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L'art de l'arrogance — Kosei

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Kigenso
Genin de Kiri
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C'est avec succès que Kigenso avait réussi à intégrer le village de la Brume. S'il répondait désormais au nom de Kuroi Saburō, il restait toujours le même. Pourtant, il aurait été parfaitement capable de se forger une toute nouvelle personnalité. Il ne jugeait tout simplement pas nécessaire d'opter pour une telle stratégie. Le mensonge afin d'approcher une cible n'était pas un problème pour lui, loin de là. Mais dans une situation où il devait se hisser au sommet de la hiérarchie - sans connaître le but final - il était très difficile pour le garçon de s'enfermer dans une carapace mensongère. Le simple fait de porter un faux nom le dérangeait énormément. Par conséquent, il préférait être lui-même. Une option qui lui permettrait d'éviter des erreurs idiotes qui pourraient semer le doute sur sa personne. Ce qui l’amènerait inévitablement à l'échec. En étant lui-même, il n'avait rien à craindre. La seule bêtise possible serait de donner son nom de code suite à une rencontre avec quelqu'un. Le nouveau Kirijin était suffisamment compétent pour ne pas commettre une gaffe pareille. Dans cette sorte d'infiltration, le seul danger était lui-même. Heureusement pour lui, il en avait conscience.

Le garçon vérifiait les provisions pour ce mois-ci. Concernant les vivres, tout semblait être en ordre. Néanmoins, quelque chose commençait à lui manquer. Enfin « manquer » ... Il avait en réalité de quoi tenir plusieurs semaines, mais il préférait anticiper la chose. Le côté maniaque reprenait visiblement le dessus ... Ah oui. Qu'est-ce qui ne lui manquait pas ? De l'encre. Il avait beau être capable de générer cette substance lui-même en utilisant un jutsu, il aimait bien en acheter auprès des marchands. Généralement, il utilisait l'encre acheté pour s'occuper dans son temps libre. Comme le dessin, qui était certainement son activité favorite.

Direction la place marchande de la Brume. Le garçon aux cheveux blanchâtres savait très rapidement s'adapter à un tout nouveau environnement. Il ne lui fallut que très peu de temps pour trouver ses repaires au sein du village. S'il avait besoin de quoi que ce soit, il savait très exactement où se rendre. Un chasseur traquant sa proie dans un territoire inconnu risquait bien plus de choses qu'un chasseur avec le sentiment d'être à la maison. Si Kigenso était convaincu d'être supérieur à la plèbe Kirijin, il ne pouvait pas tout se permettre. Une personne qui arrivait du jour au lendemain et qui avait l'accoutrement d'un noble paraîtrait suspect. Au programme : une tenue toute simple, énormément marquée par le noir. De cette manière, il n'attirait pas l'attention sur lui et passait pour « monsieur tout le monde ». Sur le chemin, le curieux remarqua un origami par terre. Certes, il avait quelque chose d'autre à faire, mais il voulait se pencher un peu plus sur cette forme d'art qu'il connaissait plus ou moins.

« Quel manque de respect ... »

Dit-il tout bas.

La création semblait plutôt bien réussie. Néanmoins, elle était gâchée par son créateur qui l'avait laissé dans les rues du village.

« Les rues ont tendance à être ... »

Manipulation du pliage. Formulation des signes.

« ... sales. »

Cette création prenait de plus en plus d'altitudes. On pourrait même croire qu'elle était vivante ... Dans l'idée, c'était ça. Kigenso contrôlait le papier après lui avoir « greffé » des ailes.

Une création qui mériterait d'être mieux entretenue ...
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Kaguya Kosei
Genin de Kiri
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L'art de l'arrogance


Feat Kigenso



Kosei avait décidé de prendre un peu de repos après des jours successifs quelques peu éreintants. Le clan Hiyari lui donnait du fil à retordre, mais l'aidait à s'améliorer davantage dans la voie qui lui avait été choisie. Bien qu'il avait finit par accepter ces deux défaites successifs et enrichissants, il n'en restait pas moins à fleur de peau. Admettre un échec c'est une chose (inaccessible en général pour un Kaguya), mais deux et en si peu de temps … il l'avait mauvaise. Kosei avait pourtant quelques arguments pour tenter de se justifier : les deux adversaires étaient des Jonin. Leur expérience était donc plus grande que la sienne, et son clan se fermait peu à peu à lui depuis l'annonce de son affectation. Comme il l'avait lui-même annoncé, la réputation de son nouveau sensei lui pesait déjà sur les épaules. Mais à quoi bon se chercher des prétextes : sur un champ de bataille les opposants se moquent tant du grade que de l'âge de leurs adversaires.

Le Kaguya avait reçu quartier libre pour ce matin (ou autant dire qu'on l'avait dégagé du terrain familial), et il en profitait pour se remettre de ses quelques blessures. La marque de strangulation persistait malgré le temps qui s'était écoulé. Il s'était dis qu'un marchand commun pourrait sûrement lui fournir quelque baume pour masquer la trace disgracieuse. Sans compter qu'elle faisait jaser. Certains critiquaient les manières outrancières des Kaguya sur les leurs. D'autres plus idiots accusaient le gamin de s'être infligé ça tout seul : bien sûr, se pendre avec une corde qui ne cerne pas son cou, c'est aisé. Les gosses du village eux prétendaient que le Genin avait été envoyé en mission contre des adversaires redoutables. Kosei aurait abattu les deux, et aurait mangé les os de celui qui l'avait marqué, devenant ainsi un démon. Pourquoi pas. Cette version là lui plaisait : c'était encore plus facile de surgir et d'effrayer les petits tordus.

Le voila donc à déambuler parmi les étals. Comme à chaque fois que son esprit est troublé, le Kaguya trifouille une feuille de papier. Aujourd'hui ce serait une grue : il parait qu'elle est de bonne augure. Peut-être que ça lui porterait chance pour ses combats futurs ? Il n'y croyait pas, mais se mentir a parfois des avantages. L'animal achevé avec tact et doigté, il le dépose dans une petite flaque et poursuit son chemin. Il n'aurait pas à aller bien loin. C'est une vieille femme qui vint directement à sa rencontre. Kosei se rappelait son visage : elle l'avait observé durant l'une de ses missions pour apaiser les villageois. Elle le remercia chaleureusement, plaidant que les manifestants menaçaient de casser sa propre demeure pour retarder le chantier. Le Kaguya n'y comprit pas grand chose, et ne sut comment réagir à tant de gentillesse. Il se contenta donc d'un vague "merci". Elle l'entraîna devant son petit fatras de crèmes en tout genre.


" - Celle-ci fait des miracles : le bleu étrange que vous affichez disparaîtra dés demain si vous l'appliquez ce soir ! Les effets de la lune pleine vont accroître ses vertus, parole de Grand-mère Marmotte ! "


Décidément, les gens de Kiri sont bien étranges. Il ne chercha pas à discuter davantage (d'autant que le visage de la vieille s'était montré menaçant quand il avait douté de la Lune elle-même). Il régla son achat, et commença à s'éloigner. A appliquer ce soir, à cause de la Lune possédée, c'est une marmotte qui lui a dit. Non, ce n'était pas ça. Et en quelle quantité ? Combien de jours ? Y avait-il des effets secondaires ? Kosei se retourna pour flanquer toutes ces interrogations à la tronche de la vendeuse, quand quelque chose d'autre l'interpella. S'il avait déjà appliqué la crème, il aurait accusé sa créatrice de sorcière : voila maintenant que sa grue se mettait à voler ! Il se frotta les yeux, compta ses doigts, scruta le visage de la vendeuse. Elle aussi était perturbée, ça ne concernait donc pas que lui.

Il s'approcha lentement de sa création. Elle l'avait pourtant prévenu : les effets de la Lune !

" - Bah mince alors … c'est nouveau ça ! "


Les ailes de papiers restaient immobiles mais deux nouvelles, teintes à l'image des corbeaux, s'étaient ajoutées. Et elles s'agitaient, permettant ainsi au papier de prendre son envol. Le Kaguya contempla le spectacle, bleuffé. Son premier réflexe aurait été de passer du baume sur l'animal fictif, et de lui conseiller de ne pas se montrer à la lune. Voila qu'il divaguait. L'objet continuait son chemin, si bien qu'il allait bientôt être hors de portée. Se hissant sur la pointe des pieds, Kosei le saisit.

