L'œil du démon — Shinsuke.

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Jiā K. Yû
Jōnin de Suna
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Dim 25 Mar 2018 - 21:44
 
Je dors avec un œil ouvert pour ne pas être leur proie.

L'arc enraciné à une échine usée, des flèches dansant sur des omoplates et une crinière coupée aux épaules. Tu avais permuté cette cascade de cheveux pour un carré déchiré au kunaï, dont les mèches fouettent les pommettes rondes. Elles apportent de la douceur sur ce visage animé d'un regard incendier. Tes iris semblent avoir la vision des sept enfers, du démon, des péchés, de la fatalité, du venin. Comme une créature empoisonnée, tu pourfends le crachin auréolant les pics glacés. Sous ta langue, le poison s'amasse et vient lustrer tes lèvres d'une lèche fougasse. Tu avais semé ton époux et sa satanée monarchie derrière des pas rapides, ayant échappé aux griffes en te jetant dans la gueule du loup. Dans cette contrée, la température différait. Le froid plante ses crocs dans ta chair, et tu ne prends pas même le temps de refermer tes bras sur ton buste pour tenter de te réchauffer. La haine suffit à calciner ton âme. Le zéphyr soulève cette masse capillaire, emportant sa fragrance dans un même temps. Les sentiers sont asséchés de traces humaines et ta seule compagnie est l'étalon couleur pénombre qui suit l'ondoiement de tes hanches. Ses sabots camouflent les minuscules empreintes laissées dans la boue, ses côtes secouées par la vague de besaces débordantes d'armes.

Les frontières apparaissent, cadenassant une cité échauffée. Elle hurle de tout son acier, son bois, ses habitants fonctionnant comme des muscles pour la faire avancer. D'ici, tu ressens sa vivacité essoufflée et pour y accéder plus rapidement, tu enjambes ton cheval. D'une tape sur la croupe, il se cambre et s'élance dans les layons marécageux. Un rictus se dessine sur ta bouche, déformant ta mâchoire – il avait tout planifié depuis le début, manipulant ton existence comme une marionnette contre le papier de la cupidité. Mais aujourd'hui il ne s'attendait pas à te voir abîmer la bulle d'existence dans laquelle il se renfermait. Tes poignets se heurtent pour former une croix, déchirant l'horizon d'un portail dans lequel vous vous engouffrez. En passant l'orée astrale, tu laisses échapper un éclat qui vint tintinnabuler entre les montagnes et élever un nuage d'oiseaux autour des hauteurs.

À l'arrière d'une vitre, ton âme te fait face. Tu hésites un instant avant de pousser la porte des enfers. AKAMAMUSHI. Littéralement, la vipère rouge. Tes informateurs t'avaient soigneusement conseillé de t'y rendre pour le trouver. Ta paume expulse la barrière entre ces deux mondes et tu prends une grande inspiration L'intérieur était plongé dans une pénombre angoissante, maintenue par un faible éclairage rougeâtre. En effet, c'était un bar. Et toutes les charmantes créatures qui le peuplaient semblaient toutes droit sorties d'un cauchemar. Le rouge à lèvres couleur sang frais des femmes s'accordait avec le vin, liqueur dionysiaque, servie par litres. Leur quasi-nudité allait presque de pair avec la pâleur chaude des lumières. Les divans semblaient confortables. Détail inutile, certes, mais il te paraissait être le seul élément familier, alors que tu te perds dans les méandres d'un univers hostile, dangereusement inconnu. La musique était forte, une odeur chargée de senteurs différentes plongeait l'atmosphère dans une lourdeur entêtante. Des masques noirs recouvraient les visages pâles et inquisiteurs de ceux qui l'entouraient. Eux non plus n'avaient rien d'humain. Parmi eux, tu le cherches, errant dans le tumulte. Comme une chimère ébène, tu te noies dans l'atmosphère. Des femmes dansent et tournent contre des barres froides, se juxtaposant dessus comme des filtres brûlants. Les hanches et les crinières ensorcellent les hommes les plus hypocrites, tandis qu'elles attisent la pitié de ceux qui tirent sur leurs cigarettes, dans les limbes du bar, le regard se baladant sur les imperfections de ces corps mutilés. « Où te caches-tu, sombre connard ? » Quand soudain, il apparaît. Reculé, à l'arrière d'un rideau de perles, dans l'ambiance feutrée et langoureuse, un verre coincé dans les mains.

