La guilde des bâtisseurs [Shirome]

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Tamashi Orihime
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Le village était en émoi depuis plusieurs jours maintenant. L’annonce de la nomination d’un chef de guerre – car c’est ce qu’il était, cet homme qui arborait désormais le titre de « Mizukage – avait fait l’effet d’une bombe au sein du village de Kiri. Pas d’une bombe énorme, car tout le monde savait que le moment allait arriver, mais plutôt d’une détonation de soulagement. Si jusqu’ici, le village était plutôt bien géré, il manquait évidemment une figure de proue, le visage de l’autorité et du leadership. Orihime, elle, s’était intéressée à cette nomination ; mais pour une toute autre raison. L’Ombre de l’Eau était certes le dirigeant du village caché par la brume, mais il était également considéré par ses pairs et par l’ensemble de la nation comme le shinobi le plus fort. Dès lors, savoir ce qu’était le standard de puissance allait lui permettre de jauger la sienne ; et le fait qu’un autre Sabreur ait été nommé allait lui faciliter la tâche.

Les annonces se sont enchaîné après la nomination de Shinichi. Un tournoi inaugural, des mesures phares, mais aussi la construction d’un Capitole, un siège militaire et politique où siégerait non seulement le Mizukage, mais également toutes les institutions périphériques, comme le bureau des missions par exemple. Une décision correcte aux yeux de la Sabreuse, même si elle trouvait cette première dépense publique un peu questionnable : ériger un bâtiment aussi imposant juste pour que l’Ombre s’y repose pouvait paraître un peu présomptueux et prétentieux. Mais qu’importe : elle n’était pas là pour se plaindre. Elle obéirait, encore et encore, jusqu’à obtenir ce qu’elle souhaitait obtenir : la puissance.

Orihime fut conviée, comme de nombreuses autres personnes, à un débriefing sur la construction à laquelle ils allaient participer. Une présentation générale, que chaque Kirijin pouvait trouver en allant le demander, puis des détails un peu plus techniques, un peu plus secret. Au fil du temps, les gestionnaires du projet Capitole demandaient à certaines personnes ou même à certains grades de sortir de la pièce, si bien que personne dans la grande salle n’allait tout connaître sur les tenants et aboutissants du projet de construction. A la Sabreuse, on la laissa rester avec quelques Jônins. La seule Genin au milieu de nombreux gradés du village. Par un réflexe étrange, elle posa sa main sur le pommeau de Yoakaraise.

« Un point important désormais, qui n’a pas encore été abordé : la construction effective du Capitole. Outre les aspects esthétiques, il nous faut un bâtiment solide, fonctionnel et capable de subir des attaques en cas de problème. Mizu no Kuni est un pays au climat… changeant, et si un simple coup de vent suffit à balayer le Capitole, nous passerons pour des bras cassés. Idem, il sera forcément la première cible des ennemis en cas d’attaque. »

Ca se comprenait. Le siège du pouvoir politique et militaire, comme il était bon de le rappeler, serait un point de repère pour les civils et pour les jeunes shinobis ; un indicateur qui donnerait l’état de Kiri en cas de bataille sur son territoire ; un mastodonte qui se dresserait pour donner espoir et confiance à ceux qui se battraient pour lui.

« Dès lors, il nous faut des artisans et des bâtisseurs de qualité. Vous connaissez sans doute la réputation de ceux de Kakeshou. La guilde est cependant en arrêt indéterminé à la suite de la maladie du chef. Mais ce sont ceux que nous voulons, à n’importe quel prix. »

Il prit deux dossiers sur sa table, et en donna un à un des Jônins présents et proche de lui, un certain Hiyari Shirome.

« Shirome, tu seras en charge de ce recrutement. Je te fais confiance pour les convaincre de venir diriger les travaux du Capitole. Tu seras accompagné d’une Genin pour cette mission... »

Il leva les yeux vers la Sabreuse. Pour Orihime, il n’y avait aucune surprise : elle était la dernière Genin de la salle actuellement. Le gestionnaire se dirigea vers elle et lui tendit le dossier.