" - … je m'en souviendrais si je t'avais autorisé à te faire la malle de la sorte. C'est la vieille qui t'a ensorcelé pour me jouer un tour, n'est-ce pas ? "


Le Kaguya effleura les ailes de trop, par curiosité, et se retrouva les doigts plein d'encre. Il scruta la vendeuse d'un air soupçonneux, mais son incrédulité le laissait perplexe. Alors, qui d'autre ?
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Kigenso
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Kigenso avait beau avoir animé cette création en papier, il gardait une certaine distance avec elle. Dévoiler son art devant de nombreuses personnes n'était clairement pas une bonne idée. Alors il marchait et contemplait les réactions stupéfaites des villageois. Il faut dire qu'observer les personnes s'interroger sur le pourquoi du comment était plutôt amusant. Pourtant, le garçon n'était pas du genre joueur. Prendre un malin plaisir à voir le trouble aux travers des personnes provoquait un sentiment de satisfaction. Une sensation que le manipulateur d'encre appréciait tout particulièrement. Elle permettait de mettre en confiance la personne, chose dont il avait besoin très régulièrement. Encore plus après avoir rejoint les rangs de Kiri. En effet, il n'y a plus personne pour lui dire qu'il effectuait du bon travail. S'il pouvait exploiter tout son environnement pour être convaincu de ses capacités et de ses prises décisions, le bénéfice ne serait que plus grand.

Alors qu'il continuait sa route pour atteindre la place marchande, une personne était intervenue pour récupérer l'origami volant. Kigenso avait pris quelques secondes pour s'en rendre compte, mais n'avait pas réagit au quart de tour. Non, il s'était approché en s'adossant contre un mur, les bras croisés. La position parfaite afin d'observer la cible ... Qui, étrangement, parlait à cette création. Et à en croire ce qu'il disait, il était l'auteur même de ce pliage ... Voilà une situation très intéressante. Kigenso avait l'occasion de rencontrer une personne avec un certain talent, mais surtout comprendre pourquoi il laissait traîner son travail dans la rue.

En jouant avec le feu, on se brûle. En jouant avec l'encre, on tombe le Kuroi.

« De la sorcellerie ... ? Et puis quoi encore ... »

Après avoir élevé sa voix, il se redressait pour s'approcher lentement de Kosei. Il avait réussi à rompre très bêtement ce petit tour de Ninjutsu.

« Tu ne pouvais pas toucher avec tes yeux, comme tout le monde ? Tu viens de tout gâcher. »

Il parlait très lentement, avec un certain ton qui pouvait agacer son homologue. Une façon de parler qu'il appréciait bien, car elle avait tendance à faire craquer les personnes en face de lui. Soit elles coupaient court à la conversation, soit elles cherchaient la confrontation directe. Dans les deux cas ... Kigenso en sortait gagnant. Si le discours pouvait être agaçant, la gestuelle - aussi lente que les phrases - qui accompagnait les paroles l'était encore plus.

« Ce que tu viens de toucher ... C'est de l'art. Ne compare pas cet art à de la vulgaire sorcellerie qui ne fait qu’impressionner les plus naïfs d'entre-nous. Le respect, ça s'apprend. »

Un peu de provocation, que demander de plus ?

En réalité, Kigenso avait très mal pris le mot employé par Kosei. Même s'il ne l'avait pas vu, qu'il ne savait pas qu'il était l'auteur de ce petit tour, le manipulateur d'encre avait du mal. Comme si l'essence même de son existence était réduite au plus bas ... Et encore ! Le plus frustrant venait du fait que la remarque venait d'une personne qui visiblement, laissait ses affaires traîner n'importe où.

« Enfin bref. Il y a toujours eu des idiots dans ce monde et visiblement, il y en a encore. Tu es l'auteur de l'origami ? Pourquoi l'avoir laissé dans la rue ? Tu ne respectes même pas ton art ... Tu n'as pas honte de toi, humain ? »

S'il ne voulait pas se sentir supérieur par l'accoutrement, il se sentait obligé de le faire savoir par la parole. Comment l'individu comptait-il réagir ? Il y avait une belle occasion de se moquer de Kigenso. Chose qui risquait de faire monter la tension qui semblait s'instaurer petit à petit.
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Kaguya Kosei
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L'art de l'arrogance


Feat Kigenso



L'encre s'écoula le long de ses doigts et alla se perdre sur le sol boueux du village. L'avait-il cassé ? Kosei se le demandait. La créature de papier redevint aussitôt un pliage bien banal, ce qui frustrait le jeune homme. Avoir goûté à un tel plaisir visuel, l'observation de son zoo en origami lui semblerait désormais bien morne. Dommage. Il conserva tout de même la grue, la repliant délicatement pour la mettre à l'abris dans sa poche. Celle-ci s'était montrée particulière, elle méritait davantage qu'une flaque d'eau. Un individu étrange venait d'interpeller le Kaguya, d'une manière bien peu subtile. Il sortait lentement de l'ombre, tel un lâche qui rampe hors des bois. Cette première attitude déplu totalement au Genin. Provocateur, imbus de sa personne. Et pourtant ce type n'était pas de son sang, il en était certain. Ce terrain là il ne le connaissait que trop bien : un bon Kaguya est égocentrique et imbuvable.

" - Qui vient de tout gâcher, celui qui se saisit de l'oeuvre afin d'y ajouter une pointe de réalisme ou celui qui rompt le charme ? "


S'il fallait jouer des rounds, Kosei ne s'en sentait pas intimidé le moins du monde. Cette entrée en matière le frustrait néanmoins : lui qui était curieux de tout, il ne pourrait visiblement pas poser ses interrogations à cet être imbuvable. Comment avait-il pu insuffler la vie à du papier (aussi qualitatif soit-il) en y injectant "simplement" de l'encre ? Etait-il capable de créer ses propres œuvres de A à Z ou se contentait-il de se baser sur le travail des autres ? Le mystère resterait sûrement complet.

" - Je te retourne la chose, seul un abruti oserait parler de la sorte à un représentant de clan renommé. Mettons ta maladresse sur le compte de l'ignorance. J'y ajoute aussi le manque de goût vestimentaire. A moins que ta personnalité ne soit aussi terne et banale que de l'encre ? "


En vérité, il n'y avait là rien d'agressif. Kosei avait simplement appris à répondre aux attaques verbales en rebondissant dessus. Mais ce genre d'échange infructueux l'avait toujours ennuyé. A quoi bon gaspiller de l'énergie si l'on en tire rien en retour ?

" - Pourquoi poser des questions dont tu as déjà les réponses ? Oui, c'est moi. Je les laisse dans la rue parce que ça amuse les gosses et que je ne vois pas l'intérêt de les stocker dans une pièce froide. "


Même si effectivement beaucoup l'avaient déjà blâmé pour ce manque de respect vis à vis des autres.

" - C'est étrange de me qualifier d'idiot et d'artiste en si peu de temps. Es-tu certain de qui est l'imbécile dans cette affaire ? Tu sembles confus, mouton noir. "


Le Kaguya ne savait plus s'il devait embrocher son interlocuteur ou continuer de jouter verbalement jusqu'à la fin de la journée. Cette personne se voulait volontairement agressive, et il n'était pas certain d'avoir la volonté de céder à ces exigences. L'origami précédemment conservé perdait de sa splendeur au fil des mots du manipulateur d'encre, si bien que Kosei en finit dégoûté. Il le sortit de sa poche et l'embrocha net avec l'os de l'avant bras, comme pour abattre une créature définitivement. Mais cette grue n'avait pas de cœur, et la vie l'avait abandonné en même temps que l'encre qui l'avait pollué, était-ce réellement nécessaire ? Sentimentalement pour son créateur originel, oui.

