[Flashback] Repos du guerrier - Ft. Yasujirō

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Nara Shikaru
Genin de Suna
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Le voyage est long, trop long. En mission officieuse pour le compte du clan des cervidés, je me suis retrouvé contraint à traverser les contrées qui séparent mon village du pays du fer. Des lieux qui me sont peu connus, que j'ai pu étudier dans la littérature plus jeune. La seule aide qui me fut offerte avant mon départ se résume à une carte et une boussole dont la science m'est encore très kabbalistique. Un nomade aurait été plus efficient pour cette course d'orientation, ou plutôt ce que je perçois comme une punition infligée par les miens. Un bizutage, un rite de passage pour un jeune homme, officiellement sacralisé ninja il y a peu. Le titre n'est que fioriture, poudre aux yeux, barrière pour séparer ceux qui domptent le chakra de ceux qui prospèrent par le commerce, l'agriculture et l'élevage. Ces derniers étant finalement plus libres que nous autre, bridés par une hiérarchie artificielle imposée par cette terminologie nouvellement instaurée pour nous classer en fonction des services rendus à notre mère patrie. Un système reposant sur la méritocratie individuelle, censée transcender l'organigramme unique à chaque clan basé sur l'ordre de naissance.

Cinq jours que j'ai passé les portes de Suna, emportant avec moi eau, nourriture et parchemin scellé. Le message était important, je devais le livrer au plus vite au chef d'un clan mineur de samouraïs. Je ne sais toujours pas ce qu'il contient, peu m'importe. La seule chose certaine est que l'échec aurait été synonyme de honte. Les retomber d'un tel affront auraient pu être fort déplaisantes si je n'étais pas parvenu pas à apporter satisfaction à mon aïeul, malgré qu'un tel voyage en solitaire ne soit pas de tout repos. La missive ayant été déposée en mains propres à bon port, je reprends le chemin retour en faisant l'erreur de délaisser le ravitaillement.

A bout de souffle. De l'air, j'ai besoin d'air. Mes jambes s'engourdissent davantage à chaque pas, mes muscles brûlent, mon corps ne peut plus soutenir son poids. L'âme ne fléchit pas, les chairs succombent à leur passion de mort, à la faiblesse procurée par le désir de s'arrêter. S'aplatir contre le sol pour plus tard mieux se relever. S'octroyer ne serait-ce qu'une fraction de seconde, le répit du soldat. Ma tête tourne et mes paupières s'alourdissent. Je lutte contre le sommeil engendré par le froid. Les sursauts ne parviennent pas à maintenir ma conscience éveillée. Impossible de rentrer à Suna si je ne prends pas le temps de me reposer. Cependant, il est trop tard. Cette décision, nantie de sagesse, aurait dû être prise il y a déjà plus de douze heures. J'ai atteint le point de non-retour et le désert ne daigne pas se dessiner au loin. La vue trouble, des étoiles plein les yeux, la chaussée déformée a raison de mon équilibre et me fait chuter sans que je puisse me rattraper à la seule chose qu'il me reste : ma volonté.

Rampant, comme un misérable insecte dénué de fierté, je me vois être à la merci du premier charognard dévorant le cadavre frais que lui offre présentement la fortune. Le cerf ravale son orgueil et s'accroche à son instinct bestial de survie. Se protéger d'éventuelles intempéries au pied d'un arbre et tenter de dissimuler sa présence semble être l'option la plus viable en attendant que le temps me rende ma vitalité.
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Ikeda Yasujirō
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Repos du guerrier






Ici, jamais rien ne faillait. La volonté des hommes était inébranlable, le froid n’éprouvant que le corps et non l’âme des mortels. L’esprit des tetsujin était habité par les piliers du Bushido, même sans être un samuraï pour autant, et leurs corps avaient été endurcis par les années à vivre dans ce pays où les hivers semblaient interminables et les étés incroyablement court mais doux. Probablement un des meilleurs lieu pour passer de l’état de jeune garçon à celui d’homme accompli. C’était ce qu’avait effectué Yasujiro. Un lieu pour changer, un lieu pour devenir meilleur. Et ce serait probablement la même chose pour bon nombres de personnes pouvant être premièrement appelées étrangères. Même si les préparatifs d’un heureux événement avaient lieu au sein même de la demeure du Shogun, le futur gendre de ce dernier avait été envoyé quelque part dans le pays avec une petite escouade dans le but d’exterminer des bandits sévissant à la frontière. “Faites en un exemple” avait dit le vénérable du Fer. Cela n’eut point été difficile.

Tandis qu’ils chevauchaient sur le chemin du retour, lui ne pouvait qu’espérer, ne pouvait que caresser l’espoir de la revoir, n’avait que l’odeur de son parfum en tête, sa voix résonnant dans cette dernière. Le groupe entier portait des masques représentant des tengus et lui parmi les autres avait dorénavant une tenue pourpre. Blanche de base, elle avait été imbibée de sang durant les affrontements avec les malfrats. Impitoyable en combat, c’est celui qui excellait dans l’art et la façon d’être un samuraï. Ce niveau avait été atteint après des années d’entraînement, un niveau qu’il comptait bien mettre au service du Shogun et ce, pour le restant de ses jours. Si seulement il avait su à ce moment là que tout déraperait plusieurs mois plus tard, il aurait pu faire quelque chose, du moins essayer.