« Vous partirez au plus vite. Plus rapidement cette guilde aura rejoint les rangs de Kiri, plus rapidement les travaux commenceront. Je vous fais confiance. »

Orihime eut un petit sourire. Il avait dit « vous » ; mais au fond, elle le savait. Dans cette mission, elle n’était pas grand-chose…

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Hiyari Shirome
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LA GUILDE DES BÂTISSEURS


La première pièce de l'échiquier du Shodaime Mizukage : le Capitole. C'est avec ce bâtiment qu'il désirait prouver non seulement sa grandeur, mais également sa main de fer recouverte d'un gant de velours. Si l'opinion publique divergeait quant à la légitimité de ce projet ambitieux, il fallait avouer que les effectifs du village ne possédaient pas le choix ; marche ou crève. Afin de lancer officiellement son ébauche, la Première Ombre de l'Eau avait invité chaque shinobi à une réunion des plus essentielle. Tandis que l'auditoire diminuait à vue d'œil, des informations confidentielles se dévoilaient. Données essentielles qu'Hiyari Shirome, Jōnin malgré d'innombrables faiblesses en combat, captait attentivement. Très rapidement, on le désigna comme un pilier élémentaire pour le bon agencement de l'infrastructure.
    ◈» Bien reçu. — Confirma-t-il.
Ni une ni deux, l'Hiyari agrippa le dossier qui lui était destiné. Dans un premier temps il se leva lentement de sa chaise puis glissa sa seconde main libre à l'intérieur de son manteau beige. Dans un second temps, il se dirigea machinalement en direction de la sortie. Tout en adressant un léger coup de tête à l'aspirante désignée afin de l'inviter à la suivre, la Tortue noire du Nord reposa le document — sans même l'avoir feuilleté — sur une table avant de quitter la pièce.
    ◈» Il y a nullement besoin de ces informations supplémentaires. Je ne suis pas là pour promettre à cette guilde des merveilles qu'ils n'auront jamais. Je suis ici pour trouver des solutions aux problèmes. Des résultats concrets et non abuser de leur confiance. La première réaction logique serait de mobiliser un Iryō-nin pour en soigner le meneur. L'haute instance du village ne dispose malheureusement pas de médecins. Employer la médecine militaire reviendrait à tuer ce pauvre homme.
    ◈» En effet. Le tuer afin d'obtenir le contrôle d...
    ◈» Cesse.
Le Jōnin glissa les doigts de sa dextre à son front après s'être arrêté. Il plissa son regard puis secoua négativement sa tête. Une petite lumière s'échappa du col de son manteau beigeâtre, l'utilisateur de Fūinjutsu vint d'activer discrètement un sceau tatoué à même l'épiderme de sa nuque.
    ◈» Avec ça tu me laisseras tranquille.. — Murmura-t-il entre deux soupirs.
La Tortue Noire du Nord reprit hâtivement ses esprits et reprit sa marche nonchalante.
    ◈» Rendez-vous aux portes du village dans une heure.
L'haut-gradé s'éclipsa dans la seconde suivante.


Une heure plus tard.

La silhouette élancée de l'opalin restait de marbre ; adossée à l'une des deux portes de l'entrée principale de Kirigakure no Satō. L'Hiyari semblait en pleine réflexion avec lui-même. À vrai dire, il se concertait intérieurement avec une fidèle connaissance.
    ◈» Finalement quel est ton plan Shirome ?
    ◈» Lui exposer la dure réalité quant à son paternel.
    ◈» C'est risqué. Pourquoi opter pour une telle stratégie ?
    ◈» Je te l'accorde, c'est à double tranchant. Deux solutions s'ouvriront à nous. L'échec nous guette, il suffit que le môme se renferme dans sa bulle suite à la négociation. D'un autre côté, nous pouvons réussir cet exploit. Le destin en décidera.
Une présence féminine réveilla bien rapidement la vraisemblable somnolence de l'étrange Jōnin à la réputation biaisée.
    ◈» Tamashi... Orihime. En route vers le nord de l'archipel.
Il s'empressa d'agripper l'anse en cuir d'une petite caisse rectangulaire en bois posée sur le sol à ses côtés. Après avoir difficilement hissé la lanière sur son épaule droite, le manieur de sceaux extirpa d'une poigne ferme une carte précédemment pliée de sa veste.
    ◈» Des questions ? — Demanda-t-il en souriant afin de paraître chaleureux.

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Tamashi Orihime
Genin de Kiri
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*Enchantée également. Je t’en prie, je sais que cette mission va être une réussite.*
- Depuis quand es-tu si procédurière, Orihime ?

