[Flashback] Blades are cold [Youtō]

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Tokutoku Tokuto
Genin de Kumo
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Blades are cold
刃が寒い



▬ 12 années auparavant.

Les larmes s’écoulant le long de mes joues, les effacer d’un revers de la main, ma main effritant la peau de mon portrait au simple contact. Une main déjà si ferme, dure, qui naquit pour pourfendre, s’approprier les vies, tenir une lame avec une résolution sans pareille. C’était ce qu’ils désiraient tous. Des jours maintenant que je ne lui avais plus adressé un mot, enfin résolu à faire front de façon beaucoup moins direct, méthode correspondante à soi, quand on a quinze années d’existence. Enfin résolu à ne pas laisser mon devenir aux mains rudes de cet homme, mon propre géniteur qui n’en avait que faire de qui j’étais. Il s’entichait de celui qu’il voulait que je devienne, ses desseins malsains désirant uniquement transmettre ses idéaux aux générations suivantes.

Des jours que lui n’avait daigné poser les yeux sur moi. Pourquoi cela me faisait-il autant mal ? Alors que ma haine envers celui-ci coulait à travers toute ma chair ? L’humain est illogique, irrationnel. Mon initiative qui se retournait lentement vers ma personne dès lors que je fus confronté à l’absence de celui qui m’avait fait faire tant d’efforts. Il avait disparu de ma vie sans sommation. Se contentait de me nourrir, de me loger avec un minimum d’hospitalité, de me contraindre à ses ordres par le biais de ses disciples, des domestiques, de quoi me laisser proie des spéculations alarmantes. Comment, à quinze ans, était-on censé se débrouiller ? Me demander s’il ne fallait pas mieux mettre un genou au sol, quémander la rédemption. Spontanément, refouler cette possibilité. Il était hors de question pour ma part.

Enfermé dans ma chambre, agacé, affalé au sol, à gesticuler, gémir sans la moindre raison, sous une lune qui osait à peine chasser les ténèbres autour. Un instant de calme soudain, le regard scrutant la fenêtre et les poumons gonflés, de grandes inspirations prises. Prêter attention à mon expression signifiait alors y lire une réflexion, suivie, en une seconde, par une profonde satisfaction, une étincelle retrouvée. Qu’avais-je encore imaginé ? Un coup espiègle que je faisais vivre quotidiennement à mon créateur ? Ou à ceux qui l’obéissaient. Trop complexe. Malgré ce revirement positif qu’avait adopté mon visage, une fausse note venue entachée la toile. Quelque chose qui m’avait agacé. Mon corps se crispa, redécouvrant les joies d’être bipède, emportant dans mon ouragan le seul objet auquel je tenais, ironie du sort.



▬ Heu… Attendez. Où allez-vous Tokuto-sama ?...



Pas la moindre réponse. À la place, j’avais tourné la tête complètement, haussant les épaules, enfourchant mes Getas, résolu. Le buste droit, fer à la ceinture. Mes pas s’éloignaient de plus en plus, jusqu’à voir ma silhouette s’enfoncer à travers le feuillage enneigé de la Contrée du Fer. Il n’était jamais bon de s’y aventurer la nuit, les températures devenant l’unique ennemi de l’être vivant. J’avais marché des minutes durant, outre mon inquiétude, je pus sentir ma gorge se nouer, dans l’incapacité d’émettre un cri, une alarme. Je m’étais, l’espace d’un instant, senti menacé par la nature, idée qui fut réfutée d’un mouvement de la main, quand je pus me sustenter de l’entendue qui se tenait vis-à-vis de ma personne.

Une série de petits pas me menant rapidement au sein de cette plaine, blanche, pure. Un lac gelé en son milieu, une façade de terre ci-contre et une multitude d’arbustes, ce qu’il en restait, plutôt. Une pulsion qui m’avait mené à chercher ce lieu, malgré ces conditions. Ironie. Impulsé et dominé par des souvenirs, des habitudes. Il s’agissait simplement d’un endroit qui m’était familier, souvenirs traitant sur un père et son fils qui avait croisé amicalement le fer ici, des années précédentes. Je m’étais arrêté au milieu de ce lac, sans anxiété quant à sa dureté, sa stabilité. Rien ne comptait à cet instant-ci. La main caressant le Tsuka, l’empoignant fermement, j’étais trop hâtif, trahissant un sentiment bien plus noir.










Dégainant cette lame, source de mes maux. Des maux d’enfant mais, des maux tout de même. La lame qui attisait les sombres ambitions d’un père et qui enchantait tant un fils. Une lame que je ne voulais utiliser, qui m’apaisait quand je l’avais en main. Ce que je désirais était de pouvoir m’en servir, librement, sans devoir porter un fardeau comme je l’avais fait, jusqu’à ce jour. Librement comme à l’instant, sur cette couche glacée. L’espace de quelques minutes, la plupart des rongeurs et autres êtres diurnes avaient déjà pris la poudre d’escampette, de sorte à ce que je sois unique, dans cette plaine, m’agitant, comme dansant au gré du fer qui arrachait flocons et air, qui séparait le haut et le bas de toute chose.