" - Et toi du coup ? Que fais-tu de ton propre art ? Tu le gardes pour toi seul ou tu l'exposes au gré du vent par le biais de réalisations qui ne t'appartiennes pas ? "


Avait-il la moindre chance d'avoir un discours rationnel avec le provocateur ? Il n'en était pas certain. Pourtant l'échange aurait pu être enrichissant. Kosei n'avait jamais entendu parler d'un don aussi original et fabuleux, ni dans Kiri ni dans le reste du monde. Venait-il donc d'arriver ? Il avait la mémoire des visages et des voix, mais rarement du bas peuple ce qui lui compliquait la tâche. Si ça se trouve ce type (qui semblait un peu plus âgé) avait vu naître le village, et avait déjà croisé le Kaguya. Il se mit à se demander s'il avait pu lui causer du tord sans s'en rappeler, ce qui justifierait l'altercation. Mais ce genre d'individu n'a pas besoin de raison pour lancer l'assaut, et finalement son origine ne l'intéressait déjà plus. Contrairement à son talent particulier …
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Kigenso
Genin de Kiri
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À peine la première phrase de Kosei terminée que Kigenso affichait un grand sourire. La toute première réponse semblait très sérieusement l'amuser. Une réaction pour le moins surprenante, lui qui s'était plus ou moins énervé après avoir entendu que son art s'apparentait à de la sorcellerie. Ce n'était qu'un moyen comme un autre utilisé pour déstabiliser un vis-à-vis. Dans un premier temps, il jouait le provocateur. Suite à quoi, il exprimait un amusement inexplicable. Un amusement qui pouvait signifier différentes choses. La première : tout ceci n'était qu'une plaisanterie. Une blague de mauvais goût pour amuser la galerie. La deuxième : continuer à agacer la cible. S'il semblait amuser, cela signifiait qu'il ne prenait pas au sérieux la personne avec qui il parlait. Qui s'en fichait royalement de ce qu'il avait à dire. Si c'était le cas, la situation risquerait de dégénérer. Une conséquence qui serait très négative pour son intégration, ainsi que son quotidien. Derrière ce sourire très enfantin, il gagnait plus ou moins du temps. Non, il n'ignorait pas l'individu. Il analysait simplement la situation en cherchant le meilleur pour pencher la balance de son côté. C'est là où le garçon arrivait à tirer tout son potentiel : se servir des éléments de l'instant présent pour rebondir dans de meilleures conditions.

Tout de même ... Cette personne avait du répondant. Elle intéressait même Kigenso, qui aimait ce genre d'attitude. Rien de plus frustrant qu'une personne se laissant marcher dessus. Dans ce monde-là, aussi dur soit-il, le chasseur devait être chassé. Malheureusement, cette vision des choses n'était pas acceptée et reconnue par tout le monde. Il y avait toujours des personnes soumises à d'autres, qui n'avaient jamais le cran d'entreprendre quoi que ce soit pour changer les choses. La loi du plus fort, tout simplement. Et Kosei ne semblait pas être du genre à se laisser soumettre. Bien plus qu'une simple réponse, il semblait clairement prendre l'avantage. Fort heureusement pour le manipulateur d'encre, le Kaguya venait de lui offrir une porte de sortie. Du moins, une occasion de pouvoir la créer.

« Ha ... Hahaha ! »

... ?

« Du calme l'ami ! Ce n'était qu'une petite blague, haha ! »

Le choix numéro un ... Pourquoi donc ? Kosei disait être le représentant d'un célèbre clan, encore fallait-il savoir lequel. Une mauvaise impression pourrait entraver la mission de Kigenso. Il était contraint de jouer la carte du blagueur. Dans le cas contraire, il ne ferait que s'enfoncer.

« Tu aurais vu ta tête ... J'en meurs de rire, haha ! Je m'excuse si tu l'as mal pris, hein ... »

Dit-il en grattant nerveusement sa chevelure blanchâtre.

Un bel exemple de changement de personnalité. Très utile dans des situations comme celle-ci.

« Je me présente, Kuroi Saburō ! Et pour te répondre, je n'ai pas tendance à publier mon art de la sorte ! Généralement, je garde mes œuvres chez moi. J'ai aussi tendance à être curieux, alors lorsque je vois une belle chose ... Je ne peux pas m'empêcher de la toucher ! Encore désolé, haha ! »

Le nouveau Kirijin savait y faire. Bien évidemment, l'échec était possible. S'il se faisait démasquer, la déception serait immense. Il avait tout donné dans cette prestation très mensongère. En arrivant à comprendre la supercherie, Kosei ne ferait que confirmer son intelligence. Par conséquent, son profil serait très intéressant à suivre. Néanmoins, il illustrait aussi le genre de profil à problème. Dans le cas où il comprenait que Kigenso bluffait, des tensions risqueraient de perdurer. Qui sait jusqu'où, pourrait-il aller pour lui faire de l'ombre ? Honnêtement ... Le peintre ne préférait pas y penser.

« D'ailleurs, très jolie pliage ! Je comptais aller m'acheter de l'encre. Tu veux m'accompagner ? Nous aurons l'occasion de parler d'art ! »

Quelques compliments et le tour devrait être joué ...
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Kaguya Kosei
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L'art de l'arrogance


Feat Kigenso



Kosei en vint à se demander si tout les types de Kiri étaient bipolaires. D'abord Shirome qui l'avait accueillit avec un grand sourire puis l'avait étouffé. Ensuite un autre Jonin qui l'avait éreintée avant de le conseiller (et qui se comportait aux antipodes de son cousin). Et maintenant ce type. Il l'avait provoqué, Kosei avait répondu, et maintenant il lui rouait comme un idiot. En était-il un ? Un benêt qui ne sait pas ce qu'il dit ? Ses réponses lui avaient-elles plu ? Était-il plus tordu et manipulateur que ça ? Le Kaguya n'aurait su dire. Ce comportement schizophrène le laissait perplexe. Quelque chose lui chuchotait de poursuivre son chemin, mais la curiosité primait sur la prudence. Le petit plaisantin (qui visiblement avait aussi peu de compétence dans le domaine que Kosei) changea de ton comme de chemise. Ou plutôt comme de masque vu la transition. Sa tignasse immaculée de blanc titillait également le Genin. Habituellement signe d'appartenance à sa propre famille, il était rare de croiser des individus portant cette teinte. Une vieille légende disait que la plupart des Kaguya finissait par perdre la raison, et que le clan avait choisi de se séparer de ces poids pour purifier leurs rangs. Alors pourrait-il être de ceux-là ? Non, aucune chance.

Kosei redoubla d'effort pour ne pas oublier le nom de son interlocuteur. Saburõ, ça ne lui disait rien. Mais pas étonnant pour un gamin qui n'a quitté le village qu'à de rares occasions.

" - Kosei, enchanté. C'est dommage de séquestrer un tel talent. Surtout quand on peut littéralement donner vie à son art ! "


Les deux cercles rouges présents sur son front étaient suffisamment connus des peuples de Kiri, il ne songea donc pas à renseigner l'individu sur son nom de famille. D'autant plus qu'il avait empalé la grue sans que l'autre n'esquisse le moindre signe de surprise. Il lui indiqua néanmoins son prénom, tant par politesse que pour paraître plus sympathique. Quelque chose en ce "Kuroi" le mettait mal à l'aise, sans réussir à mettre le doigt dessus. Une sensation qui ne le trompait jamais. Malgré tout l'artiste lui proposa de l'accompagner chercher de l'encre supplémentaire, il n'y voyait donc pas de danger quelconque. Surtout en plein cœur du village, que craignait-il ?

" - J'espère que ce sera l'occasion d'en voir un peu plus. Tu as une préférence généralement ? Animaux, objets, paysages … Et tu te cantonnes au noir ? "


Sa question lui sembla aussitôt idiote : comment donner vie à un paysage ? Par un genjutsu, d'accord, mais avec de l'encre …

" - En revanche je ne me considère pas comme un artiste. J'aime la sensation que procure le pliage, mais ça s'arrête là. "


Concrètement non, il avait toujours considéré les membres du clan Kaguya comme des artistes. Par leur manière d'user de leur corps pour modifier les paysages, pour maîtriser leurs adversaires. Quelque chose dans leur style de combat semblait à la fois poétique et innovant. Mais il n'était pas question dans le cas présent de ce genre d'oeuvre. Cette petite réflexion amena Kosei à une nouvelle question.