Yoakaraise ricana doucement. Elle ne l’était pas le moins du monde, c’était vrai. Elle se fichait des titres de noblesse, des rangs hiérarchiques et de toute la politesse et le respect que le monde imposait. En revanche, ce que la Princesse aimait, c’était qu’on la considère comme autre chose qu’un fardeau. La façon dont on l’avait présentée, la façon que ce Jônin a eu de lui donner un ordre de rendez-vous en la toisant à peine, l’agaçait. Non pas car elle voulait être quelqu’un d’important, non pas parce qu’elle pensait qu’on lui devait le respect, non : elle ne voulait simplement pas être un fardeau, et encore moins considérée comme tel alors qu’elle ne connaissait pas son coéquipier.

Mais qu’importe, Orihime savait se tenir, savait tout de même respecter ses supérieurs et elle allait donc être ponctuelle : une heure plus tard, à la seconde près, elle était aux portes, là où le Jônin attendait déjà. Elle avait dans son sac le strict nécessaire : après tout, ils n’allaient que faire un recrutement, ils n’allaient pas sauver l’univers. Le shinobi face à elle semblait cette fois-ci plus bienveillant, plus avenant, allant même jusqu’à lui faire un sourire qui se voulait chaleureux. Un sourire qu’Orihime lui rendit.

- Non, aucune.

Il avait déjà entamé le voyage, et la Sabreuse lui emboîta le pas. Direction donc : le nord de Mizu no Kuni, à quelques heures de « marche », si tant est que sauter d’arbre en arbre était considéré comme de la marche. Le soleil était à peine couché, la brume levée depuis longtemps, lorsqu’ils arrivèrent au village des bâtisseurs qu’ils devaient rencontrer. Le voyage ne fut pas très animé, à peine quelques discussions d’usage et de politesse entre les deux Kirijins. Leur volonté partagée d’arriver rapidement les avait empêchés de se stopper plus de quelques minutes pour se désaltérer, rien qui permettait une conversation sereine. Ils furent accueillis par deux gardes pauvrement armés qui n’auraient pas tenu plus de trois secondes contre elle, et moins d’une contre son coéquipier. Ils se voulaient cependant menaçants, avec leurs lames non-affutées accrochées avec de la vieille corde usée à un long bâton de bois.

- Vous êtes ?
- Je suis Tamashi Orihime, et je vous présente mon coéquipier Hiyari Shirome. Nous sommes tous deux envoyés par Kiri pour rencontrer le… chef des… bâtisseurs ?

Elle grimaça un peu de gêne devant son incapacité à se souvenir du nom de la personne qu’ils étaient venus chercher, et devant son incapacité à donner le titre exact de celui qu’ils désiraient. Les deux gardes stoppèrent alors leur expression féroce et remirent leurs piques droits.

- Miroki-Senpaï est souffrant, et je crains ne pouvoir vous amener à lui. C’est actuellement son fils qui dirige le village.
- Et avant que vous ne demandiez quoique ce soit, il refuse tout entretien pour veiller son père.

Elle avait à peine repris sa respiration pour répondre qu’elle avait déjà été rembarrée… Elle croisa les bras en levant un sourcil : c’était au tour de son compagnon maintenant d’essayer.