Un tourbillon d'éclats. L'élixir jaunâtre s'échappe, le puzzle de verre se disloquant au sol. Tu souffles contre ton arc que tu abaisses, ta flèche harponnée à l'étoffe de son manteau. Sa main semble presque trembler, surprise. Tes griffes empoignent un tabouret sur lequel tu coulisses comme un python, face à lui et sa solitude. « L'ivresse aide à surmonter la douleur, j'aimerai davantage que tu sois sobre. »  Tes cils papillonnent et ton talon écrase son ventre sous la table pour l'empêcher de fuir.
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Yamanaka Shinsuke
Chūnin de Kumo
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Mar 27 Mar 2018 - 14:07
Loin des responsabilités, loin des yeux, c'est ainsi que tu avais prévu cette journée. À la manière de Dante Alighieri, tu allais traverser les neufs cercles de l'Enfer, retournant à tes origines, là où ta réputation s'étais forgé. Le Pays de la Foudre n'était qu'un vaste champ de bataille, amenant la haine et la terreur depuis de longues années. Et derrière cette horreur de la guerre, certains agissant comme des marionnettistes, profitèrent de l’état de belligérance pour en faire un véritable commerce. Tu étais l'un d'eux, un marchand de guerre livrant la mort aux portes des plus riches et des plus pauvres... Ou des plus malchanceux.

Les remords, la pitié, le désarroi... Il est vrai que tu n'avais jamais connu ces sentiments. Tu t'étais plongé seul dans cet abîme infernal et tu y avais trouvé rapidement ta place. Comme si depuis ta naissance, ton corps était fabriqué pour le désespoir de l'humanité. Tu te voyais comme un antagoniste du monde. L'homme te craignait dès ton plus jeune âge, tu avais connu les tumultes de la haine, tu avais été rejeté et considéré comme un sorcier de part tes capacités psychiques effrayantes... Alors tu leur avais donné une raison valable de te craindre. Depuis, tu avais suivi les chemins les plus tortueux qu'un homme puisse emprunter. Jusqu'à récemment tout du moins.

D'une manière assez étrange, tu avais quitté le Purgatoire pour rejoindre la terre ferme. Abandonnant tes vices et tes plaisirs les plus inhumains, pour offrir ton âme à la bonté de l'humanité, te plaçant dès lors, tel un Ange Gardien du Pays de la Foudre, œuvrant corps et âme pour les valeurs humaines. Que s'était-il passé ? Tu n'éprouvais pourtant aucun regret de tes actes passés et à vrai dire, tu avais aimé cette adrénaline que t'offrais ta vie de criminelle. Et pourtant, tu te complaisais aujourd'hui dans une vie aux antipodes de ta personnalité.

C'est pourquoi tu quittas le village des nuages pour une courte durée. Un besoin de boire de l'alcool de mauvaise qualité, de fumer une cigarette t'irritant les poumons de part sa composition plus que douteuse, de sentir le corps d'une femme sans vertu se coller au tien, de ressentir la pression des regards sur ta personne... Akamamushi. Ce lieu renfermait parfaitement tes besoins soudain. Un bar que tu avais fréquenté durant toute ta carrière d'informateurs et de parfait enculé. Autant dire que le bras droit du Raikage n'avait en temps normal rien à faire ici... Pas même les plus endurcis criminels n'osaient s'aventurer en ce lieu... Seuls les plus fous et les plus inhumains parvenaient à trouver du plaisir à l'intérieur de cet antre diabolique, poussant la luxure et la perversité à son paroxysme.

Assis au fond du bar, un verre de whisky entre les doigts. Une cigarette fait-maison sur le bord des lèvres, ton regard perdu dans le vague de la salle. Le bras le long du dossier du canapé sur lequel tu t'étais installé, tu profitas de cette atmosphère infernal, observant le déhanché des jeunes femmes cherchant à attirer ton attention et ton argent. Le temps d'un instant, une silhouette se dessina dans l'ouverture de la porte... Le corps rigide, un arc coincé entre ses omoplates, une coupé au carré... Elle n'était sans aucun doute pas ici pour profiter des folies de ce lieu. Son profil était bien trop "pur" contrairement aux ivrognes et aux prostitués fréquentant ce bar. Un début d'ennui pour un client recherché, peut-être ? Un mari fuyant le domicile conjugal, rattrapé par celle qu'il a juré de ne jamais tromper ?

C'est alors que ses pas la conduisirent vers toi. Une jeune femme d'une vingtaine d'années, d'une beauté plus que remarquable et qui avait d'un simple regard, attiré ta curiosité. Mais avant même de pouvoir sentir le coup de foudre s'abattre sur ton cœur, ce fut une flèche bel et bien réelle qui traversa avec rage ton verre fraîchement servis de whisky avant de finir sa course contre le canapé, agrippant alors ton manteau au passage. Les éclats de verre effleurant ton œil valide, tu ne bougeas pas d'un millimètre, comme habitué de ce genre de scènes. Un claquement soudain, elle se posa sur un tabouret juste en face de toi, posant avec violence l'un de ses talons en appui contre ton ventre, t'immobilisant alors de plus belle. Un léger sourire aux lèvres se dessina sur ton visage... Ce n'était pas l'ivresse, mais bien l'adrénaline qui te rendait heureux.