Une silhouette dans son champs de vision s’était faite discrète au milieu de la nuit, singulière heure et endroit pour piquer un somme. Cela pouvait tout aussi bien être quelqu’un en proie à une tourmente des plus élémentaires ou un piège très cliché utilisé par des bandits trop à l’intérieur des terres des samuraïs. Le devoir étant ce qu’il est, Yasujiro fit signe à la petite troupe, quatre hommes simplement, d’aller inspecter les environs afin de débusquer d’éventuels mauvaises âmes en quête de richesses pouvant rassasier leur avarice ou de sang pouvant désaltérer leur soif de massacre, alors que le blanc de cheveux s’approchait doucement en direction de cette personne qui n’avait rien d’un misérable aux premiers abords. Descendant de sa monture d’une robe pareille à la lune, il diminua drastiquement la distance entre lui et celui qui était adossé à un arbre.

Un bruit et un corps inconnu agita violemment un buisson proche des deux personnages, ce qui attira évidemment l’attention de l’Ikeda à quelques mètres de son possible futur interlocuteur. Ce fut un énorme loup d’une fourrure aussi sombre que les ténèbres provenant du cœur des hommes qui bondit sans prévenir vers l’homme à moitié mort. Un mudra réalisé promptement, une illusion réalisée pour toutes les situations d’urgences comme les tentatives d’assassinat fut lancée sur la bête. La laissant d’abord choir aux côtés de l’étranger pour ensuite se relever et s’allonger sous l’arbre à son tour sans se coller à la chevelure noire. La peur, l’agressivité, l’envie de combattre, dévorer ce corps… Tout cela s’était évanoui chez l’animal, allez savoir pour combien de temps cependant.

Salutations étranger, vous ne semblez pas être dans une situation agréable. Peut-être avez-vous besoin d’être soulagé d’un quelconque fardeau ? en se baissant pour gratter doucement le menton du loup en souriant.

Une interrogation simplement lancée, faisant honneur au code qu’il suivait et qui dictait sa vie. Un de ses devoirs était d’aider quiconque se trouver dans l’inconfort et/ou était victime d’un mauvais coup du destin. Cependant, si cet homme avait décidé de se laisser mourir ici, il respecterait sa décision.


Apparence de Yasujiro:
 

Shikaru


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Nara Shikaru
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Le froid m'emporte dans les bras de Morphée. La fraicheur du climat montagnard est gourmande et puise dans mes réserves pour d'en délecter. Contraste fort avec les vents chauds et arides du désert où je naquis. La montage à la pointe enneigée est aussi cruelle que les dunes, l'étranger qui ose la défier tombe sous ses versants et dénivelés. Les sifflements de l'air peinent à me maintenir éveillé, le silence est d'or mais mortifère. Le sol givré me fait trembler comme une frêle brindille tombée d'un arbre, brisée à la moindre pression appliquée. La faiblesse me donne la chair de poule, mes poils s'hérissent et se dressent animés par la volonté de rester debout. La fierté connaît ses limites où celles de l'incapacité commencent. Les chairs ne sont que des instruments régis par les lois de la biologie qui ne connaissent ni merci ni complaisance. Je me fonds au décor, comme une mauvaise herbe au pied de cet arbre, comme un insecte enfoui dans le sol. La charogne est offerte au prédateur, gibier inestimable et tant attendu. Un trophée acquis sans grande difficulté, sans chasse, sans honneur. Le sommet de la pyramide alimentaire en est aujourd'hui la base, dure réalité. L'animal solitaire séparé de son troupeau n'est pas plus fort que la discrète herbacée.

Le sursaut provoqué par le grognement soudain du canidés me tire cruellement du paisible rêve. L'adrénaline est une puissante drogue réveillant mes instincts primaires de survie. Vivre à tout prix. Le kunaï aiguisé à la main, j'attends que le loup daigne engagé les hostilités avant de le poignarder comme le ferait le vicieux chasseur. La violence de l'acier et du sang contre la vie. Un mort pour un vivant. Les dernières minutes d'un animal s'écoulent comme le sable infiltre les deux parts du sablier. Le charognard grince des dents et se prépare à engloutir la proie servie généreusement sur un plateau par le pays du fer. Ses babines abondamment hydratés par la salive secrétée et l'excitation induite par les parfums de chair fraîche, rien ne le retient de bondir pour planter ses crocs dans ma cuisse.