J’appréciais. Une idée qui me noyait dans une rage noire. Rien qu’en me ressassant mon géniteur, en me faisant cette réflexion. Il avait sûrement eu ce qu’il voulait, en somme. Je ne pouvais pas lutter indéfiniment contre ma nature. Il le savait sûrement, il ne se souciait pas plus que ça, je supposais. Il avait conscience que ma lame était devenue une véritable extension de moi-même, qu’importent mes idéaux. J’étais le fruit de son apprentissage, selon toute vraisemblance. Mes joues se gonflèrent de nouveau, les paupières jointent, essayant de contenir ce que je ressentais. Difficile pour celui que j’étais à cet âge. Les larmes coulèrent en même temps que le métal sévissait sous cette pleine lune éclatante.

L’espace d’un instant, je me sentais libre de mes émotions, chose que je n’osais faire devant ces gens. Le faire était synonyme de disgrâce, de faiblesse. Libre de tournoyer comme je le voulais, mes mouvements se faisant de plus en plus hâtifs. Tournoyer jusqu’à ce qu’il ne reste rien, de ce qui m’entourait. Feuilles, arbustes, neiges. Tournoyer jusqu’à m’en rendre compte et planter la lame au sol. Je m’étais haïs, j’avais aimé ce que je venais de faire, plusieurs minutes déjà à m’entraîner dans ce milieu. Les paumes venant essuyer mes pommettes déjà glacées, un bruit minime se fit entendre, bien assez important pour m’alarmer. Les pupilles se relevant, le portrait méfiant, haletant.







▬ C’est qui ?...




Une question à priori simple, mais qui révèle de l’inquiétude. Dans l’environnement actuel, qui avait pu suivre mes traces ? Mon géniteur ? Les domestiques ? Quelque chose de bien plus sombre ? Il n’était jamais bon de sortir à ces instants, malgré le statut de contrée en paix du Pays du Fer. Pour autant, qui pouvait affirmer que j’étais sauvé ?
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Kitase Youtõ
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BLADES ARE COLD
ft. Tokuto & Youtõ

Youtõ tardait tant dans la nuit que dans ses souvenirs, relaxé contre une dalle au sommet d'un des premiers bâtiments ayant érigé à Kiri no Kuni, le jeune s'évanouissait dans d'éparses rêveries comme les rejets nicotinisés de sa cigarette. Le roux avait passé une bonne soirée accompagné de ses frères, songeur, celui-ci s'était écarté de l'agitée bâtisse pour repenser à diverses actions que son père avait, une nuit, effectuée sans qu'il ne les comprenne. Ses yeux se fermaient aux grès de ses songes, ses doigts parcourant les marques brutalement laissées par celui qu'il appelait "son père" environ une douzaine d'années plus tôt.

**

Le rouquin, comme on l'appelait dans la famille, était le seul à ne pas avoir une chevelure pigmentée dans le brun. Si certains rigolaient lâchement sur l'origine du bambin, les deux parents n'étaient pas sans savoir que quelques puissants Kitase étaient ainsi coiffés.
Cette journée, spécial pour le jeune garçon d'une dizaine d'année, débutait par un entraînement à l'aube délivré par son père et tout ça sans que la madre ne l'apprenne. En effet, ayant perdu des proches à elle faisant dans le mercenariat et l'utilisation du chakra, celle-ci refusait catégoriquement qu'un ou plusieurs membres de sa famille n'ose y toucher.

C'était l'explication couramment délivrait par Shuuhei, le père de Youtõ. Le roux était d'une rigueur et d'un talent époustouflant pour un jeune de cet âge-là; son père se plaisait à dire que le talent des siens avait sauté une génération et s'était déposé au creux des paumes du garçon. Peut-être même trop, ce que personne n'eut le loisir de dire au flamboyant, c'est que son pouvoir n'était autre qu'une assimilation; celle-ci débutait à peine le chakra commençait à voyager de tenketsu en tenketsu dans son petit corps encore peu résistant.
Le soucis avec l'assimilation de la branche familiale à Shuuhei? Celle-ci était particulièrement agressive. La raison des tatouages qui ornaient les corps de leurs familles depuis quelques années n'étaient pas que décoratif. D'après son père, moins on en avait réparti sur le corps, plus on maîtrisait son élément.

En tout cas, c'est ce que Youtõ retint par brides de cette soirée, semble-t-il, douloureuse à ses mémoires puisqu'il n'arrivait à se souvenir que de brefs souvenirs. Ceux-ci, emplit de douleur, d'incantation et d'une aride odeur de peau carbonisé.  
Le jeune garçon avait passé sa journée enfermé dans une pièce à se faire graver sur le corps diverses incantations que son père, infâme ninja, n'avait certainement jamais pris la peine d'apprendre correctement. Cela donnait quelques marques asymétriques répartis sur l'ensemble de son corps. Néanmoins, l'opération fut un succès et Youtõ fut dès lors privé de son Kekkai Genkai et d'une grande partie de la maîtrise de son chakra; de toute manière, personne dans les froides contrées de Tetsu n'était capable de lui apprendre à maîtriser son pouvoir.
Shuuhei se rabattit donc sur l'unique art qu'il maîtrisait... Le sabre.