"Il n'y a pas de souffrance plus difficile à endurer que celle d'un esprit torturé. Il y a bien longtemps que la douleur physique ne me fait plus peur, jeune fille."

Secouant alors ta main pour te débarrasser du liquide jaunâtre et des quelques bouts de verres plantés dans ta chair, tu fixas de ton seul œil l'amazone qui venait de se positionner en dominante de cette situation. La voix sereine, tu t'adressas alors à elle.

"Tu n'es pas le genre de personne à fréquenter ce bar, tu es non seulement trop rigide et trop pure. Tu te ferais dévorer en une poignée de minutes. J'imagine que tu n'es pas ici pour danser ou pour me proposer une sordide soirée en ta compagnie. Alors pourquoi venir te jeter dans la gueule du loup ainsi mon petit agneau ? Tu n'es pas la première à m'accoster de la sorte et pourtant, je suis aujourd'hui toujours en vie."

Malgré son geste d'une rare violence, cela résonna comme un silence dans l'immensité de la pièce. La brutalité et le meurtre étaient monnaie courante ici. Une habitude prise par les clients à tel point, que se battre était devenu une banalité et presque même encouragé. Nombreux étaient ceux qui entraient à Akamamushi, mais rare ceux qui en ressortaient sans une égratignure. Tapant alors deux coups secs sur la table, tu fis signe au serveur de te ramener un nouveau verre, espérant pouvoir cette fois-ci le terminer sans encombre.

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Jiā K. Yû
Jōnin de Suna
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Ven 30 Mar 2018 - 19:15

Les corps luisaient à la lumière tamisée, qui oscillait entre l'écarlate et le vermillon. Une palette de rouges agresse ton regard. Tu te noies dans un enivrant bordeaux, tangues à la lueur bourgogne et suffoques dans une mer aux nuances de grenat. Les créatures du bar étaient saoules. Ivres de couleurs. Grisée de tout. Les corps se collent aux barres, y laissant le filtre d'un rouge à lèvres, l'esquisse de quelques larmes, le fouet de leurs crinières. Elles s'y enroulent, comme des vipères, les peaux miroitant dans un cocktail de néons. Le pourpre se juxtapose sur ta bouche et inonde lentement tes traits, t'engouffrant dans les nuances démoniaques. Son regard est avide. Tu presses davantage l'aiguille de ta botte contre son abdomen – sans qu'il ne cherche à s'échapper de cette emprise. Les plaies se sont refermées, mais la torture de ton âme t'étouffe comme un manteau ardent. Tu es encore loin d'approcher la sortie de ton chaos intime – et les flammes brûlent encore sous ta peau. Son sourire et son calme te provoque, cinglant ton visage. Tu ressembles à un tourbillon noir et lui à un zéphyr limpide. Inébranlable. Tes griffes se referment sur le bois de la table, l'écorchant dans un déchirement boisé. Sous tes ongles, stagne une tempête d'échardes. Alors que tes sens t'avaient offert un enfer sur plateau, tu n'y voies désormais plus qu'un ersatz des abîmes, un malheureux club aux lumières vives, aux corps suant et à la musique entêtante. Tu retrouves tes esprits, chassant les brumes envinés et les muscles de ton visage se tendirent comme d'accoutumée. « J'ai côtoyé bien pire. » Une serveuse s'avança avec un plateau de verres enflammés d'un élixir violacé. Une légère fumée rosâtre s'en dégageait. Tu en saisis un au passage et ses lèvres rencontrèrent la mystérieuse boisson qui fermentait au cœur du cristal. Elle lui brûla la gorge, mais lui procura un plaisir intense. Tu connaissais bien ces liquides corrosifs pour le foie, mais envoûtants pour le palais. « Laisse moi te rafraichir la mémoire. » Ta main se glisse à l'arrière de sa nuque pour plaquer brutalement sa joue contre la table, humide des nectars qui s'y étaient épongés, édulcorant le vieux bois. Tes doigts se plantent comme les pattes d'une veuve noire dans sa chair, faisant déborder ses lèvres sur le guéridon. Ton rire tranche avec la mélodie, mais aucun regard se lève sur vous. Une situation apparemment habituelle. « Un loup ? Je voie plutôt un vieil ivrogne qui aime se prendre les pieds des femmes sur les parties génitales. »

