Convaincre la Vox Populi {MISSION D : Capitole}

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Kaguya Kosei
Genin de Kiri
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Convaincre la Vox Populi


Feat moi-même



Dans la catégorie mission inutile et mission chiante, celle-ci n'était pas mal. La médiation n'était clairement pas le fort des Kaguya, c'était bien connu. Alors pourquoi la lui assigner ? Par moquerie ? Pour le confronter à l'échec ? Pour qu'il effraie la populace ? … Pour le rendre plus humble ? Ou peut-être que le Mizukage avait entendu que de tous les manipulateurs d'os il était l'un des rares à chercher le contact non conflictuel avec les badauds ? Une autre solution possible serait qu'il était le seul disponible à ce moment-là. Quoi qu'il en soit, il se rendait sur les lieux des travaux à reculon. Et s'il conservait son dos bien droit et la tête haute, c'était plus par obligation que par détermination. Les travaux … ils avaient été lancés après une longue conciliation des grands de Kiri. Construire un premier bâtiment communautaire. Un "Capitole", sensé regrouper toutes les branches administratives du village. Kosei n'avait pas d'avis sur la question : il se contenterait de faire ce pour quoi il avait été dépêché. Et on en revenait à ce sujet affligeant. Parler, calmer les tensions, rassurer. Ses épaules s'avachirent quelque peu indépendamment de sa volonté. En apprenant qu'on lui avait confié une nouvelle tâche, il s'était figuré partir en mission avec son Sensei fraîchement attribué. Non seulement la mission n'était pas à son goût, mais en plus son Sensei n'était pas de la partie.

Plus que quelques mètres avant d'atteindre les villageois furieux. La place choisie pour ériger ce fameux bâtiment abritait des voisins au tempérament bien trempé et à l'avis tranché. Trop de bruit, trop de poussière, trop de fréquentation, trop de risques. Bref, rien qui va. Au réveil il s'était simplement dit qu'une petite danse de la Clématite suffirait à faire fermer les becs qui piaillaient. Si c'était cela que l'on attendait de lui, on le lui aurait précisé. Or "Médiation", "Dialogue" et "Avec des baguettes" étaient ressortis. Mauvaise pioche. La première étape serait donc de rassembler les râleurs (et d'y mettre le feu ? Non), d'écouter leurs plaintes (dans un bouhahaha impossible, sous les insultes) et d'y répondre de façon à calmer les tensions. Kosei respira un bon coup. Et quelle ne fut pas sa surprise une fois sur les lieux : l'étape une s'était réglée d'elle-même.

Il se retrouva face à un amas d'une dizaine de villageois, pancartes à la main, assis ou debout, sourcils froncés, bras croisés. Le slogan "Un quartier tranquille, nos maisons ne sont pas des quilles" fit sourire le Kaguya, ce qui mit le feu aux poudres. Les cris commencèrent, les insultes également.

" - Vous nous prenez pour du bétail à nous parquer dans nos maisons pendant que vous ériger un bâtiment d'une laideur probablement affligeante ? "


" - Les nobles c'est sûr que vous qu'vous êtes bien, mais nous j'vous dis pas le bordel ! "


" - Et d'abord on bottera le cul de quiconque tentera de passer ! "


Un "OUAIS" résonna dans l'air, déterminé. Les murmures continuèrent au sein de la foule. Quel accueil sympathique. Le silence emprunt de réflexion du Kaguya raviva la flamme de colère. L'un des villageois, armé d'un gourdin qui avait visiblement déjà servi s'élança vers le Genin.

" - Vous avez tous ce regard hautain ! Pas une fois dans ma taverne, vous vous moquez du commun des mortels ! J'vais l'effacer ton sourire ! "


Kosei stoppa l'assaut du badaud ventripotent de la main gauche, et laissa son avant bras séparer l'arme de fortune en deux. Quel sourire ? Il n'avait clairement pas de quoi être réjouit. La scène eut pour effet de calmer légèrement les ardeurs, et d'éloigner le piètre assaillant. Il avait leur attention. Agir avec la plèbe comme on agirait avec les privilégiés. Imaginer qu'il s'adressait à son propre Père plutôt qu'au commun des mortels. Ça, il savait faire.

" - Bonjour à vous. Je me nomme Kosei, du clan Kaguya. Le seigneur Mizukage me dépêche à vous afin de rassurer vos esprits et d'apaiser vos craintes. Peut-être même à vous motiver à participer à l'élaboration de l'avenir de Kiri, à inscrire chacun de vos noms dans notre patrimoine futur. "


Ces loques ne pouvaient tout de même pas ignorer la politesse, si ? Un ton morne, mais professionnel. Insister sur le fait que le chef du village envoyait un Genin d'une famille importante les valoriserait. Leur proposer de faire leur renommée, ou leur graisser les pattes. Tout dans son discours visait à faire saliver.

" - La construction de ce bâtiment sera effectivement la source de bien des maux dans les prochains jours, j'en suis navré. "


Aller dans leur sens pour gagner leur sympathie, check.