**

La cendre de sa cigarette tomba sur sa tenue cérémonial, débraillé et peu entretenu, celle-ci n'était mis en valeurs que par la posture imposante du pire garnement de la fratrie. Celui-ci s'épousseta tout en envoyant le mégot un peu plus loin, jaugeant l'incandescence de ce dernier, ses yeux se perdant dans l'obscurité totale causée par le manque d'aménagement de son village et la brume condensé qui le coupait du monde. Ses doigts parcoururent doucement ses cicatrices, tressaillant en sentant les rebords enflés de celle qu'il avait récemment fait sauter en concentrant une importante dose de chakra dans la zone.

**

Le roux fuit la dispute futile de ses parents; malheureusement sa mère a réussit à comprendre leurs manigances et manifestement celle-ci était tout sauf en accord avec les choix du mâle de la famille. Youtõ soupira du manque de prise de position de son père, celui-ci était certainement entrain de faire sombrer la totalité de sa famille dans une vie d'infériorité et de peur. En effet, les Shinobis étaient partout, surpuissant, capable d'éliminer des civils par centaines sans éprouver une once de pitié -du moins c'est ce qui était dit dans les récits, ainsi que ce que le commerçant du coin lui racontait-. Le roux rêvait d'être un bon ninja, un capable de faire des choix, de protéger les siens ainsi que les faibles, d'ériger un endroit à lui à l'orée du monde. Chasser pour vivre, se satisfaire de conditions primaires.

Alors que ses pas le perdaient, bien loin de sa bâtisse, le jeune rouquin fut surpris par quelques halètements... Par une danse aux allures sublimes par la désinhibition dont elle semblait faire preuve. Il tranchait feuilles et branches qui tombait autours de lui, ses cheveux d'ébènes reflétant les reflets d'une lune pleine; Youtõ passa ses doigts sur le tranchant de son sabre fait d'un acier médiocre et re-pensa aux enseignements délivrés par son père. Avait-il seulement le niveau pour s'enticher d'un tel combattant avec la totalité de l'expérience en la matière de son père? Le roux renifla, dédaigneusement, son père n'avait aucun talent dans la matière et, bien qu'il fasse son possible pour les faire vivre, il était à mille lieux de pouvoir défendre même le cadet de sa famille -ou sa femme-.

Une voix quasi-aussi juvénile que la sienne s'éleva du danseur, ses yeux pointés farouchement dans sa direction. Sans crainte, quelqu'un délivrant une danse aussi pur pouvait-il seulement être mauvais? il s'approcha du brun. D'une taille bien supérieur à la moyenne, ses cheveux flamboyant volant aux grès d'une brise qu'il ne contrôlait pas, le garnement faisait plus d'une dizaine d'années bien qu'il ne les eusse pas. « Enchanté, Youtõ, je passais par-là et... » Comment le lui dire? "Je meurs d'envie de voir si je peux enfoncer mon sabre à travers ta jugulaire?" Ce besoin infâme de supériorité refoulé depuis si longtemps face à son père et sa mère; cette envie infâme de devenir fort, de se confronter à d'autres hommes capable de faire ces actions sur-humaines. Le Kitase passa sa langue sur ses lèvres, une décharge d'hormone délivrant à chaque partie de son corps un frisson difficile à contenir, il se contint.
Le temps s'écoulait lentement, mais viendrait assurément un jour où il pourra se livrer à ses jeux méprisants.

Le roux délaissa son katana de son fourreau. Désireux de tenter, de voir où il en est, incapable de résister. Ses yeux figés dans ceux du présent danseur, était-il vrai que deux combattants réussissaient à ce connaître aux simples sons de leurs lames s'entrechoquant? Toute cette rage contenue, cette envie d'être quelqu'un, de ne pas s'enfermer dans la prison qu'avant lui son père n'avait su briser. Ses sceaux encore brûlant, répartie sur tout son corps, se mirent à luire à peine chercha-t-il à concentrer une minime quantité pour charger. Cela résultat d'une brève accélération et d'un coup horizontal simple de droite à gauche. Déjà prêt à sauter en arrière, esquiver une charge mortelle ou peut-être une estoque quelconque. « Et je meurs d'envie de savoir à quel point je perds mon temps ici! » Conclut-il.
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Tokutoku Tokuto
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Blades are cold
刃が寒い



▬ 12 années auparavant.