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Hiyari Shirome
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La délégation de Kirigakure no Satō rencontrait un problème de taille avant même d'avoir pénétré Kakeshō. Lors de la prise d'initiative d'Orihime, le Jōnin légèrement en retrait plongea sa dextre à l'intérieur de sa veste. Il alluma hâtivement un vraisemblable cigare avant de l'apporter à ses lèvres.  
    ◈» C'est bien dommage puisque, initialement, nous sommes spécialement venus pour lui. Suite à la dégradation de sa santé, notre Mizukage nous a mobilisé. Il espérait qu'apporter une aide médicale nouerait des liens. — Il recracha une bouffée de fumée. Mais puisque vous semblez refuser des Iryō-nin... Nous pouvons rentrer.
    ◈» Prouvez le donc !
    ◈» Vous n'êtes pas les premiers imposteurs...
Shirome observait du coin de l'œil la sabreuse avant d'hausser les épaules suite à l'échec. Il leva brusquement le bas de son tee-shirt à l'aide de sa senestre afin de dévoiler à la vue de tous de nombreux sceaux tatoués à même l'épiderme de son abdomen.
    ◈» C'est quoi ce bo....
    ◈» ...C'est un fūinjutsu curatif.
Ils se regardèrent une nouvelle fois : l'incompréhension se lisait sur leurs visages. Finalement, ils abandonnèrent.
    ◈» Vous vous expliquerez avec Musuko-san.
    ◈» Merci bien. — Répliqua le Jōnin avec sourire.
La Tortue noire du Nord s'élança dans une marche totalement vive et rapide. Elle indiqua à l'aspirante, d'un léger signe de tête, de le suivre à la même cadence. Au fil des minutes, le shinobi recrachait machinalement plusieurs bouffées de fumées. Il fuyait du regard de temps à autre plusieurs individus avant de confier un petit secret à Orihime.
    ◈» Nous devons faire très vite. Je ne suis pas médecin et je suis loin d'être un inconnu ici. Je vais t'amener au bureau de Musuko, le fils de Miroki. Malheureusement, je ne pourrai pas t'accompagner puisqu'il me reconnaîtra de suite.
L'instructeur s'arrêta brusquement dans une ruelle après avoir barré la route de la sabreuse.
    ◈» Le bureau se situe à deux rues d'ici. Tu reconnaîtras le bâtiment : d'innombrables gardes seront postés aux alentours. Des rapaces trouvaient la situation avantageuse pour porter une bonne fois pour toute atteinte à ce village. De ce fait, ils ont renforcé la sécurité. Ne panique surtout pas une fois là-bas, tu es la délégation de Kirigakure no Satō. Personne n'osera te porter atteinte sauf des... terroristes ou anarchistes. Je doute sérieusement qu'il y en a ici, mais on ne sait jamais.
Shirome jeta un bref coup d'œil à droite puis à gauche.
    ◈» Tu peux tenter de convaincre Musuko d'apporter son aide à Kirigakure même si je doute qu'il coopère avec une gamine de ton genre. Quoi qu'il arrive, dans dix minutes j'interviendrai. Bonne chance.
Aussitôt dit, aussitôt volatilisé.
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Tamashi Orihime
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Les bras croisés, Orihime avait assisté, plus ou moins impressionnée, au coup de poker de son coéquipier du jour. Un sourire se dessina sur son visage lorsqu’il fit mouche et qu’on les autorisa à se rendre chez Musuko, fils de Miroki. Shirome fonça alors, à une allure plus qu’abusive selon la jeune kunoïchi au vu de la situation. Ils avaient été autorisés à entrer : rien ne justifiait une telle allure. A leur passage, les habitants du village tournaient d’ailleurs la tête, interrogés sur ces deux étrangers qui se précipitaient dans les ruelles. La raison lui fut expliquée au détour d’une ruelle étroite, où le Jônin lui expliqua la supercherie et sa notoriété qui allait le précéder. La Sabreuse haussa un sourcil, prête à rétorquer, mais elle n’en eut pas le temps : il s’était déjà volatilisé.

Dix minutes. Une occasion rêvée pour elle de faire ses preuves, aussi futiles soient-elles, aux yeux d’un gradé du village. Elle souffla légèrement, se recoiffa futilement et s’avança vers l’endroit indiqué par son supérieur. Il avait vu juste : non seulement le bâtiment était reconnaissable entre mille, mais il était surtout mieux gardé que les portes de Kiri. Les armes de fortune que les deux gardes de l’entrée avaient n’étaient plus de mises : si certains, minoritaires, gardaient ce genre de lances inutiles, la grande majorité ressemblaient à des chevaliers vêtus d’argent. Certains avaient des arcs, d’autres des épées qui reflétaient le clair de lune. Pour la première fois, Orihime comprit la richesse des architectes : les gardes qu’elle avait croisés devaient être ceux du village ; ces chevaliers la garde personnelle de l’homme qu’ils recherchaient.

Plus que huit minutes. Sans crainte apparente, elle s’avança, et à peine fut-elle entrée dans le champ de vision des gardes qu’elle fut stoppée.

- Qui va là ?

Elle s’arrêta net, ne voulant créer absolument aucune animosité. Elle mit l’emblème de la Brume qui était accrochée à son cou en évidence.

- Tamashi Orihime. Je suis envoyée de Kiri pour jauger l’état de votre chef et d’y apporter l’aide et les soins nécessaires dans l’optique de créer des relations diplomatiques stables entre le village militaire et les places fortes de Mizu.

Orihime avait repris les arguments que Shirome avaient avancé auprès des gardes, et force était de constater qu’ils furent les bons. On lui somma de laisser son sac d’armes à l’entrée, mais elle fut autorisée à entrer dans la bâtisse. Elle venait de perdre de nouveau deux minutes, mais elle se trouvait désormais à l’intérieur, dans une espèce de manoir gorgé de richesse en tout genre, de babioles inutiles et de bibelots clinquants. Elle fut escortée jusqu’à une chambre du rez-de-chaussée, où on lui fit attendre quelques secondes avant d’entrer.