" - Mais dans le court terme la balance s'équilibre. Monsieur. "


Il fixa le tavernier improvisé qui s'était élancé vers lui.

" - Que pensez-vous que les travailleurs feront à la fin de leur journée ? Qu'ils rentreront se coucher, l'air morne, en pensant à leur dure journée de labeur du lendemain ? Non. La présence d'un établissement comme le vôtre les incitera à décompresser dans la joie grace à vos consommations. "


Le tavernier sembla songeur.

" - Et vous Madame, préféreront-ils un repas froid de la veille ou chercheront-ils plutôt à réinjecter leurs économies durement gagnées dans l'un des meilleurs restaurants de Kiri ? Vous Monsieur ! Avant de rentrer retrouver leurs familles, où iront-ils faire les emplettes qu'ils n'ont pas pu faire dans leur difficile journée à participer à l'élaboration du village ? "


Le boucher bomba le torse. Un coup d'oeil circulaire avait permis au Kaguya de noter la présence d'enseignes (miteuses, mais tout de même) dans le quartier. Comment séduire la plupart des gens si ce n'est en leur proposant de jolies pièces d'argent ? Gonfle leur porte-monnaie, berce leur égo et tu les auras dans ta poche. Mais le discours semblait encore en laisser quelques uns songeurs.

" - Et à long terme, une fois le brouhaha des travaux terminés, imaginez un peu votre chance ! Toutes vos démarches seront facilitées, le passage de personnalités majeures du village vous permettra de les côtoyer chaque jour. Vous aurez le privilège d'habiter près du lieu de travail du Maître Mizukage. Imaginez la valeur que vos habitations vont prendre ! Imaginez la jalousie de vos concitoyens, familles aisées ou non puisque vous avez vous-même lancé le sujet. "


Le Kaguya semblait croire sincèrement en ses paroles. Il n'y avait pourtant pas réfléchi, privilégiant la solution de l'éradication du quartier, sachant néanmoins qu'il ne pourrait y recourir. Les cris avaient cessé. Les gestes aussi. La pancarte tombait mollement sur l'épaule de son porteur. Mais les visages restaient figés, Kosei ne savait pas si son objectif était atteint.

" - … de belles paroles pour nous adoucir tout ça ! "


Connard de tavernier. Ce n'est pas son gourdin qu'il aurait du fendre mais sa graisse ! Les cris reprirent et la pommade passée s'estompait. Il usa de sa colère pour jouer une mise en scène, dernier recours auquel il songeait. Les bras violemment levés en l'air et le visage totalement crispé, il s'écria.

" - Bon très bien ! Les Akimichi ont raison et j'avais tord ! Moi qui pensais que vous valiez bien mieux que ce tout ce qu'ils ont pu dire. "


La colère se déforma en incompréhension chez les badauds.

" - Dire quoi ? "


Touché. Kosei souriait intérieurement.

" - Les Akimichi pensent que vous êtes des ignares, incapables de vous rendre compte de votre chance, absolument pas patriotes. Je leur ai pourtant dis que vous étiez de fiers habitants du village de Kiri, que vous étiez des travailleurs émérites, que vous seriez les premiers à soutenir nos ouvriers. Il faut croire que j'étais dans le faux. "


Une mine boudeuse d'enfant. Le porte-monnaie avait du convaincre à 15%. La popularité fictive qu'ils gagneraient à l'élaboration du Capitole, 30%. Mais la corde sentimentale … la fierté, l'honneur … C'était gagné. Les visages étaient déterminés, la pancarte tomba au sol.

" - Bien sûr que nous sommes patriotes ! Nous sommes les piliers de ce village ! Le Maître Mizukage nous fait confiance ! "


" - Tout comme l'humble famille des Kaguya. "


Manipulateur. Le boucher semblait raviver la flamme, mais celle de la motivation cette fois-ci. Les cris reprirent, les mouvements aussi, mais dans le bon sens ! Comment aider les ouvriers à se détendre après leurs journées, qui les accueilleraient à quel moment de la journée, et à ton avis, elle prendra combien en plus en terme de valeur, ta maison ? Kosei semblait satisfait. Non seulement les râleurs avaient disparus, mais en plus il les avait changé en volontaires. Cracher sur le clan Akimichi finirait sûrement par lui retomber dessus, mais ces ventripotents n'avaient probablement pas assez d'honneur pour s'en soucier. Et en bonus il avait réussi à se mettre le petit peuple dans la poche : les Kaguya se soucient de vous et vous estiment. Ça ne tiendrait pas longtemps, il suffirait d'un seul des siens pour que la haine du commun des mortels à leur égard soit ravivée. Mais pour l'instant il préférait savourer sa victoire difficilement acquise. Boucher, tavernier, restauratrice, simple villageois … ils ne semblaient plus voir le Kaguya, trop investis dans leurs nouveaux plans de participation à "l'inscription de leurs noms dans l'avenir de Kiri". Il était donc temps de se retirer, sourire aux lèvres. Décidément, la vox populi est drôlement malléable.

Rappel de la mission:
 
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