" - Tiens d'ailleurs, si tu n'uses pas de tes compétences pour ravir les gens, tu dois sûrement t'en servir pour autre chose, non ? Le combat par exemple ? "


Encore une preuve qu'il n'était pas un auteur d'oeuvre : l'idée que l'art puisse être une simple façon de s'exprimer ne l'avait pas effleuré. Tout devait avoir une utilité, sans quoi où est l'intérêt de gaspiller son énergie ?
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Kigenso
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Le plan, venait-il de marcher ... ? Apparemment, oui. Quel soulagement ! Enfin ... C'est ce que Kigenso pensait. Kosei n'avait rien dit vis-à-vis de son comportement bipolaire et sa piètre plaisanterie. D'autant plus, le dialogue et l'ambiance n'étaient plus du tout pareils. Qui sait, au fond de lui, il soupçonnait peut-être le garçon. Si c'était le cas, il était très fort. D'autant plus que le Kuroi lui avait proposé de l'accompagner pour ses achats, plutôt que couper court à la conversation. Une décision qui pouvait être une grossière erreur. Fort heureusement, le garçon n'avait pas à s'inquiéter de la présence régulière de sa mère. Lorsqu'il avait des missions à accomplir, cette terrifiante femme avait tendance à le surveiller de très près. Il n'avait jamais connu les conséquences d'un échec et préférait ne pas y penser. S'il faisait une bêtise au sein de la Brume, les représailles étaient moins importantes si elles venaient de la direction du village. Néanmoins, s'il enchaînait bêtise sur bêtise et qu'il échouait cette mission ... Il se demandait s'il vivrait encore. Pour le moment, il devait tout simplement garder l'élan qu'il avait pris. C'est-à-dire dissiper toutes mauvaises idées que Kosei pourrait avoir en se faisant réellement passer pour le gentil bonhomme. En revanche, le temps qu'il comptait passer avec lui ne devait pas être trop long. Quelques échanges sur l'art, très peu de personnel si possible et fin de l'histoire.

« Kosei ? Très bien ! C'est vrai que c'est dommage ... Fin, je ne sais pas. Je suis encore jeune, alors je préfère prendre mon temps et apprendre dans mon coin. Quand je serais un peu plus âgé, j'essayerais d'ouvrir quelque chose pour proposer mes services à la population ! »

Pour le coup, ce n'était pas un mensonge. S'il avait la possibilité de vendre son art, de proposer des services, ce serait avec plaisir. Malheureusement pour lui, ce chemin était très peu probable. Il aurait certainement le temps de connaître ce temps répit après le décès de sa mère.

« Non, je n'ai pas réellement de préférence. Tu sais, le monde a tellement de choses à offrir, que j'aime dessiner tout et n'importe quoi ! Même si en réalité, je donne rarement vie à mes créations. »

Il préférait les accrocher quelque part et passer son temps à les observer. C'était bien plus plaisant, bien qu'un peu égoïste.

« Je pense que nous avons tous un art. Tout dépend comment nous l'utilisons. Mais oui, je peux utiliser le mien en combat ! D'ailleurs, si le pliage n'est pas ton art ... Quel est le tien ? »

Les deux protagonistes traversèrent quelques rues jusqu'à arriver dans une boutique spécialisée dans le domaine. Il y avait tout et n'importe quoi pour faire parler un pinceau. Kigenso salua respectivement le marchand en entrant, évidemment. La notion de respect, il la connaissait bien lorsqu'elle était nécessaire. Dans les rayons, la conversation continuait.

« J'ai tendance à utiliser le noir. Mais il y a aussi d'autres couleurs. Laquelle tu préfères, Kosei ? »

Pourquoi se retenir d'en apprendre plus sur lui ?
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Kaguya Kosei
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L'art de l'arrogance


Feat Kigenso



Ouvrir quelque chose, c'était vaste. Une boutique d'art ? Un musée ? Une école pour transmettre son savoir ? Un système de mercenariat ? M'enfin effectivement, il avait encore le temps de voir venir. Même si Kosei ne comprenait pas cette volonté d'attendre passablement que les choses se présentent d'elles-mêmes. Peut-être des craintes à entreprendre ? S'il connaissait la vérité il s'en tracasserait davantage. Ce garçon lui semblait réservé, et donnait assez peu de détails. Mais au fond, n'en faisait-il pas de même ? Le Kaguya se demanda si son interlocuteur était réellement capable de donner vie à ses œuvres tout compte fait. Quelqu'un qui dispose d'un tel talent doit forcément s'en servir pour évoluer, s'appuyer dessus en toute circonstance, non ? Naturellement Kosei s'en serait servi pour développer un style de combat bien particulier. Et ce type en faisait probablement de même. Au fond il n'avait pas l'air d'être nez de la dernière pluie. Beaucoup de shinobi de Kiri se montraient méfiants, encore pleins de doutes quant à une alliance réunissant plusieurs sangs au sein d'un même village. Le Kaguya n'avait pas l'opportunité de choisir de cacher ou non sa vraie nature, puisqu'elle se dénonçait d'elle-même par le biais du symbole sur son front. Son interlocuteur avait finalement bien conscience de son potentiel. Il savait qu'il pouvait l'utiliser en combat : mais cela voulait-il dire qu'il l'avait déjà fait ?

" - Si pour le moment tu ne t'en sers pas pour faire profit, de quoi vies-tu ? Tu n'as pas l'air d'être issus d'une famille aisée, sans vouloir te vexer. "


L'idée que le garçon fasse la manche avait interpellé le Kaguya. Mais vu la fierté dont il avait fait preuve quelques minutes au paravent, il en doutait.

" - Bonne question. Je suppose que chacun a sa propre vision de l'art. Dans ma famille on estime que nos corps sont eux-mêmes des œuvres à part. Je crois qu'au fond je partage ce point de vue. Même si je continue de penser que d'autres formes sont bien plus élaborées et agréables à l’œil. Celui des Hiyari par exemple. "


Jamais il ne se serait douté qu'il discourrait sur l'art aujourd'hui. D'autant plus avec un membre de la plèbe. Il existait donc des gens cultivés et avec un sens aigu de la beauté parmi les pouilleux de Kiri. Intéressant. Ils entrèrent dans une boutique aux relents de peinture, de papier ancien, de colle et autres modes d'expression. Bien qu'il la reconnu aussitôt, Kosei n'avait jamais sentie cette odeur de façon aussi forte. Et la sensation ne lui déplut pas. Il salua le marchand, toujours sur les talons de l'artiste. Un regard à gauche, une main à droite … Le Kaguya effleura une étagère poussiéreuse qui abritait quelques pantins modèles réduits. Lorsque l'on tirait la ficelle, la créature prenait vie. Simple, mais d'une beauté sans nom. Ce genre de mécanisme n'avait pas sa place chez les manipulateurs d'os, afin d'éviter de se polluer l'esprit. Et pourtant, il lui fallut à peine quelques secondes pour arracher un sourire à Kosei. Il rattrapa le dessinateur, qui semblait bien connaître les lieux.

" - Le rouge. Non, le vert. A vrai dire je ne me suis jamais interrogé. Est-on obligé d'en favoriser une ? Le noir me plait bien aussi, c'est propre, insalissable, reposant. "


Le Kaguya eut peur d'être pris pour un hérétique : la question du caractère de "couleur" du noir avait fais débat entre son grand père et son père, il y a fort longtemps. Si bien qu'au final Kosei n'avait pas su quel camp avait raison. Ils tombèrent nez à nez avec un nouvel étal, d'encre cette fois-ci. Toutes de la même teinte aux yeux du Genin, mais probablement pas d'un spécialiste. Il lut attentivement les étiquettes, jusqu'à arriver à une fiole à demi-tournée. D'une certaine façon le récipient causait une incohérence avec ses comparses, un peu de chaos dans un univers plat et cadré. Il la replaça telle ces complices, et continua sa lecture.