L'odeur du sang à plein nez. La mort est ici, drapée de rouge et masquée par le visage du chien céleste. La bête noire ne tombe pas sous mes coups, mais sous l'incantation de cette invité venue de nulle part. La faucheuse est-elle ici pour moi ? L'hémoglobine coule encore de son vêtement avant de s'écraser contre le sol, révélant l'endroit d'où elle vient, semant à chaque pas quelques gouttes de ce fluide empreint de vitalité. Si elle ne s'est pas déplacée pour le prédateur, c'est qu'elle est là pour la proie : moi. Vais-je être la prochaine victime à imbiber ses tissus avant qu'elle ne s'en prenne à un autre malheureux ? Mais la mort est pourvue de parole. Les traits qui dépassent de son masque l'humanisent et la folie passagère des battements de mon cœur s'apaise. Retrouvant la raison, je me rends compte que je ne me suis aperçu de l'arrivée furtive de mon sauveur qui aurait pu s'avérer être mon assassin.

- Je suis à votre merci. Vous avez tous les droits sur ce qui sera probablement ma dépouille ; ma négligence aura eu raison de moi. La témérité du faon annihile la poussée de ses bois.

Voix tremblante et canines claquantes la bonté de cet homme venu du ciel est le seul cadeau qui m'est envoyé.

- Arpenter les chemins de la mort n'est jamais un choix. La volonté du cerf dépasse ses capacités physiques. Voilà plus de cinq jours que j'ai quitté le désert sans m'octroyer le repos du guerrier.
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Ikeda Yasujirō
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Repos du guerrier






L’homme savait donc se servir d’une arme shinobi, du moins il en possédait une. Savait-il se battre ? D’où venait-il et surtout que faisait-il ici ? Les ninjas ou tout autre militaire que les samuraïs n’avaient aucune raison d’être dans le coin, du moins pas pour une cause tenant de leurs compétences aux combat. Et si cela était le cas, rien de bon ne pourrait être présagé en premier lieu pour cette discussion qui se profilait. Aucun animosité n’était nourrie à leur égard et surtout pas de la part de Yasujiro. Seulement voilà, toute présence se voulant armée sur un territoire autre que le celui de son foyer était malvenu, peu importe les individus qui l’accueillaient en leur sein. La bête sauvage, en raison de son esprit faible, était parfaitement tenue sous contrôle grâce aux arcanes du samuraï illusionniste. Pour peu, il aurait même pu la faire ronronner si il avait perfectionné son art.

Je ne suis qu’un mortel, c’est à la volonté d’Izanami que vous devrez vous confronter si vous vous laissez périr. en le regardant dans les yeux.

La jument du blanc de cheveux, Sumiyaka de nom, s’approcha du duo d’humains à une allure qui peignait sa sérénité et sa symbiose avec le cavalier. Stoppant toute caresse sur le loup, Yasujiro se leva noblement tout en retirant son masque afin de le déposer sur le haut du chanfrein de sa monture, cela ayant pour effet d’arracher un petit bruit de mécontentement à cette dernière. Elle allait devoir garder ceci sur la tête quelques instants, le temps qu’il ne saisisse le peu d’affaires qu’il avait emmené pour son expédition punitive. Il n’y avait rien si ce n’était une couverture pour passer les nuits, de quoi allumer un feu de manière rudimentaire et des feuilles de thé de qualité supérieure.

Votre force d’esprit vous honore, étranger. C’est bien là l’une des plus grandes qualités qu'un homme puisse se targuer d'avoir. en lui tendant doucement ce qui pourrait l’aider à se réchauffer.

Il offrit un regard à un de ses subalternes posté à une vingtaine de mètres, ce dernier usant de quelques signes de main afin de l’informer que l’homme au pied de l’arbre était bien seul dans le coin.

J’ai simplement de quoi vous aider à reprendre votre route, dans l’immédiat du moins. Sachez qu’il n’y a aucun mal à demander assistance si besoin est. en se saisissant de quoi allumer un feu avant de faire signe aux quatre samuraïs avec lui. Amenez-nous du bois sec.

Ses coéquipiers sortirent de leur cachette et marchèrent sans peine dans les environs à la recherche de ce qui était demandé. Vêtus de la même manière que lui, ils avaient simplement quelques éclaboussures de sang sur leurs parures. Leurs masques étaient noirs et témoignaient d’une différence hiérarchique chez eux. Quelle ironie que Yasujiro lui rappelle qu’il fallait demander de l’aide quand il le fallait alors que lui-même ne l’avait jamais fait, ayant une fierté trop mal placée pour cela.


Shikaru
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Nara Shikaru
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La mort fait tomber son masque sanguinaire et bestial pour laisser place à la peau angevine et pâle du jeune homme argenté drapé de rouge. Son apparence juvénile laisse oublier l'odeur insoutenable de sang imprégné sur ses vêtements trahissant sa condition de samuraï. Les terres du pays de fer regorgent de ces adeptes du bushido qui se veulent si différent de nous autres shinobis malgré la proximités de nos préceptes. Le loup affamé est maintenant aussi féroce qu'un chien domestiqué. Son changement de comportement est troublant. L'homme venu me retrouver sait se servir du chakra et l'use pour d'autres arts que celui de l'acier. Une illusion, dont les rouages ne me sont pas clairs. Toujours est-il que sa présence a sauvé une vie, allez savoir laquelle. J'ai le luxe de ranger mon arme sous mon attirail dont la pointe servira à trancher une autre chair que celle du charognard.