Cinq minutes restantes. La pièce sentait l’encens et le renfermé, et était faiblement éclairée par des bougies. Le seul bruit qu’on entendait était la respiration rauque du vieil homme allongé dans le lit, les deux autres personnes la regardant d’un air méfiant ; un jeune homme qui était sans doute son fils, et une vieille femme qui faisait office de guérisseuse dans le village.

- Que veut Kiri, exactement ?

La question ne tarda pas à arriver et fut pour le moins abrupte. Elle allait ressortir le même charabia qu’elle avait sorti aux gardes et qui leur avaient permis de passer, mais elle fut rapidement interrompue. Plus que trois minutes.

- Gardez vos discours de politiciens pour vous. Vous n’êtes pas politicienne, et je ne le suis pas non plus. Soyons francs, ou vous ne réussirez pas à obtenir ce que vous voulez de moi. Je suis prêt à tout entendre, du moment que l’on est honnête avec moi.
- L’Ombre de la Brume a été nommée. Il entreprend des travaux dans le village, de sécurisation et de fonctionnalité. Il souhaite que les plus grands architectes du pays viennent lui prêter main forte, et il s’avère que c’est vous.
- Nous avons demandé de l’aide à Kiri dès le début de la maladie de mon père, et la seule réponse qu’on nous envoie est une gamine pouponnée et bien coiffée ? C’est une blague ?

Plus que deux minutes. Elle fronça légèrement les sourcils : c’était la deuxième fois en moins de deux minutes qu’elle était prise pour une gamine. Elle serra ses doigts qui démangeaient de prendre Yoakaraise et de les étriper sur place. A la place, elle eut un léger sourire narquois.

- Quoique vous puissiez penser, je suis actuellement la seule aide que vous avez et que vous aurez. Vous n’en voulez pas ? Bien.

Orihime tourna les talons, espérant au fond d’elle que ce petit moment dramatique servirait à quelque chose. Elle n’avait fait que deux pas quand l’homme reprit la parole.

- Attendez…

Elle sortit quelques secondes avant la fin des dix minutes annoncées. Se dépêchant sans se presser pour n’éveiller aucun soupçon, elle se retrouva dans la ruelle presque dix minutes pile après avoir quitté le Jônin, qui réapparut assez rapidement.

- Ils acceptent de nous aider, à la condition que nous les aidions à notre tour. Le père n’est pas soignable, mais la maladie va bientôt entrer en phase terminale et il va souffrir le martyr. Il y a un moyen de calmer les douleurs, mais l’espèce de potion que la guérisseuse veut faire nécessite des algues spéciales, qui se trouvent sur les côtes d’un village au Nord… mais qui refuse catégoriquement de les aider pour une raison qu’ils ne m’ont pas donnée. On trouve les algues, on a les bâtisseurs.

Un plan simple sur le papier, qui permettrait à tout le monde d’y trouver son compte.

- Je vous laisse décider ce qu’on fait. Mais, sauf votre respect, j’aimerais savoir avec qui je risque ma vie. Qu’est-ce qui vous empêchait de vous rendre vous-mêmes dans ce bâtiment ?