De là où il est situé, il ne doit que deviner le tracé fin de ton menton, les quelques mèches qui éraillent tes joues, l'arc qui se devine derrière ta maigre épaule et le philtre lilas. Ta poigne contraste avec ta trentaine de kilogrammes – et font ricaner certains, camouflés à l'arrière de leurs breuvages. Comme une couleuvre, ton index constelle son unique œil d'une strie – l'obligeant à le clore pour côtoyer les ténèbres quelques secondes. Tes muscles tremblent et tes dents dévorent l'intérieur de tes joues pour apaiser les troubles qui s'éveillent. Ton pied gigote contre son flanc. Les goules serpentaient autour de vous, barrant la route à chacun. Cambrée sur ton tabouret, tu relâches la tension de ton échine et te recules pour une fois de lui. Libéré de l'emprise, il se redresse, sa crinière aussi emmêlée que la tienne. Ta façon de le fixer, de le suspendre ainsi hors du temps, découlait bien de ta fonction de traqueuse. Chaque détail compte, du mouvement de sourcil à la pulsion du circuit veineux sur son bras. « Tu me dois une dette. » Face à sa mémoire endormie, tu tires un papier jauni de la pochette contre ta cuisse. Des écritures s'entremêlent sur les lignes, se distinguant en ligne capital avec la nomination : Jiā Kaidō Yû. Deux signatures à la chute de la feuille, celle de la monarchie Sunajin et celle de la créature qui te fais face. Un montant à plusieurs zéros te font tourner la tête. « Tu as de quoi avoir une belle retraite. » Tes cellules s'activent, agitées par l'état actuel de leur détentrice. La vengeance ne t'intéresse pas. La vengeance intéresse ceux qui - à un moment ou à un autre, ont été vaincus. Et la victoire est bien plus intéressante à envisager... Un délicieux combat.

Suspendue sur tes bottes, tu l'abandonnes dans ce monde onirique, le froid plantant ses crocs en toi. Le zéphyr soulève l'orée de ta robe et dévoile des cuisses striées par les combats. Et dans la pénombre, tu es là, semblant sortir des enfers, la crinière humide. Nul besoin de l'appeler, tu sais qu'il viendra. La curiosité, sûrement. Dans ce chaos, l'ombre s'inocule dans tes pas. Elle te dépasse, t'engouffre et sature ton âme. Il se plante dans ton dos, comme un arbre. Un rictus s'esquisse. « Je te suis pour parler affaires. » Dans certains faubourgs, il n'y a qu'un pas avec l'illégalité. Même lorsqu'on décide de se ranger.
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Yamanaka Shinsuke
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Dim 1 Avr 2018 - 17:27
Il était simple comprendre la créature se tenant face à toi. Cédant sous le poids de la colère et de la rancœur, tu te retrouvais désormais confronté à la représentation de la déesse portant le nom de « Némésis », divinité représentant la vengeance divine. Un être sortit de nul part, prêt à faire s’abattre le courroux sur le loup démoniaque que tu étais. Il était maintenant important de comprendre le pourquoi… Mais l’heure n’était pas à la discussion. Les ongles aiguisés de la furie s’incrustèrent dans la peau de ta nuque, plaquant avec force et sans résistance, ton visage contre le bois de la table. Le sang coulant contre ton visage, glissant le long de tes lèvres animées par un rictus d’amusement… Il était rare de croiser une femme de tel caractère et tu avais toi-même ton petit penchant pour les femmes fatales.

Mais ton esprit ne s’arrêta pas de tourner pour autant. Il était dangereux de se rapprocher autant d’un Yamanaka. Savait-elle seulement qu’après ce contact physique, tu étais en mesure de renverser la situation ? Peut-être avait-elle laissé son esprit s’envenimer ou bien étais-ce son côté provocateur… Mais tu ne fis rien. Laissant la jeune femme te dicter ses paroles tandis que tes lèvres restèrent scellées, tu écoutas chacun de ses mots, dans le but d’en apprendre plus sur celle qui pour le moment, se pensait bien au-dessus de toi. Au passage de son ongle sur ta paupière, tu pu ressentir la haine animant ce corps fébrile. Un sourire s’étirant sur tes lèvres, tu te mis de plus en plus à apprécier l’être qui venait d’animer ta journée. Tel un pantin, tu la laissas mener cette danse, curieux de connaître les limites de cette dernière.

Soudainement, la mante religieuse relâcha sa prise. Passant alors ta main contre ta nuque, te massant délicatement tes muscles tendus, tu en profitas pour boire d’une seule traite le verre que t’avais ramené le serveur. Rien de mieux qu’un peu d’alcool dans le sang pour mener des négociations comme il se doit. Ton œil observateur décortiqua chaque partie de son visage et de son corps, ainsi que de son esprit… Ce rapprochement bien que violent fut une aubaine pour l’informateur que tu es. Une ouverture infime sur son esprit, te révélant des blessures lié au passé. Une famille riche, un sentiment d’abandon et un esprit tourmenté par un démon intérieur… Tu avais face à toi une personne ravagée par les tumultes de la vie, expliquant facilement ses pulsions et la raison de sa venue. Toute cette colère enfermée dans ce corps chétif s’expliqua alors rapidement à la vue du contrat se dessinant sous ton œil.