Pas prêt à me lasser de cette sensation. Une excitation, crépitant, à me faire saliver. Danser avec sa lame, sans attache, jusqu’à s’envoler, toute belle métaphore de sortie. Mon œuvre était fantastique, c’était du moins ce que j’imaginais. Si fantastique qu’elle fut épié, au loin, discrètement. Non pas par les nombreux nyctalopes infestant la Contrée glacée, à l’écart, par peur de d’être plus familier avec le fer de cette lame agrippée par mes soins. Non pas par ces nombreuses bestioles gravitants, qui tâtonnent autour, lucioles et papillons. Un tout autre genre de parasite, type bien plus imposant qu’un insecte lambda, bien plus humain. Que faisait-il, cacher contre ces arbres ? Curiosité ? Aimait-il ce genre de balade nocturne ? Si seulement.

Que mon portrait s’incline de gauche à droite, rien n’y faisait. Peu importe l’angle dans lequel je voulais le contempler, il n’en demeurait pas moins difficile à cerner. Aux aguets de la moindre gestuelle, du moindre froncement de sourcil, du moindre frémissement dans ce qu’il dégageait. J’étais paranoïaque, ne serait-ce que quelques secondes. Quand il se mit à approcher, gesticuler, un sursaut m’emporta, son corps s’extirpant des ténèbres et se révélant beaucoup plus abordable que je l’avais imaginé. Un enfant, comme je l’étais à cette époque, aussi, voir plus grand que ma personne, ce qui n’était pas en soi une tâche hardie. Il était cependant différent par bien des aspects, différent de ce gamin chétif que j’étais.

Ce truc qu’il avait. Cette façon de s’exprimer, ce que dégageait son regard, ce qui recouvrait abondement sa chair, sa posture se faisant plus alerte et défensive que jamais. Se cacher en empruntant la forme d’un enfant était une bonne ruse. Faisait-il parti de cette caste ? Pourquoi révéler son nom ? Bien la première fois qu’il arrive qu’un assaillant se présente à sa cible. Est-ce que le soupçon de menace n’avait plus raison d’être ? Rien n’était sûr. Une drôle de sensation, tout de même, s’échappait des propos de ce garçon. Il semblait se retenir, s’être retenu après sa présentation, comme-ci il ne voulait pas m’effrayer, pas pour le moment. Juste le temps de prendre appui, de foncer toute animosité de sortie en ma direction, une coupe en horizontale simple, létale.

Les yeux exorbités essayant de suivre le mouvement, je m’étais crispé, le dos voûté vers l’avant, enivré par cette envie de survivre à tout pris après son assaut. Il ne me fallut pas plus de temps de jauger sa dangerosité.





▬ Mais qu’est-ce que tu fais ? Tu es l’un de ces hommes... Ceux qui désirent apporter la Guerre au Pays du Fer ?




Avais-je perdu la notion d’âge ? Non. Simplement, omettre. Pourquoi m’attaquerait-il, sinon ? Couper court à son assaut en y opposant ma propre lame, les métaux s’entremêlant, les os de mon corps frémissant. Cet assaut n’était pas sans conséquence. Il y avait l’envie de me scinder en deux, comme-ci il appréciait le faire. Apprécier le meurtre. Le katana vibrant encore, il recula à la seconde même où mes nerfs se mirent à l’action, pour essayer de le surprendre. Vigilant. Mon corps réagit aussi, puissante détente amorcée par la réaction de l’étranger, comme un miroir. Un recul mesuré, j’avais également pris mes distances, mes tambourinements cardiaques s’apaisant petit à petit. Je n’avais auparavant jamais eu à affronter sérieusement une menace, porter ce fardeau sur mes épaules.

Mes mirettes se tournèrent vers l’énigmatique. Scruter chaque parcelle de sa chair, pour voir ce qu’il était, plonger dans ses yeux. Ses yeux qui disaient le rien qui le retenait lui de fondre sur ma personne, m’assener ce coup létal. Mes yeux dans les siens, partageant par la suite mon irrémédiable envie de le faire taire. Il n’était pas le seul à savoir communiquer de cette manière. Quatre secondes. Le temps que prit l’atmosphère pour comprendre la situation. S’imbiber lui-même d’une tension, insupportable pour l’extérieur. Plaine grouillante de vie nocturne il y a de ça quelques instants. Désormais, plus le moindre bruit. Balayer du regard la zone, le décor. Toute conceptualisation d’une autre alternative s’effaçait de ma raison.




▬ Je t’ai demandé qui tu étais !



