no Kuni, si vous y êtes toutefois passé. Dans le cas contraire, il dit que votre talent sera utile pour apprendre aux canards de la mare le respect ; par trois fois ils ont ruinés le travail des servantes sur le linge. »

Soulagée d'avoir récité son texte sans faute, elle lâcha malgré elle un soupir. Amako s'en rendit compte trop tard, ses joues se colorant déjà d'un rose affectueux. Elle toussota, invita Jun'Ichirô à la suivre.

« J'ai également fait mandé Nozomi. Elle arrivera sous peu. Dois-je nous conduire au jardin ou dans la salle des invités ? »

Ses yeux dévisagèrent le visage de l'homme, bien plus âgé. C'était bizarre. Elle avait rarement vu d'autres hommes plus âgés ainsi vêtus. Rin, c'était différent. Il avait son âge, elle pouvait le taquiner autant qu'elle le souhaitait. Mais la demoiselle ressentait un certain malaise qu'elle ne s'expliquait pas. Peu importe.

« Un maréchal-ferrant viendra sous peu, j'espère. Si vous souhaitez vérifier son travail, il devrait se trouver à l'entrée. J'espère que votre cheval n'a pas mangé les fleurs du jardin... »


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Ikeda Jun'ichirō
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De tous les services que Jun'ichirō aurait pu rendre aux Seizu, leur chef de clan choisit le pire. Et l'héritière avait même accompli la prouesse de surenchérir par-dessus ! La situation allait de mal en pis. Ainsi l'aventurier devait conter tout ce qu'il connaissait du pays de la Foudre – où il n'a jamais mis le moindre orteil, précisons-le – et devait aussitôt convaincre les canards du jardin de ne plus jouer avec le linge de maison – des oiseaux avec qui il ne pouvait pas encore communiquer, précisons-le. En l'espace d'une minute, le nomade passa de fier bénévole en parasite incapable, et il devait l'expliquer à ses hôtes.

Comment annoncer ça, comment annoncer ça..., rumina-t-il intérieurement, perplexe quant à la tournure des évènements. De façade, bien évidemment, il souriait jaune et dodelinait de la tête comme si tout le malheur du monde n'était qu'une série de fables racontées aux enfants agités pour qu'il se tinssent droits.

Et puis, le miracle arriva. Nozomi. La petite fille du marais l'ayant conduit tout droit dans ce traquenard bien emballé.

Va pour les jardins ! Je n'ai pas encore visité Kaminari no Kuni, hélas, mais c'est notre prochaine destination avec Muteki. Ça aurait été un plaisir sinon ! J'espère seulement que je pourrais régler votre problème de basse-cour. Disons que mon canard est un peu... rouillé. Ce n'est pas un animal avec qui j'ai souvent eu le plaisir de converser. Voire jamais, pour tout avouer.

Le jeune homme resserra la ceinture de son kimono, peu à l'aise dans cette tenue trop impersonnelle. Il suivit ainsi la maîtresse de maison jusqu'aux jardins, levant les yeux au plafond à l'entente du nom de son fier destrier. Arracher les fleurs à pleines dents, Muteki ? Jamais de la vie, voyons. C'est un cheval qui sait se tenir – tout comme son maître ! Un sourire malsain apparut au coin des lèvres du nomade. Oh, par le sable rouge, je suis vraiment le pire des invités...

Dites, juste pour information : sur une échelle de un à dix, à combien pensez-vous tenir à vos plantes ?

Abnégation de Muteki :
 

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Kaguya Nozomi
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L'Eden du voyageur. (PV. Seizu Amako et Ikeda Jun'ichirō)

Nozomi observe ses bras couvert de petites entailles et de bleus, une guérisseuse du clan s'occupe de nettoyer une blessure sur son crâne. Dans un coin de la pièce son maître l'observe en croisant les bras, il n'a pas l'air en colère lorsqu'il s'avance vers elle.

"Tu as une heure de retard pour ton entrainement." L'homme fait signe à la servante de quitter la pièce.

La petite fille baisse les yeux. "Je me suis entraînée dans mon coin."