- La déshydratation et la manque de sommeil emmêlent mes pensées à m'en faire perdre l'esprit. Je vous prie de bien vouloir croire en ma sanité. Je ne suis pas l'un de ces fanatiques dominés par leurs fantasmes.

C'est alors que je crois retomber dans ces hallucinations crées de toute pièce par les connexions cérébrales souffrantes du manque. Improbable de rencontrer un cheval du vent, fidèle à un autre personnage qu'un éleveur du clan Ikeda. Je n'ose imaginer les prouesses d'une telle monture en des lieux si différents que le désert. Sélectionnés pour résister à la sécheresse du pays du vent, l'abondance d'eau et l'absence de chaleur ne peut d'accroître les qualités de l'animal en ces lieux habités par la neige.

- Comment vous êtes-vous procuré une telle monture ? J'imagine que vous devez savoir qu'un tel étalon n'a pu vous être offert que par un éleveur Ikeda, clan du désert. A moins qu'elle ne vous ait pas toujours appartenu.

Le vol n'est un acte salué par la morale de ces guerriers du fer. Néanmoins, l'altruisme et la générosité font partie de leurs indéniables qualités. J'esquisse le sourire de la reconnaissance et prend le présent qui m'est offert. Après la vie, il me donne de quoi faire remonter ma température. Ces présents sont trop beaux pour être vrais. Suis-je également en proie aux maléfices illusoires de cet ange gardien inespéré à l'instar du loup ? Blotti dans ce pan de coton, je me recroqueville pour garder jalousement la chaleur au plus proche de mon corps.

- Vous êtes cependant témoin des limites de cette inébranlable volonté. La fierté du cerf en prend un coup et son orgueil est blessé. Je n'ai plus aucune honte à demander le gîte et le couvert dans une situation aussi critique.


Les rondins de bois apportés par son escorte noire s'écroulent à mes pieds. J'attends que le feu naissent pour m'apporter sa force.

- Est-il indiscret de demander à celui que je pense être mon messie de s'identifier ?
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Ikeda Yasujirō
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Repos du guerrier






Ainsi donc il se gardait de laisser son arme entre ses mains en la rangeant, geste sage au vu de la situation. Une énième rixe pour le samuraï serait inutile et elle serait à l’évidence fatale pour son interlocuteur. Bien qu’il pût avoir l’air d’un personnage impitoyable, voire démoniaque quand il garde tout son attirail, il n’en restait pas moins un homme. Un homme avec une conscience, une sensibilité et aussi de la compassion. Mais au final, que ce soit cela ou son code de l’honneur qui l’eut poussé à aider cet étranger, ça ne changeait rien pour ce dernier : il allait recevoir de l’aide.

La parole d’un homme est l’une de ses meilleures lames et je ne désire point émousser la vôtre. Je vous crois.

Yasujiro n’allait point remettre en question les dires d’une personne aux bords de la mort. Et quand bien même cet individu voudrait lui mentir, cela n’avait que peu d’importance pour l’Ikeda. Il n’avait aucune preuve quant à une possible déformation de la réalité en ce qui concernait son état mental, il ne pouvait simplement pas passer son chemin et l’abandonner à son sort. Cela n’était pas digne de son rang, de ses responsabilités. Loin de lui toutes ces infamies. Aux mots de cet homme en proie à la morsure du froid et à la fatigue, il se mit à sourire tout en regardant sa monture. Cela lui rappelait ceux avec qui il était lié par le sang. Sans mélancolie, il s’apprête à s’exprimer. Son histoire était somme toute simple mais cela serait incongru de la partager avec lui.

Cette jument m’a toujours appartenu. Disons simplement qu’elle est une part de moi et que je suis une part d’elle.

Les marques rougeâtres autour des yeux du jeune samuraï témoignaient pour lui : il venait bien de ce clan du désert. Tout cela était bien loin derrière lui, cela devait bien faire sept années qu’il était parti et s’était fait passé pour mort afin de rester au pays du fer, se construire une nouvelle vie, tout faire soi-même. Pour faire simple, il voulait changer de décors mais ne pouvait pas attendre de rentrer au pays du vent pour ça. D’après lui, ce fut maintenant ou jamais.

Évidemment mais cela n’est pas un mal, selon moi du moins. Ce qui ne tue pas rend plus fort dit-on. Je comprend le supplice dont vous êtes présentement la victime, il se trouve qu’il m’est arrivé de vivre pareille situation.

Ainsi donc les subalternes apportèrent de quoi faire du feu et ce, promptement. À la fin de leur besogne, deux d’entre eux partirent sur le champs afin de surveiller les environs même si le pays ne connaissait point de tourment semblable à ceux des autres. Les deux autres s’attelèrent alors à s’occuper des montures de tout le groupe. Dans le même temps, Yasujiro usa d’outils connu des randonneurs du pays de la foudre afin de faire naître les premières étincelles nécessaires à la naissance d’incandescences qui formeront bientôt des flammes. Un feu pouvant aider à réchauffer l’homme ayant visiblement besoin d’aide mais aussi le thé qu’il s’apprêtait à préparer pour lui.