Craquement aux articulations du corps lors du mouvement, coupe horizontale en réponse, au niveau de la cuisse, non pas pour en priver à jamais ma cible mais, de quoi le neutraliser pour un temps. Tenter de tuer, moi pour, en ce temps-là, était encore impensable.
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Kitase Youtõ
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BLADES ARE COLD
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**

Les lames s'entrechoquèrent dans un fracas pour Youtõ. Des étincelles naquirent de sa lame brûlante de curiosité, extension de son être, hymne de son animosité tue en cet instant. Calme et serein, cela faisait maintenant des années qu'il n'était pas apparu ainsi devant quelqu'un, qu'il ne s'était pas senti aussi sûr qu'il se trouvait sur la bonne voie. Tel un félin, ses poils étaient hérissés, ses muscles inférieurs bandés et mis en semi-flexion, prêt à réagir à la moindre stimulation nerveuse. Ses yeux ne quittaient plus le farouche danseur, qui bien qu'il lui opposa une lame pleine de doute, semblait se transformer en quelque chose d'inconnu pour le rouquin. Était-il une proie? Cette force rude qu'il lui avait opposé semblait hors de porté pour le Kitase.
Ce sourire débridé ne quittait plus son sombre visage; il s'était éloigné de l'inconnu d'une agile pirouette.

Youtõ observait sa lame, ne craignant pas une attaque de l'inconnu, sèche et en mauvais état, celle-ci arborait déjà des esquisses de leur précédent échange. Enivré de ces sensations qui, lors de la dite passe d'arme, avait envahi son être entier; un mélange de bien-être, de sérénité, mais aussi une peur immense. Celle-ci avait assagi ses sens, les avaient rendu plus avenant à une quelconque riposte. Son cœur semblait avoir pris possession de l'ensemble de sa poitrine, il observa cette "adversaire" ayant presque autant reculé que lui. Le flamboyant garçon estima que, lui non plus, ne comprenait cette effervescence de sensation qui perturbait son être et qui lui demandait... encore et encore... de réitérer son geste.
Loin d'être sûr de pouvoir tuer, celui-ci se satisfit du visible écart de niveau qui semblait les séparer pour se dire que tout se passerait bien.
Écoutant les quelques dires de son compagnon; il ne quitta sa lame que pendant un instant, pour observer le regard peureux du basané qui lui faisait face... « C'est la première fois que je ressens ça... C'est enivrant? impressionnant? » Commença-t-il, avant de retourner à son épée. « Aucunement, j'ai juste été émoustillé par ta danse et je désir un peu confronter mon enseignement au tiens... Maintenant, en garde! »

Et, alors même que ces doux mots furent prononcés, il eut le loisir d'observer la charge farouche d'un adversaire différent.
Le corps de Youtõ vibrait encore du précédent échange, au rythme de son cœur endiablé, de son épée et de son avant-bras tonitruant. Sa lame plaçait en diagonale, chacun de ses yeux observant d'un côté de l'épée, celui-ci observait le mouvement de son adversaire et se préparait à préparer un contre à peine l'épée de l'inconnu déplacée. Son regard s'était chargé de révolte, l'animosité semblait aussi s'éprendre et se rependre dans son système sanguin.
L'épée de son adversaire se déplaça, sa lame divisant le corps de l'animal lui faisant face en sa moitié, Youtõ détecta immédiatement l'inclinaison prise par l'épée de son adversaire. Son corps, tel celui d'un animal chassé, répondit dans l'instant. Des réflexes, qu'il s'ignorait, prirent le contrôle et il projeta son épée vers le bas, très peu puissant par rapport à son adversaire qui bénéficiait tant de sa force que de celle engendrée par sa vitesse; le katana de Youtõ rencontra celui du lion et vibra à nouveau des sentiments puissants de son adversaire.
Comme si c'était prévu, le jeune forgeron laissa le mouvement engendré contrôler ses fibres et s'en alla d'un saut provoqué par la force de son adversaire. Bien moins puissant que le précédent choc, le roux se satisfaisait du désir qu'apporter ces passes d'armes plausiblement mortelle.

« Ta mère ne t'a pas donné de nom pour que tu te refuses ainsi à me donner le tiens? Je t'ai déjà répondu... » Soupira-t-il avant de reprendre, se grattant nonchalamment le dos avec la pointe de son épée. « Kitase Youtõ, enchanté, et puisse ce combat nous apporter expérience et agrément! » "Et la mort nous épargner?"

**

Alors qu'une nouvelle cigarette se nicha entre ses lèvres, que son regard de feu sembla se suspendre à une lune invisible, celui-ci déplaça doucement sa main le long de son corps. Caché par ses habits, à milles lieux de ses tatouages, la brulante cicatrice de son avidité, de sa curiosité infantile. Longue d'une vingtaine de centimètre, sa première mise-à-pied, une inclinaison de quelques degrés inférieurs auraient certainement délogé son poumon de son antre pour lui occasionner des dégâts mortelles. Un nuage de fumée s'empara de ses songes et les emmena bien loin, car le voilà bien vivant de nombreuses années par-après.

**

Cette fois-ci, son chakra, concentré en bien trop grande quantité dans le sol, assimilé au niveau de ses membres inférieurs lui permis de se déplacer rapidement sur la droite. En soit, il était passé au-dessus de l'épée du brun avant de se déplacer rapidement sur le côté. Tout en tournant sur lui-même pour se remettre face au lion, celui-ci se préparait à bondir en cas de soucis pour une nouvelle pirouette.