" - Pour moi, c'est du charabia. J'ai entendu des anciens dire que la peinture apaise l'âme. Je serais bien tenté de m'y mettre mais j'ignorerai quoi prendre, comment commencer, quoi faire … Ce serait irrespectueux vis à vis du matériel. "


Et pourtant l'idée le tentait d'autant plus aujourd'hui. Que ce soit les odeurs, la vue des rayonnages, la texture des multiples matériaux … tout dans ce magasin séduisait les sens et poussait à acheter.  
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Kigenso
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Qu'est-ce que Kigenso aurait aimé éclater de rire en entendant Kosei lui dire qu'il ne semblait pas être d'une famille aisée. Malheureusement, il ne pouvait pas. Sinon, il ne ferait que passer pour quelqu'un de plus suspect qu'auparavant. Le garçon était le fils d'un membre de la Guilde des Marchands. D'ailleurs, elle était bien connue à Mizu no Kuni. Lorsqu'il avait reçu la mission de rejoindre le village de la Brume pour recevoir des responsabilités très honorables, il se demandait pourquoi il était dans l'obligation d'y aller sous un autre nom, avec une vie qui n'était pas la sienne. Après tout, il était difficile de connaître les véritables enjeux de cette mission. Comme il était difficile de prendre connaissance des antécédents du noble. Et s'il se posait cette question, c'est qu'il pensait qu'en annonçant qu'il était le fils de quelqu'un de respecté, la mission serait bien plus abordable. Néanmoins ... L'effort fourni risquerait d'être moins conséquent par rapport à une personne qui commençait réellement en bas de l'échelle. C'est peut-être ce que sa mère voulait l'inculquer. Il devait apprendre à se débrouiller tout seul, comme un grand. Mais il doutait réellement de cette leçon de vie. En rejoignant le village, il avait eu le droit à une bourse bien chargée pour vivre sa vie. Bien évidemment, elle était seulement temporaire. Tôt où tard, il devrait trouver une occupation fructueuse afin de continuer son objectif. Ce n'est pas comme si ses parents allaient régulièrement lui envoyer de l'argent. Pour l'instant, le garçon ne se souciait que très peu de son argent. Il en avait suffisamment et n'était pas du genre à dépenser énormément. Suffisamment autonome, il était parfaitement capable de préparer quelques plats demandant des ressources à bas prix. Cela lui évitait de commander à un prix exorbitant.

« Kosei ... Je suis jeune et j'ai la chance d'avoir encore mes parents. Ce sont eux qui travaillent et qui me permettent de vivre. C'est vrai que nous ne touchons pas le gros lot ... Mais cela suffit pour nous donner le sourire ! Tu vis de quelque chose, toi ? »

Voilà un scénario improvisé, sans entrer dans les détails. Certes, il avait encore ses parents, mais il n'avait pas dit qu'il vivait avec eux. Si le Kaguya cherchait à en apprendre un peu plus, le Kuroi pourrait facilement trouver une porte de secours. Lorsqu'il entreprenait quelque chose, il anticipait toujours la conséquence possible. Ce n'était que la conséquence d'un mode de vie. Il avait appris à toujours prévoir l'avenir. Du moins, essayer. Il n'avait pas de don particulier, simplement son cerveau pour réfléchir. La plupart du temps, cela ne demandait que de la logique. Même si la paranoïa jouait énormément.

L'art de Kosei semblait reposer sur son propre corps, à en croire les explications. Une information très peu étonnante pour un membre du clan Kaguya. Lorsque les membres se battaient au corps-à-corps, ils faisaient bien plus que de donner des coups. Tout n'était que chorégraphie et les voir en action devait être très impressionnant. Kigenso n'en avait jamais vu. Mais quelqu'un d'aussi curieux que lui savait se renseigner pour en apprendre sur les grandes familles du Yuukan. Quant au clan Hiyari, le garçon était impatient de rencontrer un membre de ce clan. S'il pouvait forger quelques relations parmi les représentants des grandes familles, ce serait très bénéfique pour lui.

« Tu es hésitant ... C'est une bonne chose. Si tu n'arrives pas à te focaliser sur une seule couleur, c'est qu'il y en a plusieurs qui t'attirent. Je suis sûr et certain qu'un artiste se cache en toi ! »

Dit-il amusé.

« Je suis d'accord avec toi, concernant le noir. Comme j'ai pu le dire, c'est la couleur que j'utilise le plus. Que ce soit pour mes créations ou pour mes techniques en combat. »

Le garçon traversait lentement les rayons, à la recherche des meilleurs produits possible. C'était la toute première fois qu'il se rendait dans cette boutique. Alors il devait trouver la perle rare qu'il achèterait à chacun de ses passages.

« Je comprends ton point de vue. Si le Sumiton n'était pas mon individualité, je n'aurais certainement jamais eu cette passion. J'ai tendance à dire que nous trouvons notre voie par rapport à l'environnement dans lequel nous vivons. »

Tout en parlant, il sélectionnait quelques récipients contenant l'encre en prenant tâche de vérifier le prix. Ils étaient tous de la même couleur : noir.

« C'est la première fois que je viens ici. J'avoue être surpris. Je ne m'attendais pas à autant de choses, tu vas peut-être trouver ta perle rare, Kosei ! J'ai vu que tu avais touché un pantin. Tu es attiré par le Kugutsu, haha ? »

L'art de la marionnette. C'était un niveau bien au-dessus.
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Kaguya Kosei
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La réponse aurait pu être prévisible, mais elle déplut néanmoins au Kaguya. A son âge, il aurait pu être capable d'épauler ses parents et de subvenir à ses besoins (ou au moins à une partie) seul. Devait-il en déduire qu'en plus d'être un artiste égoïste le manipulateur d'encre était fainéant ? Kosei ne s'en serait pas douté. Il est vrai que les artistes ont la réputation d'être un peu à côté de la plaque, d'être égocentrique et marginaux. Mais celui-ci lui avait paru plutôt raisonnable. S'il n'était pas aussi habile à manier les mots le Genin l'aurait sûrement planté là.

" - Je ne dépends pas entièrement des miens, je prends lentement mon indépendance en mettant mes quelques talents à disposition. Tu devrais y songer si tu veux pouvoir ouvrir quelque chose plus tard. "


Le Kuroi repartit sur le thème de l'art, ce qui convenait largement à Kosei. Discuter de leurs styles de vie opposés ne l'enchantait pas particulièrement, et ne faisait que semer le doute dans son esprit. Pour quelqu'un qui "ne touchait pas le gros lot" se procurer du matériel de dessin sans envisager de vendre son talent lui semblait suspect. Il s'était dit que des nécessiteux, ou même des gens de classe moyenne, chercherait davantage à investir dans de la nourriture ou des biens leur permettant de gagner en confort. Mais non, lui préférait s'acheter du matériel de dessin. Soit il était purement égoïste, à user l'argent de ses proches sans même les épauler financièrement, soit il y avait anguille sous roche. Mais après tout, qui était-il pour juger ?

Ils en revinrent donc aux couleurs. Et à l'artiste caché en Kosei. Si c'était de la flatterie, elle touchait le Kaguya. Pas son égo, non, il n'était pas cupide au point de croire qu'un grand peintre sommeillait en lui. Mais les encouragements ne faisaient que susciter davantage cette soudaine envie. Ils s'accordaient au moins sur une chose : le noir. Et le Genin aurait pu s'en douter vue la tenue sombre de son interlocuteur. Un sourire maussade s'étira sur sa face blême.

" - Si tu as raison, mon environnement devrait me conduire à être un gardien de prison imbuvable et hautain. "


Il toucha du bois, comme pour chasser l'idée. Mais la réflexion du Kuroi laissait tout de même Kosei songeur. Son environnement était tout de même loin d'être sombre : il n'était pas dans le besoin, était plus ou moins respecté (plutôt moins ces temps ci) et aucune blessure du cœur ne l'avait encore atteint. Pas réellement de quoi se plaindre en somme. Et pourtant le Kaguya voyait tout en noir. L'évocation du pantin de bois éveilla en lui une idée tordue qui lui arracha un sourire plein d'autodérision.

" - Ou alors je me lance dans la confection de poupée voodoo avec les restes de mes victimes. Dans la catégorie mauvais goût on fait difficilement mieux. "


Est-ce que c'était amusant, il n'aurait su dire. Depuis quelques temps le Kaguya s'essayait à l'humour pour tenter de créer des liens avec les autres, de passer outre ce côté d'égocentrique qui collait à la peau de sa famille. Mais il était généralement seul à rire. Peut-être qu'il était bon public ? Ou tout bonnement à côté de la plaque.