Yamaga Yasujiro, samuraï au service du Shogun. Quel est donc votre nom, étranger ?


Les flammes se montrèrent rapidement mais prendraient un certain temps à prendre en ampleur. Celui qui allait peut-être se présenter à son tour devrait attendre encore un peu avant de complètement pouvoir profiter de ses bienfaits. Le samuraï saisit alors les feuilles de thé et proposa au sombre de cheveux d’en humer les senteurs, si cela lui allait en somme.

Avez-vous de quoi accueillir de l’eau afin que l’on puisse la faire chauffer et ainsi se sustenter d’un breuvage à la chaleur réconfortante ?

Il n’allait pas utiliser son masque pour cela, ce n’était point hygiénique. Rien d’autres dans ses affaires que ce qu’il a pu utiliser. Les missionnés par le maître des lieux prendraient un peu de temps pour aider le cerf à se relever et repartir de plus bel, leur devoir était aussi de veiller au bien de la population, natifs ou non.


Shikaru
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Nara Shikaru
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L’honneur des samuraïs n’est donc pas une légende, le jeune homme d’argent me le démontre depuis son inespérée venue pour me tirer des griffes du carnivore. Ses paroles ne sont pas vides de sens comme peuvent l’être celles de la plèbe Sunajin. Une noblesse venue d’ailleurs, des valeurs indéfectibles et une conduite irréprochable. La littérature ne tarit pas d’éloge à leur sujet et je commence tout juste à comprendre la justesse de mes lectures. Une culture et des traditions pures et naïves mêlées à une force physique digne de ninjas. Un regroupement de combattants logés à la même bannière ressemblant à d’y méprendre aux clans les plus nobles de ce monde. Outre son accoutrement inquiétant et son arme menaçante, le cœur de l’homme est tendre et clément. Cacher l’humanité derrière le costume pour inconsciemment se protéger des autres et de soi-même. Nous ne sommes pas si différents lui et moi.

- Est-ce votre conscience qui vous pousse à me venir en aide ou bien l’obligation qui vous incombe par vos serments ? Fable serait d’affirmer que vos us et coutumes me soient familiers, bien qu’ils ne me soient pas complètement obscurs.

La parole est d’argent. Cette puissante arme aussi luisante que la lame aiguisée est la plus efficace qui soit. Les mots plutôt que le sang. Méthode cartésienne dont fait preuve l’épéiste malgré que l’état de sa tenue rougeâtre laisse présager que l’usage de la force reste de mise dans les situations épineuses : constat qui dépasse l’auguste faon élevé dans l’éminente érudition de l’art oratoire. Particularité singulière dont les Nara ne cessent d’en répéter la fierté parmi leurs pairs.

Cependant, le détail le plus gênant de cette scène est la présence de cette jument des vents. Elle n’a rien à faire ici, rien à faire loin du désert, rien à faire sans un Ikeda pour l’aimer. Les tatouages qui marquent son visage sont l’une des pièces qui composent ce puzzle irrésolu. Symbole du clan des nomades du désert auxquels il semble se défendre d’appartenir, tout porte à croire que le samuraï n’est peut-être pas celui qu’il prétend être. L’ironie du sort ferait qu’il soit l’un d’eux. Probabilité trop infime pour que cette éventualité puisse être envisagée. Cette vie serait bien joueuse d’un natif du pays du vent vienne en aide à l’un de ses frères sans que les deux le sache.

- L’honnêteté d’admettre que vous ayez connu des moments de faiblesse me réconforte en cette situation épineuse.

Les frottements violents des granites l’un contre l’autre font naître de timides étincelles qui embrasent les rondins de bois sec. Le feu est magnifique, encore un cadeau pour lequel je n’ai rien fait, un réconfort que je ne mérite pas. J’observe avec plaisir les voûtes enflammées qui gagnent les morceaux d’arbre mort contrastant avec le tronc vivant contre lequel je m’adosse. Elles m’envoûtent et me charmes par leur danse. Leurs courbes et leurs cambrures pulpeuses me réchauffent le cœur et les membres comme le feraient les vents chauds de mon pays.

- Décliner ma véritable identité est peu de choses vu votre assistance. Nara Shikaru du clan des cerfs.

Je me rends compte être l’invité de ces lieux. Le thé m’est également offert, à croire que nous sommes dans un habitat couvert, où la maîtresse des lieux sert ses hôtes avec le plus grand respect. Ébouillantées par l’eau parcourue du feu de fortune, les feuilles infuses pour que la boisson puisse étancher ma soif et soulager la sècheresse de ma gorge.

- Voici ma gourde, vide depuis deux jours. Je suis conscient qu’il est malvenu de vous tendre ce contenant pour le remplir de votre hospitalité.

La chaleur et le repos me rendent peu à peu la force et la rigueur qui me seront précieuses pour la suite de ce périple.
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Ikeda Yasujirō
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Repos du guerrier






Le questionnement de cet inconnu relevait d’une curiosité légitime. L’avis qu’il se ferait du samuraï pourrait s’affûter en fonction de la réponse de ce dernier, ce qui l’aiderait probablement à se décider sur sa façon de se comporter, d’agir, de s’exprimer. L’étranger était peut-être assoiffé et en proie au froid, il n’en n’oubliait point pour autant les bases d’une relation saine. “Ainsi soit-il”.