"Je t'ai déjà expliqué que tu n'es pas assez douée pour vagabonder dans le mar..."

"Vous me dites tout le temps que je dois devenir plus forte, que je peux surmonter toutes les difficultés avec ma volonté. Aujourd'hui j'ai appliqué votre enseignement maître Satoko. Je suis allez dans le marais pour tuer le Tahm !"

Le ninja hausse un sourcil puis éclate de rire. "Le Tahm est une légende urbaine destinée à éviter que les paysans ne s'aventurent trop profondément dans le marais. On a besoin d'eux dans les champs, pas dans le ventre d'un alligator."

"Mais je l'ai vu ! Il faisait au moins cette taille !" La demoiselle écarte ses petits bras autant qu'elle le peut. "Vous pouvez demander à monsieur Jun'ichirō, il a tout vu !"

"Tu veux parler de cet étranger ? Il a de la chance de t'avoir ramené quasi indemne, si ça ne tenait qu'à moi sa tête pendrait déjà au bout d'une pique."

La fillette frappe sur le sol et se relève pour se diriger vers la sortie. "Un jour vous verrez maître Satoko ! Je ramènerais la tête du Tahm et même vous serez obligé de reconnaître son existence. vous verrez que je suis encore plus forte que ce que vous ne pensez !"

L'homme ne répond pas, il observe son élève quitter la pièce, son regard moqueur se transforme en fierté alors que la porte se referme.

"C'est bien petite Nozomi, j'ai hâte de voir jusqu'où ton ambition te portera."

La petite héritière traverse le domicile d'un pas rapide alors qu’elle est arrêtée par l'un des gardes du domaine.

"Ah ! Mademoiselle Nozomi, vous tombez bien. Un homme du clan Seizu est à l'entrée, Mademoiselle Amako requiert votre présence."

Le visage de la petite fille s'éclaire comme si tout ses soucis venaient de disparaître. Elle remercie brièvement le garde et part en courant vers l'entrée. Elle s'incline poliment face à l'homme des Seizu et le suit jusqu'au domaine du clan. Une fois sur place elle se dirige immédiatement vers les jardins et y reconnait une forme familière, Muteki, qui observe les fleurs d'un air méfiant.
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Seizu Amako
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Amako observa son invité d'un air tristement sérieux.

« Ces fleurs sont cultivés par mon père, le chef de clan. Si votre cheval en a touché la moindre parcelle, nous aurons tous les deux des ennuis. »

La fillette pressa le pas vers l'extérieur, avant de trouver le cheval de l'homme observant les fleurs. Mais rien. Il n'en avait pas touché une seule, se contentant de les regarder avec un flegme étonnant. Elle en soupira de soulagement avant de remarquer que sa jeune amie était également arrivée.

« Nozomi ! »

Elle s'empressa de la tirer vers l'invité du jour. Elle songea ensuite que, par prudence, il valait peut être mieux que le cheval vienne avec eux le temps que le maréchal trucmuche arrive.

«Bien, peut être pourriez vous emmenez votre cheval avec nous vers la mare. Lui saura peut être se révéler d'une quelconque utilité contre les canards. »

Elle pressa le pas en avançant davantage dans le jardin, décidant de faire la conversation à son amie.

« Alors, il paraît que tu l'as entraîné sur des alligators ? Nozomi, franchement, ce n'est pas très prudent. Je n'ai aucun doute que tu puisses les pulvériser, mais tu ne devrais pas entraîner des inconnus avec toi, les pauvres ils pourraient se faire massacrer. »

Enfin la mare se dessinait devant eux, pourvu de quatre canards qui bavassaient gaiement. Tous plus énergique les uns que les autres, ils accueillirent les humains avec un certain enthousiasme – en général, cela voulait dire repas supplémentaire. Mais l'héritière Seizu ne se laissa pas intimider.