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Tokutoku Tokuto
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Blades are cold
刃が寒い



▬ 12 années auparavant.

Un gros morceau sur lequel j’étais tombé. Gros morceau qui me faisait frémir. Ce soir-là, quelque chose s’était ajoutée entre ma danse et moi. Curieux…. Un peu trop curieux, même. Quelle force de  conviction. Quelle technique pour cette apparence chétive, un gamin qui n’en était pas un. Constatation qui ne tarde à faire apparaître mes premières grimaces. Non pas qu’il me fasse si peur. Plutôt de la méfiance, dans sa forme la plus immaculée. De la méfiance de par qui il était, ce qu’il représentait. Ce qu’il me voulait, en sommes. Des intentions qui sont claires. Il voulait ma chair, tout ce qui me constituait, pour la fendre de son fer, sommairement. À quand datait ma dernière joute sérieuse avec mon père ?

Frustration de tomber sur une adversité qui refuse de fléchir. Mes entraînements n’étaient pas aussi réels, ma première impression. J’étais la proie d’un fauve rubis. Rubis peu accommodant ne me laissant pas un temps pour expirer, songer. Fermement lancé vers ce parasite, il ne broncha pas au coup porté vers sa cuisse, enragé, bien au contraire, y opposant sa lame avec vigueur pour la bloquer d’un coup net. J’étais peut-être plus fort, physiquement, à ce moment-là, mais il avait une hargne sans pareil. Détermination à survivre à cette offensive. Proie qui s’envole. « Qui est-il ? ». Il s’était niché à mon flanc, esquissant quelques paroles, provocatrices, que je ne pus même pas répondre.

Il avait quémandé mon identité, pourquoi ? Encore une fois. Le prédateur s’authentifia, Kitase Youto aimait-il à dire. Je n’avais jamais entendu ce nom, dans les contrées nordiques du Pays du Fer. Il était peut-être en train de me duper ? Peut-être était-il sincère ? Il ne tarda pas ce pendant, sans temps donné pour une quelconque réponse. Vive douleur en amont de mon mouvement. Je m’étais déplacé, de réflexe, quand il finit son monologue. Rien ne lui ferait lâcher prise alors qu’il venait déjà de faire couler mon sang. Son fer qui lécha mon bras, ma chair, alors que je fis deux pas en avant, éviter de devenir sa proie, moins qu’à l’accoutumé. Rouler sur ce sol affublé de quelques tâches rougeâtres. Rouler, non de douleur, mais pour se remettre en position. Trop d’adrénaline pour, à ce moment-là, ressentir cette blessure.




▬ C’est quoi ton problème…



Paix inaccessible. Mauvais constat, que je ne pouvais encore supporte plus longtemps que cela. Mes prunelles qui le visaient, perçaient son corps, sa défense, un regard rageur. Un regard qui ne masquait en aucun cas mon animosité présente. Prunelles ô combien désappointées de ne pas pouvoir se débarrasser de ce problème, la satisfaction de se débarrasser de cette gêne. Il m’avait piqué, là où il fallait.




▬ Kitase… You.. Youto ? Un Samurai ne refuse jamais un combat. Tokutoku Tokuto.



Un coup droit, vers l’aisselle, son bras étant sûrement encours tendu de son geste. Je m’étais également avancé, en plein mouvement, pour accentuer mon allonge.
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Kitase Youtõ
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BLADES ARE COLD
ft. Tokuto & Youtõ


**

« Qui es-tu? Si ce n'est le fruit future de mon ambition démesurée? » Questionna-t-il cet homme du regard tant dis que sa lame tranchait. Le sang gouta et Youtõ s'arrêta net. Était-ce ça? Trancher la chaire? Un frisson parcouru son être dans un instant qui sembla durer une éternité, son corps ne semblait plus être capable de répondre à ses demandes et une fatigue immense, tant engendrée par la pression mentale que par les capacités physiques qu'il avait demandé à son corps, l'immobilisa l'espace de quelques secondes.
Et une douleur vive le prit, le dénommé Tokuto s'était accroché à la vie. C'était donc ça d'être vivant? Un sourire naquit sur ce visage dont les muscles étaient tordus en une mimique de douleur. « C'est fabuleux. » S'entendit-il prononcer alors qu'il s'écroulait. Le sabre avait empalé l'extrémité de sa cage thoracique, lui offrant une balafre plus belle que profonde/dangereuse.

Une première expérience, un premier combat. L'âme peinée d'une défaite, la rage solennelle de la victoire revint au galop. S'il s'en sortait, le flamboyant Youtõ ne s'écroulerait plus jamais. Une promesse au claire de lune? Y avait-il plus éternel juge? « Premier combat, première blessure. » Rigola-t-il, persuader que son compagnon n'ira plus loin. En effet, aussi étonnant que cela puisse paraître, les échanges entre le Kitase et Tokuto lui avait permis de le connaître, de le comprendre. Il sentait autant la rage que la peur dans cette épée, était-ce pareil de son côté? L'avait-il sondé mieux qu'il ne se connaissait?