Je ne saurais vous dire ce que je chéris le plus : mes propres pensées ou celles du Bushido ? Les premières ont fait que j’ai décidé d’être l’homme que je suis aujourd’hui tandis que ce sont les secondes qui m’ont forgé, m’ont aidé à le devenir. J’aime alors à dire que j’agis en adéquation avec mes principes naturels et ceux que l'on m’a inculqué.

Il n’y avait peut-être pas meilleur tirade pour exprimer son ressenti sur la chose, aussi étrange fut t-il. Un humanisme naturel couplé à celui d’un code de l’honneur des plus stricts et des plus déshumanisants dans beaucoup de ses préceptes. Cela était d’ailleurs un problème pour la majorité de la population, ne pouvant alors complètement maîtriser cet art. Mais comment la lame pouvait combattre efficacement quand elle craignait le choc contre ses sœurs, quand elle avait peur de céder, quand elle se pensait émoussée ? Elle le pouvait peut-être mais pas toujours. Et surtout pas de la manière la plus optimale. Ce fut en cela que ces escrimeurs se démarquaient du reste : la mort n’avait que peu d’impact pour eux, ne vivant que pour les honneurs et servir d’exemple aux vils malfrats exerçant leur opprobre sur le bas peuple. Le même genre d’individus qu’il avait occis peu avant.

Ne trouvez-vous pas cela ironique, sachant qu’elle résume tout ce qu’un homme est ? Nous autres samuraï nous présentons avant de combattre, c’est un respect que nous accordons à l’adversaire. Quand nous quittons ce monde, nous ne laissons rien d’autre que notre patronyme, c’est aussi une manière de continuer à vivre à travers la bouche et les écrits des autres. Hajimemashite, Nara-san. Ce même clan qui use d’arcanes secrètes afin de dompter les ombres ? avant de doucement sourire.

Ce clan, comme bien d’autres, il n’en avait appris que les bases du savoir qui était accessible pour ceux qui n’étaient point d’entre eux. Une façon de se préparer à pouvoir croiser le fer avec quiconque oserait s’en prendre à cette terre qu’il chérissait encore plus que son propre sang, sa propre chair. Cependant, il y avait bien des secrets dans ce monde et tous n’avaient pas atteint sa personne. C’est pourquoi, il se permettait de rester méfiant quant aux capacités de cet homme qui pourrait bien le surprendre, aujourd’hui comme demain.

Vous n’avez pas à vous en faire. en prenant la gourde avant de la remplir de ce qui pourra réchauffer l’âme du brave. Profitez surtout de votre force d’esprit pour vous préparer à la suite de votre voyage, vous allez visiblement en avoir besoin. avant de lui rendre le contenant rempli du breuvage.


Shikaru
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Nara Shikaru
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La clémence du vent de ce pays amplifie les flammes du camp de fortune bâti en mon nom. Le réconfort me porte mes pensées jusqu’aux bras du désert, l’impression d’être chez moi tout en étant si éloigné. Je m’imagine les odeurs revigorantes du souk imprégné des fragrances orientales de fleurs séchées, de musc et dattes à la saveur gouteuse et sucrée. L’envie de rentrer est pulsion de vie, elle refait naître ma vitalité perdue et la force qui me propulsera dans les contrées du pays du vent. Effet placebo des paroles qui s’avèrent être un remède plus efficient que la médecine traditionnelle empirique. Mes muscles sont encore trop endoloris pour m’octroyer le luxe de me lever.

- Il est surprenant d’entendre que les préceptes du Bushido n’aliènent point l’individualité de ses fidèles. Pour être honnête, jusqu’aujourd’hui, mes connaissances à votre sujet s’arrêtaient à la bibliographie qu’il me fut accessible au sein de ma famille. Les manuscrits au sujet des samuraïs ne tarissent évidemment pas d’éloge sur vous. Néanmoins, l’empreinte littéraire de l’écrivain en proie à ses représentations personnelles retranscrit généralement votre peuple comme étant conditionné à suivre des règles machinalement en oubliant toute la part d’humanité qui l’anime. C’est de ce constat que la littérature prend le pas sur la science, réalité que je tenterai de gommer en laissant ma plume sur ces écrits biaisés, soyez-en certain.

Un grand regret de constater que de nos jours, la parole soit principalement laissée aux penseurs et philosophes fabulateurs dont les dires sont indéniablement fantasmagoriques, plutôt qu’aux hommes de sciences qui puisent le savoir dans l’empirisme de la recherche et dans la répétition expérimentale, usant du résultat pour corroborer leurs dogmes. La mathématique est laissée sur le banc de touche tandis que les fables sont embellies et sont relayées au rang de maîtresses des doctrines. La plèbe est aveuglée par l’habilité des politiciens à manipuler par l’art oratoire plutôt que par la démonstration qui ne fait pas partie de leur cheminement intellectuel. L'érudition de l'alexandrin est malheureusement supérieure au quotient de l'opposé et de l'adjacent résultant à la tangente. Tout ceci me devient limpide, clair comme de l’eau de roche. Les cerfs ne sont pas mieux. Gagner leur place au conseil par l’allure et la prestance de leur bois plutôt que par l’intellect dont ils savent faire preuve. Connaître les rouages de ce système théâtral pour mieux l’infiltrer, stratégie payante mais dénuée d’honneur.