" - J'aime la sensation du papier, qu'il soit souple ou plus épais, doux ou rugueux. Je devrais peut-être rester dans ce domaine-là. Tu m'imaginerais en quel sorte d'artiste toi qui uses de ce domaine tous les jours ? "


Sa phrase était clairement mal formulée, mais Kosei se comprenait. Il se demandait quel genre d'image son interlocuteur avait pu se faire de lui. Quoi qu'il pensait, le Kuroi adoucirait sûrement les bords, ou redeviendrait aussi provocateur qu'au début de leur échange. Que penser face à une telle girouette ? 
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Kigenso
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Kigenso dépendait-il entièrement des siens ? C'est une question qu'il se posait. Dès lors où il sortit du ventre de sa tendre mère, son chemin était tout tracé. Qui sait ce qu'il serait devenu si rien ne lui avait été imposé ? Lorsqu'il se déconnectait de la réalité, il cherchait des idées. Quant à son apprentissage, lui aussi ne fut pas indépendant. Que ce soit l'apprentissage de ce monde, qui fut très influencé par les idéaux de sa mère. Ou comme l'apprentissage de son individualité et d'autres compétences qui furent supervisés par des experts de la matière. Une fois cette formation globale plus ou moins achevée, tout ce qu'il entreprenait était pour répondre à des ordres bien précis. Il n'avait que très rarement de temps pour et lui, et même quand il en avait, il ne se comportait pas comme n'importe quel garçon de son âge. Le climat dans lequel il avait grandi lui obligeait à se mettre à l'écart des autres, à se sentir dans un environnement hostile où il devait avoir l’œil partout. Si son talent était différent, il ne se serait certainement jamais recueilli dans l'art. Même s'il n'avait pas eu cette enfance très joyeuse, il avait eu certains moments de plaisir. Certes, ils se comptaient sur les doigts d'une main, mais ils étaient suffisamment intenses pour lui faire ressentir des émotions qu'il ne connaissait que trop peu. En venant à Kiri, il n'était pas aussi dépendant que ça. Le simple fait de recevoir une bourse bien garnie affirmait le sujet. Néanmoins, il était convaincu qu'il n'allait pas tarder à connaître cette dépendance. Ce n'était qu'une question de temps.

« Je vois. Tu n'as pas tort. Mais comment dire ... J'ai des parents très insistants. Tu sais le genre de parents qui adorent vraiment leur fils. Du coup ... Ils me voient encore comme le garçon de dix ans qui a besoin d'être chéri. Ce n'est pas facile de sortir de cette situation ! »

Dit-il amusé.

« D'ailleurs, ils insistent aussi pour que je continue de travailler en permanence. Je pense qu'ils veulent me voir en faire une affaire fructueuse ! Du coup ... Qu'est-ce que tu mets à disposition des autres, Kosei ? »

Derrière ce discours mensonger, ne cachait-il pas une part de vérité ? Du moins, une envie que le garçon aurait bien aimé voir se réaliser ? Comme des parents qui n'avaient pas pris la décision de programmer leur enfant ? Certainement. D'autant plus que s'il souhaitait réellement se prendre en main au sein de la Brume, il serait dans l'obligation de trouver un moyen de revenu. Alors créer une petite affaire pourrait être intéressant. D'ailleurs ... Cette boutique pourrait lui permettre de réaliser ce projet. En effet, il n'était pas interdit de proposer au marchand de vendre ses propres créations. En échange, le vendeur récupérerait un pourcentage pour la mise en avant du produit et Kigenso pour la création.

Par rapport à l'environnement dans lequel le Kaguya avait grandi, il ne semblait pas être aussi joyeux que celui du Kuroi. Pour preuve, il parlait d'être gardien de prison ... Un choix de carrière qui ne devait pas être très plaisant. Le simple fait de glander sur une chaise et intervenir lorsque les détenus faisaient du grabuge ... Cela devait être très éprouvant. Quelle horreur.

« M'ouais. Il y a largement mieux, je pense. C'est une tradition chez toi ? Le fait que vous occupiez des prisons ? »

Toujours gratter des informations. Toujours. Même si à ce moment précis, elles peuvent ne pas intéressant la personne qui pose les questions.

Le garçon s’avançait vers la caisse afin de régler la somme, toujours aussi amusé. Il éclata même de rire en entendant Kosei mentionner des poupées vaudoues.

« Je ne sais pas trop. Ton pliage était très bien fait et tu sembles bien aimer cette petite activité. Tu peux développer et pousser cette passion bien plus loin. Tu savais que des gens manipulaient le pliage ? Le papier est une arme très redoutable, apparemment. Je n'ai jamais vu un utilisateur en action, mais j'ai entendu des rumeurs de ce genre. S'il y a un manipulateur à Kiri, ça pourrait être intéressant de le rencontrer ! Il pourrait te donner son avis ! »

Une fois l'achat réglé, Kigenso quittait lentement la boutique.

« Tu fais quoi de ton temps libre, Kosei ? Ou même en général ? »

Simplement pour en apprendre plus sur ses occupations et son rôle au sein du village.
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Kaguya Kosei
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L'art de l'arrogance


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Le Kaguya ne savait pas réellement quoi penser de cette première réponse. Le dessinateur était-il réellement bridé par ses géniteurs ou bien se cherchait-il une excuse pour justifier son manque d'implication dans la vie ? Il n'aurai su dire. Peut-être que son interlocuteur non plus. La mine qu'il affichait n'arrangeait pas la chose : comment peut-on se plaindre d'une situation tout en s'en amusant ? Kosei commençait à avoir des doutes sur la véracité mentale du Kuroi. Ou à l'inverse peut-être était-il plus malin que lui-même. Peut-être que toute cette conversation n'était qu'une mise en scène, un moyen de se jouer de sa personne ? Ce qui justifierait le changement d'humeur brutal de l'artiste. Façon "Pauvre con, c'est toi le dindon de la farce". En soit, le Kaguya n'en avait que faire. Le Jonin qui l'avait aidé à s'entraîner lui avait reproché cette manie de toujours penser durant un affrontement. Peut-être qu'il devrait également limiter ses réflexions dans la vie courante ?

" - Ce n'est pas facile mais ça semble te convenir. Peut-être devrais-tu te donner les moyens de te dégager de leur emprise. Ne dit-on pas qu'un artiste ne doit pas être bridé dans ses réflexions et ses orientations ? "


Une nouvelle question de l'artiste le laissa coi. Qu'apportait-il aux autres ? En voila une question originale. Le genre de songe qui ne viendrait pas à l'esprit d'un Kaguya. La question était vague mais étonnement vaste : voulait-il parler de sa sphère personnelle ? Professionnelle ? Publique ? De l'héritage qu'il laisserait aux générations futures ? Kosei était parti trop loin, ses maux de tête se réveillèrent. Il s'appuya sur l'une des étagères et entreprit de ranger par ordre alphabétique les documentations sur divers peintres. Une activité posée et sans réflexion apparente finissait toujours pas calmer la douleur. Malgré tout l'interrogation restait bien ancrée dans un coin de sa tête. S'ils avaient encore été dans leur combat d'arrogance le Kuroi aurait fais un KO parfait.

" - J'ai bien l'impression que je n'apporte pas grand chose. Là où toi tu peux susciter des émotions chez les gens, mon clan n'inspire que la crainte. "


C'était quoi cette manie aujourd'hui de s'apitoyer sur son sort ? Alors que la vie de l'artiste semblait bien plus monotone que la sienne. Concrètement Kosei n'avait jamais été malheureux. Il n'avait manqué de rien, si ce n'est d'un peu de liberté et d'imagination. La blague du Kaguya échoua lamentablement, comme toujours. La question de son interlocuteur lui arracha un petit rire nerveux. Il allait devoir lui dire qu'il n'avait pas saisi la subtilité de la phrase. Vu le tempérament dont il avait fait preuve à leur rencontre, la réaction du manipulateur d'encre l'angoissait quelque peu. Non pas qu'il craigne une bagarre de sauvages, mais leurs discussions satisfaisaient Kosei. Ils lui apportaient des questions nouvelles, un point de vue différent, sans pour autant s'arracher les yeux à chaque parole. Fait rare parmi la plèbe de Kiri. Un échange cultivé, voila le mot.

" - Non pardon, tu n'as pas saisi, je me suis mal exprimé. C'était une façon de caractériser mon clan. Disons qu'ils ne sont ni très ouverts d'esprits ni tolérants. "


Quelle image dépeignait-il des siens ? Il aurait voulu effacer cette phrase, qui lui semblait flotter dans l'air et s'imprégner dans les murs. Non ce n'était clairement pas réfléchi de ternir l'honneur de son clan de la sorte. En particulier face à un étranger. Le malaise qu'il ressentait commençait à l'étouffer, et cette échoppe n'arrangeait rien. Heureusement l'artiste rebondit sur autre chose, laissant une porte de sortie à Kosei.