Le clan Tsubasa, considéré comme un véritable empire au Pays du Vent avait autrefois fait appel à tes services. Souhaitant étendre l’influence de leurs pouvoirs, ils tentèrent de rallier à eux les différents clans du Pays, dont les Kaido… Un peuple nomade difficile à approcher et éparpillé aux quatre coins du désert. C’est alors qu’une femme vint te rendre visite, ici-même, il y a de nombreuses années. Et dès lors, tu pouvais contempler le résultat de cet évènement face à toi… Un léger rire s’échappant de ta gorge en relisant les différentes lignes de ce contrat, te rappelant des souvenirs plutôt agréable.

« C’est agréable de voir que tu te soucies de ma retraite, malheureusement, les créatures féminines que je côtoie sont en générale avide de ce précieux métal qu’est l’or. Je pense que pour ma retraite, je devrais plutôt me contenter de dettes. »

Tandis que la créature s’éloigna dans la pénombre de la pièce, tu restas assis quelques secondes supplémentaires, profitant d’une solitude temporaire pour allumer l’une de tes précieuses cigarettes. La suivre ou la fuir ? Certains seraient effrayés de faire face à une femme aussi instable… Pourtant, ce n’était pas de la crainte qui se ressentait dans tes veines, mais bel et bien une part d’excitation et de curiosité malsaine. Le sourire aux lèvres, tu te levas, empoisonnant un peu plus l’air déjà oppressant des lieux. Te retrouvant désormais derrière elle, à l’extérieur du bar, contemplant la nuit tombante sur le pays du la Foudre, tu observas la crinière de la jeune diablesse. Tes mots sont doux, loin de toute haine, comme toujours… Contrairement à elle, tu es un glacier qui ne fond jamais, tu es impassible, d’une sérénité à toute épreuve.

« Parler affaires ? Ou parler passé ? Peut-être attends-tu que je me mette à genoux et que j’implore avec grâce ton pardon. Ou préfères-tu me punir pour les péchés que j’ai commis au cours de mon existence ? »

La fumée de ta cigarette passa par-dessus l’épaule de la jeune femme, tandis que tu te rapprochas quelques instants de son oreille, lui susurrant quelques mots avant de t’éloigner de nouveau.

« Je sais qui tu es, Yû, je sais de quelle vie je t’ai arraché. Ou plutôt devrais-je dire, de quel enfer je t’ai libéré. »

Tu passas alors devant elle, comme une proie tournant autour de sa cible, tu lui jetas un léger regard, comme pour la provoquer et l’obliger à te suivre. Tes pas te conduisirent dans les ruelles désertes du petit village, marchant devant la frêle créature, guettant le moindre de tes gestes. Une panthère prête à bondir de nouveau.

« Alors que veux-tu, Jia Kaidô Yû ? Ou plutôt, devrais-je dire désormais, Tsubasa Yû ? »

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Jiā K. Yû
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Lun 2 Avr 2018 - 23:26

La nuit s'écoule comme l'aquarelle sur une toile. Elle serpente au-dessus des tuiles, s'infiltre contre les vitres et se silhouette sur les murs. Les rares candélabres apportent une lueur dans les tunnels obscurs, où des papillons nocturnes s'y brûlent les ailes. Il est énigmatique, sa bouche halète whisky et poison contre ta gorge. Tu dresses une frontière entre vous du bout de tes griffes. Ce n'est pas à toi de reculer. Tes pupilles sont ardentes et le consument ; comme un volcan en éruption, dont le magma dévore les parcelles pour les réduire en cendres. Un signal d'alarme pour rompre la proximité. Son ombre s'éloigne et s'engouffre dans les venelles brumeuses. Tu le talonnes, tes pas se fondant dans la pénombre silencieuse. Ses omoplates ondulent devant toi et tu te calques à son rythme – une panthère toisant sa proie. Tu es sur son territoire et tu analyses prudemment tous les détails qui s'offrent à toi. Tu n'as confiance qu'en ton instinct – et il montre les crocs sous forme d'une tempête de frissons, partant de ta nuque pour se mourir dans tes reins. Ta cape rase tes chevilles et tu enlises ton nez dans le tissu épais. Le froid te fait tourner l'esprit, tes tempes sont brûlantes. Tu abdiques finalement en t'accrochant à une gouttière le temps que tes maux expirent. Le gibier s'arrête et t'attends. Tu déposes ton front ardent contre le chéneau, la sensation désagréable trépassant lors d'une grande inspiration. Les rues étaient immergées dans un calme pesant et presque oppressant.