« Bon, ce sera sans doute moins passionnant que les alligators, mais il se trouve qu'on nous a demandé de nous assurer que les canards ne joueraient plus avec notre linge. Nozomi, range ces os, on ne va pas tuer des canards, c'est ridicule. J'aurais aimé que notre ami puisse converser avec eux, mais il ne parle pas le canard à priori. Vous ne pouvez vraiment pas l'apprendre en deux minutes ? Il ne doit pas y avoir beaucoup de mots... »

Franchement, leurs coin se ressemblaient tous plus les uns que les autres à ses oreilles. Ça ne pouvait pas être si compliqué !


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Ikeda Jun'ichirō
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L'ÉDEN DU VOYAGEUR (PV. Seizu Amako & Kaguya Nozomi)

OST | Whispers of Oxenfurt :
 

Attention, roulement de tambours...

Pas les plantes, pas les plantes, pas les plantes...

En arrivant dans le jardin de la famille Seizu, le nomade découvrit avec joie que son fidèle destrier avait fait preuve d'une abnégation sans pareille. Ce dernier contemplait les rangées de fleurs et l'hectare d'herbe environnante, la tête haute, le buste droit, la mâchoire fermée, la langue rentrée. Il se sacrifiait vraisemblablement pour ne pas apporter une mauvaise réputation à leur duo sulfureux – expérience apprise après de trop nombreuses incartades durant leur périple.

Tu sais que je t'aime, toi ? adressa le cavalier à son compère, aux anges.

Jun'ichirō attrapa les brides de son cheval et le ramena avec lui, qui lâcha un hennissement tout haut.

Bien sûr, mon gros, on va te donner un peu d'avoine.

Le jeune homme laissa les deux filles parler entre elles, s'échanger des ragots, discuter du beau temps, commenter leurs nouvelles parures de bijoux, se complimenter sur le minuscule détail qu'elles ont changé à leurs coiffures, et il s'affaira de son côté à discuter d'un sujet ô combien plus important avec Muteki : les canards. D'après l'héritière Seizu, l'animal avait des chances de pouvoir être capable... de parler avec eux ! Les deux idiots éclatèrent de rire dans leur coin avant de s'excuser, sobrement, essayant tant bien que mal de cacher leur rictus, en vain. Une chance que les filles n'avaient rien entendu de leur intelligente conversation. Un cheval qui parle à un canard, on aura tout vu. Enfin, ils arrivèrent à la fameuse mare.

La maîtresse de maison se retourna vers l'éleveur de chevaux et lui expliqua la problème. Des attaques sur le linge de maison... quel outrage ! Les canards devaient avoir de sérieuses revendications pour commettre ces horribles attentats.

Jun'ichirō retint un rictus.

Vous savez, le vocabulaire équin n'a pas l'air si complexe au demeurant, et pourtant...

Le jeune homme s'empêcha de croiser le regard de son destrier sous peine d'alimenter leur fou rire contagieux.

... ahem, voilà, je pense vous avoir suffisamment décrit la difficulté de l'affaire. Mais je vais quand même tenter ma chance, juste pour choyer mon ego. Pouvez-vous sustenter Muteki avant qu'il n'entre dans une frénésie et arrache malencontreusement une pousse de cette jolie plante ? La rouge, là, avec le pistil jaune. (L'ami des bêtes s'installa devant la mare en tailleur, avant de joindre ses mains.) Beaucoup d'eau et de l'avoine – son régime préféré.

Beaucoup d'eau.

Ainsi, Jun'ichirō ferma les yeux, pour mieux se concentrer pensait-t-il, mais le caquet des oiseaux le rendit plus fou qu'autre chose. Il dut se reprendre à deux fois pour entrer dans une sorte de méditation transcendantale, complètement déconnecté du monde sinon les oreilles rivées sur la mare. Coin-coin-coin-coin. Il essaya d'isoler chaque son, chaque syllabe, et de le transformer en un sens comme il en avait eu le réflexe avec d'autres animaux. Coin-coin-coin-coin. Y avait-il des nuances dans le cancan de son audience ? Coin-coin-coin-coin. Il creusa le sujet, se permit des théories, se concentra davantage lorsqu'il pensait avoir trouvé un filon, mais retournait fatalement au point de départ. Coin-coin-coin-coin. Pouvait-il au moins converser avec ces canards ? Coin-coin-coin-coin. Leur caquetage résonna dans son crâne, encore et encore, tels des coups de massue, encore et encore, sans ne jamais s'arrêter. Coin-coin-coin-coin-coin-coin-coin-coin-coin-coin...