" - Je n'y avais jamais songé. Même si je t'avoue que je ne suis pas très créatif, développer un nouveau concept me semble au-delà de mes compétences. Et j'ignorais que certains sont capables de telles prouesses ! Ça doit effectivement être impressionnant. A la fois redoutable, et gracieux. "


Même si le Kaguya avait bien conscience de ne pas avoir la science infuse, il doutait qu'une personne aussi talentueuse réside au village. Sans quoi tout le monde en parlerait. Mais peut-être se trompait-il ? Il se renseignerait. Kosei eut envie de régler à la place du Kuroi, par sympathie et d'une certaine façon pour acheter davantage de son temps, mais il se dit que ce dernier le prendrait mal. Les achats du manipulateur suscitaient la curiosité du Kaguya. Qu'avait-il choisi au final ? Pourquoi une encre plutôt qu'une autre ? En quelle quantité ? Avait-il des plans pour cette dose de liquide ou laisserait-il son esprit vagabonder ? Une véritable énigme sans fin.

" - Je m'entraîne essentiellement, parfois j'accomplis des missions de faible rang. Je plie du papier. Et je vagabonde dans le village. Et toi ? "


Pas très glorieux tout ça. Dans la rue une fillette s'amusait avec une poupée de qualité médiocre.

" - Tu sais, avec nos deux talents on pourrait presque reconstituer un semblant d'humain. Mes os comme fondation, ton encre comme chair et pour lui insuffler la vie … du papier pour l'habiller ? Une bestiole bien étrange. "


Pourquoi y avait-il pensé, aucune idée. Surtout que l'image renvoyée était assez étrange. Il se remémora le pantin de bois dans le magasin, et tenta de l'imaginer noyé sous l'encre poisseuse et lourde. Le pantin suffoquerait, et pourtant la vie l'animerait davantage qu'à son état initial. La peur de ce que l'on ignore guide bien souvent les hommes, aussi Kosei chassa cette vision de son esprit, ne souhaitant pas affliger à cette nouvelle forme d'art un préjugé indécent. Car malgré tout l'envie d'en savoir plus était grandissante. Peut-être que le Kuroi lui ferait une démonstration ? Vu son apparence réservé il y avait peu de chance. D'autant que le Kaguya n'avait pas explicitement émis ce souhait. Mais l'espoir fait vivre.
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Kigenso
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Plus cette discussion avançait, plus Kigenso se demandait sérieusement s'il pouvait se considérer comme un artiste. Un artiste qui n'avait pas besoin d'une individualité quelconque pour s'exprimer au grand public. En soi, sa manipulation de l'encre était un art à part entière lorsqu'il l’utilisait pour combattre ou assassiner une cible. Sur ce point-là, son avis était suffisamment forgé. Néanmoins, en tant que personne normale qui achetait son matériel pour créer sans l'aide du chakra, avait-il la légitimé d'être reconnu comme un artiste ? Pour la première fois depuis longtemps, il était perdu. Il avait beau avoir été formé par les meilleurs (selon sa mère) il n'en restait pas moins très jeune. Les relations sociales ne furent pas nombreuses et il était normal de se remettre en question en rencontrant de toutes nouvelles personnes. En cherchant à sympathiser avec le Kaguya, le garçon avait joué un très bon coup. Car il était probablement en train de découvrir une nouvelle faiblesse. Une fois cette conversation terminée, il comptait prendre du temps pour réfléchir à tout ça. Finalement, sa mission allait être un peu plus compliquée que prévue. Néanmoins, il commençait à comprendre l'objectif de celle-ci. Du moins, c'est ce qu'il pensait. Au travers de cet objectif, le but n'était-il pas de se découvrir lui-même ? Il en était presque convaincu.

« Tu dois avoir raison. Mais je pense qu'il y a aussi un rapport avec la confiance en soi. Je ne me sens pas forcément prêt à prendre mon indépendance immédiatement. Puis, j'ai tout le temps de réfléchir ! Tu as dit pas mal de choses qui me feront réfléchir, haha ! »

Peu à peu, il cherchait à donner le sentiment d'une amitié en train de se créer. Un sentiment qui pouvait vite devenir réel pour Kigenso. Il était normal de se reposer sur certaines personnes pour avancer dans la vie. Jusqu'aujourd'hui, le garçon s'était énormément reposé sur sa mère. Et encore, ce n'était même pas volontaire. Pour mener à bien son objectif, il était dans l'obligation de forger des relations durables.

« Si ça peut te rassurer, tu es loin d'inspirer la crainte ! Fin, je suis peut-être tombé sur le gentil Kosei. Il est comment le méchant ? »

Un rire pour accompagner cette phrase et le tour était joué. Une relation ne pouvait pas fonctionner sans émotions. La joie, l'amusement, la haine, la tristesse ... Il y avait tellement de choses qui permettaient de donner de l’authenticité à une amitié. Kigenso n'en avait jamais réellement eu, mais il apprenait vite. D'autant plus qu'il avait eu la chance d'avoir un aperçu grâce aux liens entre ses frères et sœurs. D'ailleurs, il n'avait jamais réellement été proche d'eux. Ils ne devaient même pas être au courant de son départ ...

« Les grandes familles de notre monde dégagent tous des images différentes. Ce n'est pas toujours négatif, même si ça peut le paraître. »

À l'entendre, le clan Kaguya était une terreur. Pourtant, il était loin de véhiculer cette image. Comme quoi ...

« Je ne fais pas grand chose ... En réalité, je viens d'arriver au village. 'Fin, depuis peu. Mais je suis venu tout seul ! Ce n'est pas une forme d'indépendance, dans le fond, hé ? »

Pour le coup, il ne trouvait pas quoi inviter pour raconter son quotidien. Autant dire la vérité.

Lorsque Kosei lui expliquait son idée de création, Kigenso ne put s'empêcher de ricaner.

« T'as de bonnes idées, comme tout artiste ! Pourquoi pas, écoute. D'ailleurs ! J'y pensais en achetant mon encre, je pourrais peut-être proposer au marchand de travailler avec lui ! Je m'occupe de créer, il vend et on se partage la recette ! Qu'est-ce que tu en penses ?! »

Voilà qu'il essayait de le faire passer comme quelqu'un d'important.
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Kaguya Kosei
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L'art de l'arrogance


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La confiance en soit. Quelque chose dont tout les Kaguya disposaient, excepté Kosei. En soit il se remettais constamment en question. Une mauvaise habitude qu’il pratiquait également en plein combat et qui lui était bien souvent fatal. Shirome le lui avait reproché, et il n’était pas le seul. Il comprit mieux l’excuse du jeune homme. L’idée de quitter les siens l’avait effleuré à de nombreuses reprises, surtout ces temps-ci. Et pourtant il restait sous le joug de son sang, comme une fatalité frustrante. D’une certaine façon faire réfléchir le Kuroi lui permettait également de trouver des pistes de réflexion. A exploiter en dehors de tout affrontement, évidemment.

Kosei n’était pas certain du sens de la phrase de son interlocuteur. Non effectivement, il n’inspirait pas la crainte. La seule chose susceptible de le faire (et encore, à Kiri et dans les environs uniquement) était infime : deux petits cercles rouges marquant son front pâle. Il ne s’agissait que de symboles qui plus est, rien qui ne soit physiquement dangereux. Peut-être qu’en prenait l’air renfrogné des siens il pourrait changer la donne ? Cherchait-il réellement à changer les choses ? A quoi bon avoir l’air d’une armure à glace ou d’un personnage tout droit sorti d’un drama ? S’il avait eu cette apparence là lors de sa mission pour le Capitole le résultat aurait été lamentable. L’idée qu’un « méchant Kosei » pouvait sommeiller quelque part le laissait songeur.

«  - Ça me fait réfléchir également, c’est un échange bénéfique sur tous les points. J’ignore s’il y a un côté plus sombre à ma personnalité … il ne s’est peut-être pas encore manifesté. »


Le Kaguya s’essaya à trouver une image plus positive à son clan. Et la tâche était ardue. Quelques membres certes se détachaient du lot, dont lui, mais la plupart gardait un masque dur et puant d’égo, dégueulant leur supériorité utopique sur la plèbe. Le tout en dénigrant le public après lequel ils avaient bien souvent couru. Non, Kosei ne trouvait pas ce fameux trait positif. Probablement trop dissimulé parmi les multiples faces de Diable. Et malgré tout ça, malgré ce climat névrosé, malgré la haine naissante à son égard … Le manipulateur d’os ne lâcherait pas de sitôt son propre sang. Pour des raisons aussi futiles que les liens familiaux.