Une goutte vint s'effondrer sur ton front blanc, cascadant ton nez mutin pour s'évanouir dans l'échancrure de ton kimono. Calme, le crachin pouvait blanchir n'importe quoi, même une âme enténébrée. La température avait brusquement baissé, et un blizzard glacial vous auréole. Le ciel gronde, déchiré par le début des orages. Le gris nimbe toutes les autres couleurs. La fine pluie se moire en une averse, qui s'effondrait sur vous comme des subtiles aiguilles. L'eau ruisselait le long des murs, le long des lampadaires, le long de vos cheveux avant de s'échouer à terre. Le cœur de l'air se dilacère dans un tonnerre bestial. Tu avais toujours affectionné cela. Le froid, la pluie. Une ambiance contrastant le pays du sable. Tu fais glisser ta cape, la faisant choir de ta tête pour ne plus te protéger de l'élément naturel. Tes cheveux de jais perlèrent. « Affaires, passé, les deux s'entremêlent. » Autour de vous, le silence.

Vos silhouettes disparaissent dans le brouillard épais qui encadra petit à petit la bourgade. Enfoncée dans le frimas nocturne, ta chair se marbre d'ondoiements. Bien vite, ta bouche s'enlumine d'une cyanose, tes jambes oscillantes... Le tissu fin qui recouvre ton corps se soulève à chaque vent, laissant serpenter le froid sous tes habits pour croquer sa peau et la meurtrir du temps glaçant. Les venelles s'alimentent lentement d'ombre, statures dans la pénombre. Des bruits, des sons, des échos résonnaient. Les ivrognes s'agitaient pendant leurs dernières heures de calme, profitant du sommeil des autres. « Moi c'est Yû. Je te demande d'oublier les formalités de tes paperasses. » Pendant qu'il t'observe, tu ne lui adresses pas même un regard, ni un battement de cils. Un bras prostré contre ta poitrine, un doigt redressé sur ton menton, tu réfléchis. « Je dois mettre un terme à cette union pourrie. Et j'ai besoin de quelqu'un pour certifier ma mort. Durant une mission à Kumo par exemple. Quitte à glisser un doigt arraché dans la lettre. Je suis prête à me sortir du merdier dans lequel tu m'as envoyé. » Ensemble, vous pénétrez une vieille auberge à l'allure fantomatique. Des planches boisées placardent l'entrée que tu fracasses d'un pied, vos corps se perdant dans l'escalier en colimaçon. Au dernier étage, les vestiges d'une ère révolue hantent les murs. Tu longes la tapisserie et te glisses sur le cuir frais d'un ancien fauteuil, déposant tes chevilles sur la table qui lui fait face. Le visage orienté vers la fenêtre qui t'offre une vue imprenable sur la vie endormie, tu sens reine. Cet horizon, tu en raffoles. « Bien-sûr, si tu refuses, je peux toujours arracher ton dernier œil et te le faire manger. Pour te donner un arrière goût d’amertume. » Tu ramènes tes genoux contre toi, reposant ta joue ronde contre ton fémur. Audace, hardiesse, ce désir de domination et de contrôle.

Ton enveloppe charnelle ruisselle des dernières larmes de pluie. Tes prunelles se fixent sur l'ondée rafraîchissante qui hurle dehors. Inspirant lentement, comme pour se purifier, tu récupères ce qui te reste d'équilibre. Cet homme avait réussi à architecturer cette armure en titane autour de ton âme.
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Yamanaka Shinsuke
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Sam 14 Avr 2018 - 12:51
La noirceur de la nuit était animée par le seul éclairage de la lune. Une lumière argentée traversant les ruelles de la petite bourgade dont tu appréciais le silence. La nuit, les langues se délient et les cœurs s’ouvrent, comme si la lune avait cet effet sur les hommes, comme une clef ouvrant les portes des pensées les plus profondes. Tu te remémorais ces années que tu avais passées ici… Lorsque les Tsubasa t’avaient convaincu sans mal à ôter cette enfant à sa famille. Une fille énergique habitée par un démon, dont la vie ne semblait pas resplendissante de base. Tu avais presque eu pitié d’elle, imaginant que sa vie près de la royauté de Kaze no Kuni ne pouvait être qu’une bonne chose pour elle. Et pourtant… Cet enfant se tenait aujourd’hui face à toi, cherchant le moyen de changer une nouvelle fois le cours de son destin pour une raison qui t’échappai.