La lame émoussé du combattant s'écrasa au sol et il se laissa aller dos-à-terre. Son regard dans une nuitée magnifique, l'éclatante lumière de la lune le laissait pantois, était-ce une bonne chose de ce battre sous un tel tableau? Youtõ en était certain, cela valait le coup. Un sentiment sombre commençait déjà à naître au plus profond de ses entrailles. L'envie, la luxure de la puissance et de la domination. Le garnement rougeoyant aura beau s'en défaire toute sa vie, il se savait dépendant de ce sentiment fort. Le Kitase voulait dominer, que ce soit les autres, les siens, le continent ou même le monde. Mût d'une motivation nouvelle, celui-ci mettrait ses basques hors de la maison dès son retour pour s'en aller trouver un maître.

« Où as-tu appris à te battre? Tu sais où on peut progresser mieux qu'ici? » Le questionna-t-il immédiatement. « Tu voyages? C'est comment ailleurs? » Lui demanda en plus le garnement, fort en curiosité, que l'inconnu terrassé autant qu'il le fascinait. La peur n'est-elle pas la clé de tout?    



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Tokutoku Tokuto
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Blades are cold
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▬ 12 années auparavant.

Un regard glacial d’asséner à la menace échéante. Si sa dernière impulsion avait été puissante, sa stature tient de la maladresse. Assaut bestial, sans l’expérience quantitative d’éons dédiés aux armes martiaux. Sans la qualité franche. Une attitude bien familière du prédateur post-présent que j’allais devenir. De fait, lire en lui de façon limpide. Ne pouvoir réagir à temps, la réplique à apporter, elle, coulait par contre de source. Il ne m’avait suffi que de quelques pas pour voir l’hémoglobine s’écouler le long de son flanc, estomaquer, première fois que j’en arrivais à de tels extrêmes. Revoir la vision de mon géniteur ce jour-là, fendant la chair de son bras, me forcer à regarder. Mes yeux traduisant mon horreur.

Les yeux de l’adversité, aujourd’hui, qui n’avaient pas trichés, également. Ils esquissaient un état : la résignation, sommaire. Devant la menace, la réaction qui ne se faisait attendre. S’écrouler, s’affubler des conditions et de la neige immaculée, pour calmer les maux. Paroles qui ne manquèrent pas, par la suite, de me déconcerter, comme le montrait ma mine hébétée. Où avais-je appris mon art martial ? N’était-ce pas évident ? Nous étions au Pays du Fer, endroit dédié à cette maîtrise. Me dire qu’il devait venir de loin ou alors, qu’il n’appartenait à aucun Dojo, tout simplement. Au moins, son désappointement m’avait permis de reprendre mes esprits, avoir la réflexion nécessaire pour me rendre compte que ce que j’avais entrepris n’était pas moi, ce qui me constitua jusqu’à présent.





▬ Qu’est-ce que j’ai… Eh ! Tu perds du sang ! Attend… Désolé… Je vais devoir prendre du tissu à tes vêtements…




Et là, le souvenir des jours funestes où mon géniteur se faisait panser. Ses nombreuses blessures dues aux combats réels. Le travail qu’il effectuait sur ces terres. Il faisait parti de ceux qui travaillaient à la survie et à la prospérité de cet endroit, empêcher la peste de s’y installer, comme elle l’avait fait à de nombreux endroits. Une pratique sauvage que j’avais du mal à comprendre, en l’état, malheureusement bien trop conforté dans mon cocon. Le monde était bien moins ample que mon imaginaire. Des pratiques d’individus que j’ignorais, une violence faite au nom de clans et d’hérésie… D’ailleurs, comment les appelait-on, ces gens ? Shinobi ?




▬ C’est tout ce que je sais faire, mais ça ne devrait pas saigner maintenant… Et, hmm… Je n’habite pas loin… Enfin, j’habite dans un Dojo avec mon père alors il a fait de moi son élève… Je me demande aussi comment c’est, de l’autre côté de ces montagnes. Fioooooouuu. Youto, c’est… C’est ça ? Pourquoi tu m’as attaqué ?




Essayer de mieux comprendre la situation, comprendre celui que je ne connaissais pas encore. Abaisser ma garde, ce que nous avions partagés en échangeant nos coups étaient bien plus singuliers que ce que j’avais imaginé. Parler avec nos lames.

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Kitase Youtõ
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CHAPITRE 0 - BLADES ARE COLD
ft. Tokuto & Youtõ

De la colère et de l'incompréhension naquirent un combat, de ces mêmes sentiments déboula une imprévue: l'inquiétude. Alors qu'il y a à peine quelques instants ces deux garnements se mettaient proprement sur la gueule, déboulant tout un tas de stratégie afin de peut-être remporter cette joute juvénile; Youtõ laissa son compagnon d'une nuit faire son pansement.
Cela ne l'empêcha pas de décrire ce teint foncé rare aux pays des flocons, il faisait à peu près sa taille, mais sa famille l'avait toujours décris comme extrêmement bien formé malgré son âge. Le Kitase apprécia ce sentiment de plénitude qui l'avait emplis après ce combat, cette colère qui précédemment l'habitait l'avait quitté.