La suite perturba complètement le Kaguya. Soit ce type se jouait de lui, soit son discours était totalement décousu. Premièrement il dépend entièrement de ses parents et ne souhaite pas prendre son indépendance, et finalement il se pointe seul au village. Temporairement peut-être ? Mais puisqu’il ne vendait pas ses œuvres, quel était son objectif au juste ? Kosei s’interrogeait de plus en plus sur cet être à la fois mystérieux et intriguant. Devait-il se méfier ? Y avait-il une part de cette fameuse obscurité chez le dessinateur ? Ce « méchant » qui semble sommeiller en chacun ? Était-ce à lui qu’il s’adressait ?

« - Donc finalement tu as réussi à te délivrer de leur influence d’une certaine façon. A moins qu’ils ne doivent te rejoindre ? Qu’est-ce qui t’as amené dans notre village ? »


Sacré interrogatoire. Ce n’était pas volontaire, mais Kosei ressentait le besoin d’avoir des éclaircissements. Son côté renfrogné lui répétait que de toute manière il aurait sûrement tout oublié d’ici quelques jours. Voir quelques heures. La mémoire des noms, des détails ne le concernant pas était une compétence qu’il n’acquérait probablement jamais. L’espionnage était totalement exclu pour le Kaguya. La nouvelle suggestion du manipulateur d’encre le tira de ses songes. Voila qu’il voulait marchander et vendre ses créations. De nouveau, il retournait sa veste, changeait d’opinion. Cet ersatz de soupçons envers le Kuroi n’était peut-être pas justifié. De nombreuses personnes ne tiennent pas en place et change d’opinion comme de chemise. Finalement il cherchait bêtement à s’émanciper, à se débrouiller seul. Kosei se dit que cette nouvelle connaissance risquait de rester un certain temps au village. Il n’avait pas excessivement d’amis, celui-ci semblait bien parti pour en être un et sur le long terme.

«  - Je pense que c’est un bon début ! Ça te permet de gagner ta vie en faisant quelque chose qui te plait, tout en apportant un peu de joie aux amateurs d’art. »


Le Kaguya tentait de s’imaginer la chose. Vendrait-il des dessins ? Des toiles ? Des natures mortes ou bien animées façon Kuroi ? Il se promit d’investir dans cette démarche quelque soit le style d’oeuvre.
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Kigenso
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Si son côté obscur ne s'était pas encore manifesté, Kigenso espérait ne pas être présent lorsqu'il apparaîtra. Quoi que, ce vœu était seulement partagé par le personnage qu'il était en train de jouer. Le garçon tel qu'il était appréciait voir le deuxième visage des personnes qu'il côtoyait. Il trouvait ça intéressant de voir jusqu'où les gens pouvaient dissimuler une partie de leur personnalité. Parfois, même eux n'arrivaient pas à réaliser ce qu'ils cachaient depuis tout un temps. Malheureusement, le manipulateur d'encre avait rarement eu l'occasion de voir une telle situation. Il en avait vu qu'une seule et c'était avec sa grande sœur. Elle, qui avait toujours été tendre, révéla une image terrifiante de sa personne. Ce jour-là, l'adolescent n'en croyait pas ses yeux. L'impression de voir sa propre mère était bien plus que réelle. Même elle ne croyait pas une seule seconde qu'elle pouvait avoir une attitude aussi exécrable. Comme quoi, l'humain ne se connaissait pas lui-même. Parfois, l'artiste se demandait s'il avait aussi un autre visage. Généralement, la deuxième facette de quelqu'un avait tendance à être négative. Pouvait-il être pire que ce qu'il était déjà ? Une question qui le taraudait.

« Oui, ils vont me rejoindre. Ils comptent sur moi pour m'intégrer au village et tout pour les mettre à l'aise lorsqu'ils arriveront ! Du coup, ma dépendance n'est que temporaire, haha. Je n'ai pas réellement décidé de rejoindre Kiri, ce sont mes parents qui ont fait ce choix. C'est pour se lancer dans une petite affaire marchande ! »

Il se rattrapait tant bien que mal. L'adolescent s'embrouillait tout seul en inventant ce stupide scénario. Ce n'était pas si facile de s'inventer une deuxième vie sur le long terme. Il valait mieux achever cette discussion au plus vite pour ne pas commettre de nouvelles erreurs. Après tout, il avait fait son achat tout en débattant avec lui à propos de l'art. Rien ne l'obligeait à continuer de fréquenter le Kaguya plus longtemps. De plus, il trouvait que l'idée de collaborer avec le vendeur était bonne. Tout était réuni pour lui souhaiter une bonne continuation. Même s'il savait qu'il le recroiserait tôt où tard. Ce monde était trop petit pour ne pas retomber sur des connaissances.

« C'est exactement ça ! Je vais vite rentrer, Kosei. J'ai hâte d'essayer mes petits achats. C'était très sympa, j'espère qu'on aura l'occasion de se revoir ! »

Il souriait à pleines dents. Un sourire très hypocrite, car il n'avait qu'une seule envie : partir.
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Kaguya Kosei
Genin de Kiri
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L'art de l'arrogance


Feat Kigenso



Donc les parents de Kigenso étaient des marchands, étrangers à Kiri (mais pas nécessairement au pays de l'eau), qui envoyaient leur gamin tant aimé en reconnaissance. Peut-être pour ça que le manipulateur d'encre semblait se mouvoir aisément au milieu de ces commerces ? Il avait sûrement du faire un premier repérage. Kosei s'emmêlait dans sa pelote de laine à force d'essayer de cerner le garçon. Mais visiblement le Kaguya n'avait pas posé les bonnes questions, ou n'avait pas suffisamment d'attrait pour son interlocuteur puisqu'il semblait vouloir prendre congé. Un sourire faux illuminait son visage : Kosei savait les reconnaître puisqu'il usait des mêmes avec les gens. Non pas par hypocrisie ou par moquerie, simplement que son sourire naturel n'avait rien d'agréable. Alors il se forçait par politesse à esquisser un semblant de courbe positive sur son visage tout palot. Mais finalement le résultat était peut-être bien pire.

" - Bien, je te remercie pour cette petite balade, et cet échange fort intéressant. J'espère qu'on se reverra ! Amuse-toi bien avec ton matériel ! "


D'une certaine façon Kosei était un peu déçu : il ne verrait donc pas le dessinateur en pratique. Pourtant la petite mise en bouche de toute à l'heure sur sa propre création avait réellement éveillé sa curiosité. Il se dit qu'en tentant un nouvel origami, peut-être plus imposant comme un éléphant ou un dragon, ça engagerait le manipulateur d'encre à lui donner un exemple supplémentaire de ses talents ? Mais non, visiblement son interlocuteur n'avait plus envie de passer du temps en sa compagnie, le Kaguya le ressentait bien. Trop secret pour dévoiler ses atouts peut-être ? Il n'y vit pas le moindre agissement suspect, se contentant de mettre ça sur le compte d'un caractère bien particulier. Qui était-il pour juger ?

Même s'il ne s'en était pas rendu compte, le Kuroi avait mené la danse, et avait sûrement collecté plus d'informations que Kosei. Des informations fiables qui plus est, alors que le manipulateur d'encre s'était lui-même presque emmêlé les pinceaux dans ces histoires. Mais le Kaguya semblait bien naïf de le croire si inoffensif. Malgré tout cet échange l'avait réellement ravi. Quelqu'un qui ne s'était pas emporté contre le clan Kaguya et leurs chevilles aux dimensions protubérantes, qui ne cherchait pas à tester absolument sa force, … qui ne se contentait pas de banalités. Un peu d'oxygène finalement. Le manipulateur d'os se souvint qu'il était à la base venu chercher un baume bien spécifique. Utiliser une crème pour faire disparaître des maux, une première ! Il décida donc de rester sur cette lancée, et retourna dans la boutique pour s'y procurer un crayon et du papier simple. Des fois que quelque chose d'intéressant lui vienne à l'esprit ...
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