Parfaitement silencieux, tu continuas cependant ta route jusqu’à rejoindre une auberge peu fréquentée, mais somme toute de bonne qualité. Un lieu qui offrait un climat bien plus sain pour les négociations, où tu te rendais bien souvent accompagné de jeunes femmes… Cette fois-ci, cependant, la nuit s’apprêtait à prendre une tournure bien plus amère que les précédentes. Pénétrant au sein de la chambre la plus haute de la bâtisse, tu la vis s’installer sur un fauteuil, se recroquevillant tel un animal sans défense. T’orientant vers la fenêtre, tu profitas de ce toit pour t’allumer une nouvelle cigarette. Pris de pitié, tu envoyas vers la jeune femme une couverture, cette dernière ne semblait pas s’acclimater à la fraîcheur du pays et de la pluie aussi facilement que toi… Une princesse de Kaze no Kuni n’était bien évidemment pas habitué à ces conditions.

« Pourquoi vouloir s’échapper d’une telle vie ? Tu as tout pour toi. Un mari, une famille, de l’argent et une place prestigieuse. Tu as tout ce dont une personne un minimum censé aimerait avoir et au lieu de ça, tu me demandes de te ramener à une vie de misère. Penses-tu vraiment que ton corps ne sera pas recherché ? Un jour ou l’autre, Suna comprendra que tu n’es pas morte et alors tu seras traquée à travers le monde entier. Ta vie ne sera plus qu’un enfer, tu ne connaîtras plus le goût de la tranquillité et tu devras vivre avec la nuit, ton seul échappatoire. »

Allumant alors une bougie afin d’apporter un faible éclairage à la pièce, tu jetas un regard par la fenêtre… Bien évidemment, tu n’étais pas le mieux placé pour donner des leçons de vie. Tu étais toi aussi la cible de nombreuses menaces, à commencer par la créature que tu venais de rencontrer… Mais après tout, tu te devais de t’assurer de sa volonté, qu’il ne s’agissait pas là d’un vulgaire caprice d’enfant, mais bien d’une ambition réelle et réfléchie.

« De plus, quel est mon intérêt dans cet échange ? Tu es pourtant bien consciente que je ne travaille pas sans retour. J’ai une place à protéger, un village à défendre et une réputation à conserver. Ce n’est pas avec des menaces que tu réussiras à m’avoir, Yû. »

Une idée se dessina dans ton esprit. T’approchant alors de cette dernière, observant chacun de ses mouvements, tu apposas une main sur son front brûlant. Tu avais pu observer l’être qui se tenait face à toi à plusieurs reprises… Déjà, enfant, son caractère était unique et tu en avais eu la confirmation ce soir… À peine le plat de ta paume entra en contact avec son épiderme, qu’une légère pulsion de chakra parcourra son crâne. Les démons qui habitaient la jeune femme s’envolèrent l’espace d’un instant. La colère, la haine, la destruction dont faisait preuve son esprit se dissipa. Ses maux disparaissant et offrant alors un esprit plus sain à écouter le vieux loup que tu étais.

Tu t’éloignas alors, t’allongeant sur le matelas se tenant près du fauteuil, observant alors le plafond et laissant le temps à la Kaido de recouvrer ses esprits. La fumée s’extirpant de tes poumons, tu lui adressas une nouvelle proposition.

« Si ton souhait de fuir Kaze no Kuni est bien réelle, je t’aiderais. Mais où comptes-tu t’enfuir ? Tu n’as pas de place ici, tu ne saurais pas survivre assez longtemps seule et tu finirais par te faire dévorer par la vie elle-même. Quelle est ton échappatoire ? »




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Jiā K. Yû
Jōnin de Suna
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Lun 16 Avr 2018 - 15:22

Une vieille couverture, respirant la poussière et consumée par les mites, vient revêtir tes épaules tremblotantes. Il éclaire l'aquarelle ténébreuse du halo de sa cigarette – il déchire la nuit du cercle de tisons. Des crépitements qui ronronnent dans l'auberge fantomatique. Tu l'observes, cherchant à reprendre le contrôle. Il doit avoir l'habitude de l'avoir, ça se ressent par ses longs discours qui tentent d'écraser ta voix. Shinsuke dompte et tient en laisse la discussion, pour ne laisser aucune ouverture à tes paroles. Et toi, tu as ce regard hypnotisant, cette façon de t'immerger dans les prunelles, de décomposer les âmes. Tu n'as confiance en personne. C'est plus facile de casser les créatures pour apercevoir les secrets qu'ils dissimulent. Tes minauderies comme traquenard. Tu sinues tes fins dextres dans cette chevelure farouche. Quand sa mâchoire se crispe sur ses derniers mots, tu viens à sa rencontre, ne laissant qu'une faible distance entre leurs vos bustes. Une bulle s'échafaude autour. Tes iris pales percent l'ambiance ébène. Tu étais une chasseuse. Et ta façon de le fixer, de le suspendre ainsi hors du temps, découle bien de ta fonction de traqueuse. « Pas une vie de misère. Une vie libre. » Tu ne craignais pas le manque de richesse. Tu trônais sur des sièges dorés, la peau maquillée de gemmes, et une couronne de rubis vissée sur la crinière. Ton pacte avec Ginshi te garantissait une partie de ses biens – lui aussi était prêt à laisser beaucoup dans tes pas pour retrouver son autonomie.