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Hiyari Shirome
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De son côté, l'Hiyari n'avait pas bougé d'un poil ; il restait de marbre dans l'ombre de la ruelle. Pourtant, le Jōnin venait de confirmer à l'aspirante qu'il possédait un plan. Paroles évidemment fausses. D'ailleurs, l'apparition d'Orihime après dix longues minutes d'absence, soit six mille secondes de réflexion pour le Guerrier noir, le ramena de son état de stase. Cette dernière entama le rapport avec une question des plus problématique. Avant d'y répondre, l'instructeur écrasa son mégot contre le sol.
    ◈» Shougyoukoku, Koritsumuen... La liste est bien trop longue en plus d'être complexe pour être complètement citée. En revanche...
Shirome ne savait pas de quelle manière commencer. Il évitait le regard de son interlocutrice en observant le ciel.
    ◈» J'ai été mobilisé en compagnie d'un second haut gradé du village afin de retrouver un fauteur de troubles. Nous ne partons de rien... Absolument rien. Pour ce faire, nous nous sommes divisés : je devais me diriger dans le Sud tandis que lui surveillait le Nord. Une fois à bonne destination, j'ai eu la magnifique idée de reproduire les expéditions punitives de notre cible afin de l'attirer. D'attaques en attaques, j'ai parsemé mon chemin d'éléments qui annonçaient la nouvelle cible : Koritsumuen.
Le manipulateur de sceaux plongea son regard vide dans celui de la Tamashi.
    ◈» Lors de mon ascension, Kirigakure no Satō avait envoyé deux équipes en renfort dans ce village. Par pur hasard, mon compagnon se situait déjà là-bas : il patientait l'arrivée de celui qu'il croyait notre cible — en réalité c'était moi. Alors que les Kirijins s'apprêtèrent à m'arrêter...
Il secoua sa tête avant d'aller à la finalité.
    ◈» ... Le village a été partiellement détruit à cause d'un tsunami. À la base, j'ai fait le nécessaire afin de dissimuler mon identité. Cette dernière a malencontreusement fuitée suite à la confrontation contre un criminel classé S — même s'il vaut largement le double — qui est toujours en liberté. De fil en aiguille, les habitants ont eu vent que l'auteur de ces faits, c'était moi et non lui. Le plus drôle dans tout cela, c'est que le bourg au Nord : c'est Koritsumuen. Les échanges avec Kiri sont gelés depuis cet incident.
Finalement, la Tortue noire du Nord plongea ses deux paumes à l'intérieur de sa veste puis se dirigea vers le bâtiment où couchait Musuko. Avant de ressortir de la ruelle, le shinobi s'arrêta puis lâcha un dernier regard à sa camarade.
    ◈» Je ne suis bon qu'à cela : semer le chaos. Voilà de quelle manière je réglerai tout ce bordel. — Murmura-t-il avec sourire. Tu comprendras très vite que c'est l'une des meilleures solutions.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Alors que la silhouette élancée de l'Hiyari s'approchait dangereusement de l'édifice sur-protégé, les premiers gardes dressèrent leurs armes à l'encontre du vraisemblable oppresseur. En guise de réponse immédiate, le Guerrier noir retira hâtivement sa veste ainsi que son tee-shirt. Il les jeta sur le côté afin de dévoiler aux yeux de tous le nombre incalculable de Fūinjutsu tatoué sur chaque millimètre de son épiderme. Des calligraphies japonaise amicales s'illuminèrent : « dose mortelle » (致死量), « décès » (亡), « peine capitale » (死刑).
    ◈» Oï les gars... Laissez-moi donc entrer. — S'exclama le dégénéré.
À l'entente de la réponse négative, Shirome écarta brusquement ses bras puis concentra une quantité colossale de chakra à l'intérieur de son corps. Chaque parcelle de son organisme regorgeait d'énergie ; l'Hiyari devenait une véritable cocotte minute.
    ◈» Orihime... Ce serait judicieux de t'écarter de plusieurs pâtés de maisons.


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Les agissement de Shirome laissent planer un lourd climat de doute et de crainte aux alentours. Les gardes le savent : nul doute qu’il est redoutable au combat. Cela dit, ils font partie intégrante de la garde rapprochée de celui qui cherche le repos au sein du bâtiment situé derrière eux. Leur devoir étant - quelque part - bien plus précieux que leur propre vie, c’est de courage et d’un début de véhémence qu’ils s’arment alors.

- Déclenchez l’alerte de niveau 3 !!!

L’agitation gagne les environs et les hommes s’affairent à la chose. Si le kirijin a décidé de s’attaquer à celui qu’ils protègent, il ne pourra que tomber sur les guerriers aguerris de cette région du pays de l’Eau. Guerriers qui ont reçu la formation nécessaire à leur présente profession. Seulement, au moment où tous semblent ne plus remettre en question l’issue probablement catastrophique de cette rencontre, une silhouette prend place derrière les gardes.

Assez.

Le fils du mourant fait son apparition, le visage frappé par l’amertume. D’un mouvement de bras, il demande le congé de ses subalternes et toise du regard les shinobis qui lui font face.

C’est donc de cela qu’il est question ? Un affrontement ?

Fuyant doucement les iris de ses interlocuteurs, l’héritier observe les personnes présentes dans les rues non loin de là. C’est une évidence : il faut éviter de foutre le bordel. Pour son image, celui de son père, celui de sa famille. Ravalant sa fierté, baissant doucement la tête et serrant le poing comme les dents, il s’exprime alors.

Vous avez gagné - leur soupire t-il - vous pouvez compter sur le savoir des miens afin d’aider au mieux pour la construction que vous entreprendrez…

Le chaos est une seconde nature chez les hommes et bien que cela ne soit une réponse ni une solution à quoi que ce soit en ce bas-monde, force est de constater que l’usage de la force pousse bien souvent les événements à s’accélérer sans qu’ils n’opposent la moindre résistance.

Spoiler:
 
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