* * *

L'éleveur de chevaux se demanda combien de temps s'était écoulé depuis qu'il avait fermé les yeux. Cinq minutes ? quinze minutes ? une demi-heure ? une heure ? Il hausse intérieurement des épaules, perdu sans un océan sans repère. Au moins, les deux filles ne l'avaient pas interrompu – ce qui lui offrit un indice sur la durée. Elles n'allaient pas le laisser dans cet état pendant toute une nuit, c'était certain. À moins que...

Non, non, ça ne fait que quelques minutes – tout au plus, se convainquit-il malgré ses trois-quarts d'heure de méditation.

Coin-coin-co... scandale... coin.

Avait-il bien entendu ? Coin-coin... on a des droits aussi et... coin-coin-coin. Jun'ichirō se réveilla soudain d'un bond, et leva son poing haut vers le ciel pour revendiquer sa trouvaille ! sa réussite ! sa fierté ! ça y est, il en était capable ! capable de parler aux canards ! ... Hélas, il n'y avait plus personne à ses côtés pour partager sa joie.

La Dernière Ombre vous aurait-elle gobés ? maugréa-t-il tout bas... et seul.
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Kaguya Nozomi
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L'Eden du voyageur. (PV. Seizu Amako et Ikeda Jun'ichirō)

Alors qu'elle s’arrête pour observer Muteki, Nozomi est interrompue par l'arrivée d'Amako et de Jun'ichirō. La petite fille salue le voyageur avec un grand sourire -comme si l'aventure du marais n'avait été qu'une simple promenade. Puis elle suit son amie qui semble tenter de lui faire passer un message moralisateur sur le fait qu'on ne doit pas mettre les autres en danger.

"Mais noooon, monsieur Jun'ichirō et moi on a eu aucun soucis à se débarrasser des alligators ! En plus ils sont super fort monsieur Jun'ichirō et Muteki ! Tu l'aurais vu avec son épée." La demoiselle mime des coups d'épée dans le vent. "Viou, viou ! Il les a taillé en morceaux."

Puis vint le problème du jour, une invasion de canards dans la mare des Seizu. Aucun soucis, Nozomi commence à déployer quatre os sur son avant-bras... Mais la solution de facilité ne semble pas convenir à Amako qui lui demande de ne pas tuer les canards. La petite Kaguya gonfle les joues et souffle en faisant retourner ses os à leur place.
L'intervention de Jun'ichirō ne laisse pas le temps à Nozomi de se plaindre et elle récupère finalement les rennes de Muteki pour l’entraîner un peu plus loin. Elle grattouille le museau du cheval et lui fait signe d'attendre. La Kaguya va ensuite récupérer un seau d'eau qu'elle remplit directement dans la mare et l'apporte à Muteki. Le cheval observe le seau, longuement, puis le pousse avec un sabot pour le renverser. Il observe ensuite Nozomi et lui souffle dessus.

"Mais ! Mais pourquoi il fait ça ?! Amako ! Je comprend rien aux animaux moi. Viens !" Elle saisit son amie par la main. "On va lui trouver à manger et à boire en ville, ça mange quoi un cheval ?"

Soudain l'attention de Nozomi est attirée par la porte de la terrasse qui s'ouvre, dévoilant deux serviteurs. Le premier tient un seau d'eau, le second un seau de... graines ? Les serviteurs déposent les seau face au cheval qui commence ensuite son festin.

"Ah."


Nozomi lâche la main de son amie et s'approche de Muteki pour l'observer de plus prêt. L'étalon observe la petite fille et lui désigne les seaux du museau avant de hocher la tête et de poursuivre sa dégustation.

"Je soutient quand même que ça aurait été plus drôle d'aller directement chercher tout ça."