- Vous me semblez être bien informer pour un étranger du désert. Les arcanes des ombres connaissent une révolution dont seule la nouvelle génération a le secret.

Il est vrai que notre caste connaît en ces nouveaux jours une révolution aussi bien idéologique que militaire. La créativité des faons juvéniles transcendent les traditionnelles techniques ninjas de ses aïeuls. La sphère des jeunes Nara veut donner aux lettres de noblesse du clan, une modernité qui va de pair avec la création de cette cité des sables naissante.

- Vos propos sont d’une justesse avérée. N’oubliez pas que pour nous autres shinobis, le nom est synonyme de faiblesse. Il est l’identité la plus intime pour des hommes de l’ombre. Rien qu’à entendre le mien, vous imaginez déjà l’étendu de mes capacités dont le secret aurait pu être un atout si la situation est amenée à prendre une toute autre tournure.

J’accepte la gourde pleine de thé à la douce senteur et il trempe doucement les lèvres. Me délectant de ce chaleureux breuvage, je sens mes organes reprendre de leur superbe. La vision s’éclaircissant et la migraine s’estompant, je ne sais qui remercier pour la venue de cet ange de la mort.  
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Ikeda Yasujirō
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Repos du guerrier






Paroles sensées mais l’homme ne s’était point fourvoyé en premier lieu. Du moins, pas totalement. Le but des voies du Bushido n’avaient pas pour objectif de déshumaniser la personne mais son apprentissage ainsi que sa vision du monde et sa manière d’aborder les problèmes faisaient que beaucoup finissaient sans aucun sentiment, n’ayant donc plus que le sens du devoir en tête. Une bien triste manière d’illustrer la faiblesse de l’homme face à l’implacable sagesse des arts samuraïs. Une énième intercession de ce que les mortels appellaient “destin” entre ces derniers et la plénitude, l’épanouissement. Celui-là même qui leur permettait d’être meilleurs, encore et encore, jour après jour. Ironie amère.

Chacun a son idée faite de ladite chose vous savez. Je pense que pour ce genre d’ouvrages, vous devriez passer un séjour au sein même de nos terres. Vivre parmi ses sujets d’études, il n’y a probablement rien de plus efficace. Du moins, c’est ainsi que je vois les choses mais vous êtes probablement plus avertis que moi dans ce domaine.

Nul doute que le Nara saura, aujourd’hui ou demain, faire fi des élucubrations mentales de ses pairs “littéraires” et toucher du bout de son doigt la quintessence qu’incarnait la vérité qui se cachait non timidement dans les ténèbres enfouies dans le coeur des hommes, dans les âmes de ces derniers, portées par leurs paroles. C’est ainsi que voyait la chose notre samuraï alors que son interlocuteur semblait être du nombre des justes et des chercheurs de la vérité vraie. Quelque chose qui était fort apprécié par les adeptes du Bushido, du moins ceux qui avaient compris que ses voies étaient impénétrables et que ce n’était point pour rien qu’elle portait le nom de guerrier.

Certains clans ne peuvent empêcher leur réputation d’aller outre leurs terres et le vôtre en fait partie. Une révolution vous dites ? Je ne puis juger qui que ce soit sans connaissance de cause mais sachez que ce mot débecte les hauts placés à défaut de pouvoir les faire trembler. Pour moi, il est porteur d’espoir. J’espère simplement que ses instigateurs seront féroces et iront droit au but à brûle-pourpoint. Après tout, même l’homme qui est porté sur l’intellect se doit d’être intrépide non ?

Ainsi était donc la pensée de la chevelure immaculée. N’ayant jamais vécu de révolution ou rencontré de révolutionnaire (et ce dans n’importe quel domaine), il ne pouvait que se fier à son instinct, à la nature humaine mais aussi au sens des mots. Ce dernier était malheureusement bien délaissé par les hommes, créant bien des situations tenant plus de l’équivoque qu’autre chose.

Exactement et je vous comprend. J’avoue ne m’être jamais attardé sur le cas de vos semblables, probablement ont-ils quelque chose à m’apprendre ? En parlant de vos amis shinobi, comment se porte votre convalescence, membre du clan Nara ?