Tu espères chiffonner ses nerfs, rucher sa placidité. Une bougie s'éveille, offrant une aura braisillante au cadre mort. La flamme danse, happée par les vents contraires qui s'engouffrent comme des spectres dans la bâtisse. La lumière se pose comme un filtre sur la vitre, et se consume mollement. Ton doigt hagard effleure l'étincelle, ta griffe rouge léchant la lueur.  « Tu parles d'une place à protéger, mais tu énumères un retour. Tu es toujours aussi proche de l'homme que tu penses avoir laissé dans tes pas. Sinon tu ne m'aurais pas amené ici. Je n'ai rien pour toi. On ne négocie pas une dette. » Tu croises tes mains dans ton échine, t'engouffrant sur le balcon culminant. Fumée, pénombre. C'était suffoquant. Les abysses s'ouvraient à toi. Tes ongles brûlants pianotent la rambarde glacée, et la différence ambiante te fait te tendre. Tu es minuscule face à l'immensité du paysage, ses géants de bétons et ses rouages. Tes poumons s'abreuvent de l'air, purgeant ton esprit démonisé avant de le retrouver. Tu le regardes à travers la vitre.

Sa grande paume vient tyranniser ton front. Tu n'as pas le temps d'un mouvement de recul, une vague bleue s'infiltre directement dans ton esprit. Tes doigts enclavent son poignet, et tu grognes. « Lâches-moi salopard ! » Tes cellules s'éveillent et ton esprit lutte pour le rejeter. Tes muscles tremblent, prêts à se briser. Ta silhouette titube et tombe lourdement, la couleuvre de chakra ravageant ta ténacité. Tes paupières restent ouvertes sur plafond tamisé. La tendresse chaleureuse des bougies baigne vos chaires. Comme suspendue au bout d'un fil, menaçant de chuter à tout moment dans les abysses, ta force de caractère t'empêche de lâcher. Ton cou semble bien lourd. Tu relâches un grognement douloureux pendant que le cocktail de tes souvenirs s'embrume.

Capturée, prise au piège, tu te glisses difficilement sur le côté pour reposer sur le flanc... À travers la paume de ta main, tu ressens des battements irréguliers et apeurés. La sensation d'être un gibier mutilé dans le viseur d'un fusil. Tes tempes hurlent. Tes pensées s'assombrissent, tes doigts lâchant le fil conducteur. « Je n'ai pas peur de mes démons. Bien au contraire... » Tu essaies de parler le plus normalement possible, sans une once de faiblesse dans les cordes vocales... Ce qui lui valut une remontée de salive dans la gorge. Tu craches à terre et te dissimules dans un coin, recroquevillée. Un sourire s'esquisse sur ta bouche tremblante. Le supplice psychologique n'était jamais assez fort pour t'enchaîner à la raison et à la docilité. Tu restais cramponnée à l'obscurité. Comme une enfant, tu refermes tes frêles bras autour de tes genoux pour t'enlacer. Tu souffles au rythme d'une mélodie imaginaire, te barricadant dans tes pensées pour fuir le bien. À force de côtoyer les diables, tu bannissais la paix. « Ailleurs. Pour le reste du plan, je me débrouille seule. J'ai juste besoin de ton lien de confiance avec les Tsubasa... » Tu prends appui sur le bois pour te dresser sur tes jambes chancelantes. Tes membres chevrotent, comme pour t'alarmer qu'à tout moment, ils pouvaient lâcher. « Et s'ils me trouvent, qu'est-ce-que je risque ? La mort ? » Un rictus amusé, puis le silence - un instant. « Je n'ai pas peur de mourir. » Tu avances d'un pas puis d'un second, supprimant lentement cette distance entre vous. « Quand on ne la craint pas, on la fait rentrer dans les rangs ennemis. C'est ce qu'il se passera pour tout ceux qui m'empêcheront de vivre. » Une énième menace. Tes yeux pénètrent les siens au moment même où tu relèves la tête avec difficulté. La profondeur de tes pupilles reflète des lambeaux essoufflés, des lambeaux glacials. Comme du poison nébuleux s’évaporant, l'ambiance se paralysa.
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