Nozomi invite Amako à venir observer l’animal avec elle, alors que Jun semble entrer dans une sorte de méditation.
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Seizu Amako
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Le canasson avait du goût, semblait-il. Il refusa de toucher à l'eau de la mare, sous le regard confus de son amie. Malheureusement pour elle, d'autres membres du clan l'avait devancée. Amako tâcha d'ignorer l'air boudeur de Nozomi, mais elle dû reconnaître que les prochaines minutes seraient sans doute lassantes. Le cheval de son côté semblait apprécier l'avoine fournie et ils constatèrent rapidement qu'un seul seau d'eau ne fut pas suffisant. La fillette soupira, avant que l'une des servantes ne vienne lui murmurer que le bidule ferrant était arrivé. Elle hocha la tête en la remerciant, avant de faire signe à Nozomi de la suivre, attrapant vaguement la bride du cheval.

« Le maréchal est arrivé, il va s'occuper de lui. Viens, je suis sûre que ce sera drôle à voir ! »

Ils laisseraient l'Ikeda seul, mais... Bah, il avait l'air concentré. Autant ne pas le déranger. L'homme qui s'était présenté à l'entrée du clan Seizu observa l'endroit avec curiosité. Ils ne faisaient clairement pas parti de sa clientèle habituelle. La gamine le salua en présentant Muteki, expliquant rapidement ce qu'elle attendait de lui. L'homme acquiesça, quoiqu'un brin amusé de se voir accueillir par deux gamines. Il les suivit néanmoins de l'autre côté de la maison, vers un coin normalement dédié aux entraînements.
S'en suivit un enchaînement d'examen de sabot et de trucs incompréhensibles du point de vue d'Amako. Mouais. Globalement, ça l'ennuyait. Elle soupira, tournant sa tête vers son amie de toujours.

« Ben ça casse pas trois pattes à un canard. »

Sans mauvais jeu de mots. Elle releva sa tête vers le ciel, s'interrogeant sur ce qu'elle pouvait faire pour pimenter cette journée. Mais rien ne lui venait en tête. L'enfant observa l'équidé qui subissait ce qui lui paraissait être mille tortures. Le temps lui paraissait subitement très long.

Elles revinrent plus tard, une fois le travail du maréchal terminé. Et la scène devant elles était cocasse ; un homme avec les poings levés vers le ciel, silencieux. Amako l'observa une seconde comme un fou, avant de se reprendre.

« Tout va bien ? »


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Ikeda Jun'ichirō
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L'ÉDEN DU VOYAGEUR (PV. Seizu Amako & Kaguya Nozomi)

OST | Whispers of Oxenfurt :
 

J'ai craqué le code ! s'enflamma le cavalier devant son public é-ba-hi, composé en majorité de canards mi-figue mi-raisin.

Craqué qui-comment-quoi ?

Bande d'amateurs ! Mouhahaha. (Le jeune homme laissa échapper un rire franc, honnête, tout droit venu de son cœur béant ; puis se retourna pour affubler les troubles-fêtes de la mare d'un index impérieux.) J'ai vu clair dans votre jeu, canards. (Il croisa ses bras, fronça ses sourcils, ferma les yeux.) Je sais pertinemment que vous vous êtes moqués de moi pendant ces trop nombreuses minutes. Mais je vais vous délivrer un aveu : il n'y a pas trente-six mille tournures de phrase pour injurier quelqu'un de nénuphar, avec tous les attributs que cela implique. (L'aventurier reporta enfin son regard sur les robes jaunes afin de sonner le coup de grâce.) Vous m'avez bien entendu ! C'est grâce à vous que je comprends votre... langage... sommaire... si on peut vraiment appeler ça un langage. Vous rendez-vous compte de votre piètre syntaxe ? Y en a-t-il au moins une ? Les cavaliers bleus vous l'auraient-ils volée, peut-être ? Hahaha. (Jun zieute les deux filles pour entendre leurs retours sur sa blague tordante, mais elles semblaient patauger toutes les deux dans la mare.) Désolé, je dois vous mettre dans l'embarras...

Le nomade gratte l'arrière de sa tête, promenant son attention tantôt sur les filles, tantôt sur sa monture rassasiée pour une semaine, tantôt sur les rebelles à plumes et à bec ayant fait du linge de maison leur terrible Némésis.