Le sourire était de mise et l’espérance que cet homme puisse retrouver les siens au plus vite accompagnait ses dires. L’individu qui restait bien trop longtemps loin de chez lui avait malheureusement à oublier qui il était réellement…


Shikaru
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Nara Shikaru
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- Peu importe d’où l’on vient, omettant la loterie des naissances, la vie doit être vécue. Laisser notre empreinte autre que part le patronyme est l’objectif du cerf. Le faon à la gueule enchaînée dès le berceau veut se faire entendre pour le bien des siens. Notre fonctionnement patriarcal doit être transcendé au profit de tous. Les mots de la biche doivent avoir le poids de celui qui arbore fièrement ses bois. Toutefois, cette voie n’est pas la plus aisée à suivre, celle du silence serait se contenter du confort de vie qu’il nous est offert d’avoir. Nous savons pertinemment qu’un tel soulèvement de la part de la jeunesse sera vue d’un mauvais œil, voire prise pour de l’insubordination et de l’insolence par les anciens. Mais si notre croyance en cette rébellion est sincère le chaînes ne pourrons point éteindre cette flamme qui nous anime.

C’est dans l’union des partisans que se trouvent le triomphe. Nos liens familiaux doivent être le fondement de la force de notre cohésion. Militer sans l’acier, s’exprimer par les paroles, trouver les mots justes pour être écoutés. Bien que l’âge soit en notre défaveur, je n’ai nul doute que la persévérance transcende les préjugés. Faut-il encore que projet nouvellement né en répondre à l’oppression ne soit pas étouffé dès le berceau.

La boisson alléchante, la vive chaleur réconfortante et la stimulation de nos échanges m’ont redonné cette force et cette vitalité qui me furent enlevées plus tôt. Mon allant retrouvé, le chemin du retour doit être entamé. Encore deux jours de marche avant d’être parmi les miens. La gourde remplie du désaltérant breuvage, je peux me permettre de compter sur cette unique provision pour la suite de ce voyage. Mes muscles ont retrouvé leur tonus. Même si je dispose d’une monture aussi exceptionnelle que cette jument du vent masquée de l’apparat recouvert de sang, je peux m’en remettre à mes jambes qui me porteront jusqu’à Suna. Le baume au cœur, je me sers du tronc sur lequel est adossé mon échine pour me relever. Sourire aux lèvres, les yeux reconnaissant de l’assistance qui m’a été portée, j’ai un geste si simple et pourtant si rare : une poignée de mains.

- Votre altruisme vous honore, je ne manquerais de le colporter jusqu’au pays du vent. L’hospitalité des samuraïs est une réalité qui manque de visibilité, je tâcherais que ce ne soit plus le cas dès mon retour à Suna. Sachez que si vous recherchez le gîte et le couvert, les cerfs se feront un plaisir de vous accueillir, frères et monture y compris.

Remettant ma cape sur le dos, je quitte le pied de cet arbre qui fut mon refuge.
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Ikeda Yasujirō
Genin de Suna
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Repos du guerrier






Les mots furent lourds de sens et la détermination du cervidé mettaient en évidence les idéaux du parolier du désert. Celui-là même qui semblait être en proie au froid, à la détresse, à la fatigue… Il est clair qu’un homme ne se laissait jamais abattre. Et, quand il vivait un moment des plus difficiles et éprouvant, le bipède ne repartait que de plus bel, s’efforçant malgré lui à donner le meilleur de soi-même, à se rapprocher de la force du lion et de la pureté de l’enfant. Cette pureté que sa mère lui accorde en le mettant au monde, cette force que son père lui inculque au fur et à mesure de son éducation.

L’homme qui suit le chemin qui lui semble juste… Rien ne saurait le contraindre à arrêter et il serait fortement épaulé par les divinités. Un tel être, s’il se montre intrépide, viendra à bout de toute menace. Que vos valeurs et vos idées vous mènent à la droiture d’esprit et sur le chemin des bons.

Pas de plus grande difficulté pour eux, créatures éphémères, que de ne point de fourvoyer. Que de faire les bons choix, que de s’éloigner du mal. Que de savoir accorder son pardon, que de savoir accepter l’aide et la main qui leur est tendue. L’ego et les ambitions ne visant que le bien de soi étaient à proscrire, rien d’honorable ne pouvait en ressortir. Ainsi allait la vie pour les samuraï, ainsi filait le temps et ainsi étaient rédigés les écrits les concernant. Ces hommes, d’un corps athlétique et au style épuré, paraissaient comme de véritables barbares au milieu du champ de bataille, massacrant tout adversaire se présentant devant eux et ce, sans distinction d’âge, de sexe ou encore d’appartenance ethnique. Seulement, certains se tenaient au-dessus du lot et faisaient parfois des concessions qui leur coûteraient la vie parmi les leurs. Ceux-là même qui accordaient leur miséricorde à qui le demandait sincèrement.

Je ne puis que vous remercier pour être l’homme juste que vous êtes. en acceptant la poignée de mains, sourire aux lèvres. Très bien. J’espère vous revoir un jour, en d’autres circonstances ceci dit. Que votre route vous soit facilitée et que vous retrouvez les vôtres sain et sauf.

Tandis que son interlocuteur partait, Yasujiro éteignit le feu de camp improvisé puis réajusta la formation de ses hommes avant de repartir en trombe vers la demeure du Shogun, ayant un rapport à rendre et la présence de sa douce à aller quérir.  


Shikaru
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