Le roux se laissa aller quelques secondes à un soupire, sa tête en arrière, tant dis que le brun finit le bandage. « Pourquoi? » Soumettra-t-il aussi la demande à un inconscient précaire, quelques années plus tard; dans l'immédiat cela n'avait aucune importance pour le jeune garçon. « J'avais envie de tester mon niveau, je pense... Commença-t-il. Après t'avoir vu ainsi danser j'ai juste eu envie de tester ma lame contre la tienne. »

Youtõ se laissa néanmoins aller à des sentiments plus sombre après cette explication. La dureté de la défaite laissait à ses tripes une amère blessure. Son père lui avait ainsi appris à vaincre, tant dis que le sien se laissait aller à de veine supplication en direction de sa maternelle. L'élève de Gaïa, d'un naturel perspicace et talentueux, s'était simplement laissé aller à de terribles heures d'entraînements solitaires. Les siens commençaient à faire naître dans son fort intérieur de sombres intentions, il ne souhaitait actuellement que la force et la souveraineté; aujourd'hui il s'inclinait.

« Combien doit-on payer pour s'entraîner dans ce dojo? » Questionna-t-il l'enfant.




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Tokutoku Tokuto
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Blades are cold
刃が寒い



▬ 12 années auparavant.

Figée. Petite bête. Petite bête qui vacillait entre plusieurs alternatives. Fuir ? Mais, s’il disait la vérité ? Ne pas avoir la force de le laisser dans cet état. L’aider ? L’âme confuse, écœurée à la vue du sang. Ainsi, pouvoir le sonder, le jauger. Savoir s’il n’était pas cette peste venant s’abattre contre ces terres blanches. Rester encore un tant soit peu afin d’en décider. Progressais-je de quelques centimètres mon ancien ennemi que je portais alors ma lame vers son bras. Le confondre enfin ? Non. Lui couper tout simplement du tissu, contraindre sa plaie béante. Le sang qui s’encrant dans ma main. Première fois que j’en faisais couler celui-ci d’autrui.

Blocage, de quelques secondes, avant de continuer sur ma lancée. Bandage de fortune. Blessure qu’il se devait de soigner, après. Y glisser un peu de neige, pour atténuer la douleur, au moins pour quelque temps, tout du moins. Reculant de quelques pas, m’éloigner. Deux potentiels prédateurs qui se guettent, selon toute évidence. Croiser le fer avait fait naître une rivalité soudaine, certaine. Détester cette sensation. Ne pas vouloir lui tourner dos. À l’affût constant. Dans cette tension ambiante palpable, le voir briser tous les codes en répondant à mes précédentes interrogations.

Affirmer qu’il ressentit juste ce besoin, primaire. Fendre l’air, fendre ma lame, fendre ma chair. Idée que je réfutais. Idée, pourtant, que j’avais assimilée. Que j’avais compris. Soudaine pulsion qui rattache la main au fer. L’envie brusque de la manier, d’en faire son extension. J’en étais sujet, vraisemblablement. Coup d’œil vers mon vis-à-vis, les lèvres tremblotantes, blessure au flanc qui ne cessait de couler abondement, elle aussi, la gelure la dévorant.



▬ Mais… Alors ça veut dire que tu n’as pas de maître, toi ? Où as-tu appris à te battre, comme ça ? Ce n’est pas possible… Tu m’as même blessé.



Un masque faussement imperturbable. Stoïque, l’attitude pourtant béate, l’air de ne comprendre la situation. Comment avait-il fait ? Tant de choses que je n’avais éclaircie. Le sentiment d’être victime du contexte, de ne pouvoir retrouver les commandes. L’atmosphère qui s’apaisait au fur à mesure que nos langues se déliaient, en profiter pour soupirer. Inspirer et expirer, m’en remettre du stress du premier combat. Lui, n’en souffrait pas, visiblement. Essuyer de ma main le sang coulait de ma chair qui avait déjà tâché ce sol immaculé. En profiter pour empoigner mon sabre encore au sol, le planter entre nous deux. Ma vue dans la sienne. M’asseoir, tout simplement.




▬ Non. Le maître doit te trouver digne et ainsi, il t’enseignera son art… Il te faudra dire adieu à tout ce que tu connais… vivre… vivre pour les arts martiaux… Je ne t’ai jamais vu dans l’coin. Ta famille également. Tu viens d’ailleurs ? Est-ce que tu as déjà vu à quoi ça ressemblait, en dehors de ce pays ?!



Faible créature qui désirait s’extirper. Effrayé. Dévorer l’autre du regard pour qu’il puisse me dire ce que je désirais savoir. Savoir s’il y avait un paradis au-delà des plaines glacées.

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