Bref ! Passons aux choses sérieuses. Pourquoi vous... Coin-coin-coin-coin. Eh, laissez-moi poser ma question ! Coin-coin-coin-coin. Mais ce n'est pas possible d'être aussi-... Coin-coin-coin-coin. Mais ! Coin-coin-coin-coin. Que ! Coin-coin-coin-coin. ... Coin-coin-coin-coin. Hm-hm. Coin-coin-coin-coin. Oui... j'ai crû comprendre que... hm. Coin-coin-coin-coin. C'est une noble cause. Coin-coin-coin-coin. Vous avez totalement raison. Coin-coin-coin-coin. Tout à fait madame. Désolé madame. Coin-coin-coin-coin. À l'avenir, j'y penserai. Coin-coin-coin-coin. Ah, c'est gentil de l'admettre ! Coin-coin-coin-coin. C'est un beau geste commercial. Coin-coin-coin-coin. Eh bien, d'où je viens, où le sable s'étend à perte de vue, on s'affaire à toujours aller dans le sens de l'autre. Si les deux partis d'un conflit prennent la peine de construire un semblant de règlement à l'amiable, on revient vite en temps de paix. Coin-coin-coin-coin. Oh, c'est magnifique. J'ai un vieux croquis de mon désert natal, si vous le souhaitez. Mais je ne suis pas certain que vos yeux, aussi jolis soient-ils, attention, puissent discerner le sens de quelconques gribouillis sur une feuille. Je sais, par exemple, que Muteki a eu beaucoup de mal pour comprendre le principe des dessins, et encore aujourd'hui il... Coin-coin-coin-coin. Muteki ? C'est l'immense bête ayant le museau dans le seau, là-bas. Coin-coin-coin-coin. C'est vrai qu'il est plutôt imposant. Coin-coin-coin-coin. Sexy ? Eh bien, je vais vous laisser le bénéfice du doute. Coin-coin-coin-coin. Oui, tout de suite ! Laissez-moi juste remettre la main sur mon ébauche...

Ainsi, le cavalier se dirigea vers le paquetage de sa monture, impatient de montrer son... art. Il se retourna tout de même vers les deux filles pour les inclure dans la discussion, et, d'une pierre deux coups, régler ce problème de vandalisme.

Ah, euh, les canards ne semblent pas avoir assez à manger.

Et ce n'était pas plus compliqué que ça, hélas.

D'ailleurs, en parlant de nourriture...
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Kaguya Nozomi
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L'Eden du voyageur. (PV. Seizu Amako et Ikeda Jun'ichirō)

Le temps semble s'écouler au ralenti alors qu'Amako et Nozomi observent le travail du maréchal ferrant. L'ennui gagne peu à peu les deux petites filles qui n'ont pas l'air enjouées à l'idée que cela se poursuive. Enfin, c'est la délivrance, Muteki est rendu aux deux petites qui peuvent enfin passer à autre chose.

"C'est beaucoup plus ennuyeux que je pensais oui..."

Et Jun'ichirō qui ne semblez pas vouloir revenir de son introspection, ça promet encore plus d'ennui ! Ah si ! Il réagit, s'enflamme, fait partager sa fierté aux canards puis entame une longue discussion avec eux.
Nozomi observe la voyageur faire avec un demi-sourire, ça au moins c'est amusant ! Elle a l'impression de presque pouvoir comprendre les canards quand Jun leur répond. Et puis c'est finalement la révélation que tout le monde attendait, le pourquoi du comment ces volatiles s'attaquent au linge des Seizu.

Nozomi roule des yeux et se tourne vers Amako. "Tu devrais leur faire comprendre que si ils n’arrêtent pas, c'est eux qui vont finir en nourriture. En plus ça tombe bien, Monsieur Jun'ichirō a faim. Que diriez vous d'une spécialité locale, les cuisses de canard à l'orange."

La petite Kaguya s'approche des canards en faisant craquer ses phalanges, bien décidée à mettre ses menaces à exécution si les futurs plats du jour ne décident pas unanimement de se calmer avec leurs attaques terroriste sur le linge.
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